Le STC, un pouvoir incontournable en Corse

le 27 septembre 2005 à 19h04 , mis à jour le 27 septembre 2005 à 19h44

Le Syndicat des Travailleurs Corses, à l'origine du détournement d'un bateau de la SNCM, dispose d'une réelle capacité de blocage de l'économie de l'île, dont il a déjà su user pour obtenir un "rééquilibrage" des emplois au sein de la compagnie.

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Créé le 1er mai 1984 par les mouvements indépendantistes dans leur lutte pour la "corsisation des emplois", le Syndicat des Travailleurs Corses (STC), qui a détourné mardi un bateau de la SNCM, est devenu, en 20 ans d'existence, un pouvoir quasi-incontournable en Corse. Il dispose d'une capacité de blocage de l'économie de l'île qu'il a démontrée à plusieurs reprises.

Véritable bête noire des pouvoirs publics en Corse, le STC est également cordialement détesté des autres centrales, en particulier la CGT. Son heure de gloire a sonné le 21 septembre 2004 quand, au terme d'une grève de 15 jours qui avait quasiment paralysé l'approvisionnement de la Corse, il avait obtenu que le gouvernement donne son aval à un accord avec la SNCM (Société Nationale Corse Méditerranée) sur un "rééquilibrage" du nombre des emplois en faveur des résidents en Corse. Les syndicats nationaux et de nombreux éditorialistes s'étaient insurgés contre cette concession aux "nationalistes" s'apparentant, selon eux, à une "corsisation" des emplois. L'accord avait même provoqué une cacophonie gouvernementale jusqu'à ce que Matignon martèle qu'il ne créait aucune "discrimination à l'embauche", pas plus que d'autres accords du même type en France.

Près de 5.000 adhérents revendiqués, premier dans le secteur privé

L'arme absolue du STC-Marins, un "Etat dans l'Etat-STC", une branche dirigée de main de fer par son "secrétaire national" Alain Mosconi, c'est le blocus des ports de l'île, dont la totalité de l'approvisionnement vient par bateau. Le 5 mars 2004, le STC avait ainsi empêché l'accès à tous les ports. Vingt-quatre heures avaient suffi pour qu'il obtienne un premier accord de "rééquilibrage" des emplois.

Avec près de 5.000 adhérents revendiqués, le "Sindicatu di i travagliadori corsi" est le premier dans le secteur privé, selon les chiffres 2003 de la Direction régionale du Travail: il compte 34% d'élus dans les comités d'entreprise. En 2002, le STC avait enlevé la présidence au Conseil des Prud'hommes de Corse-du-Sud. Dans le secteur public, le STC est en passe de talonner, voire supplanter la CGT dans certaines entreprises publiques. Dans l'administration, l'Etat ne le reconnaît pas en tant que syndicat "national". Le STC peine aujourd'hui à démontrer qu'il est "totalement indépendant" du mouvement nationaliste, comme le martèle pourtant son secrétaire général Jacky Rossi. Une précaution qu'ignorent Alain Mosconi et ses marins, qui revendiquent leur appartenance au "mouvement national" et dont les actions reçoivent systématiquement le soutien des leaders des mouvements nationalistes publics "frères".

Photo d'ouverture : Alain Mosconi, leader du du STC-Marins, qui se trouvait mardi sur le Pascal Paoli, le navire détourné - DR

le 27 septembre 2005 à 19:04
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