© DRBen Bernanke, nommé lundi par le président Bush pour succéder à Alan Greenspan au poste de président de la Réserve fédérale (Fed), est un économiste respecté et chevronné doté d'un passé solide en matière de politique monétaire, tant théorique que pratique. A 51 ans, l'actuel président du Conseil économique de la Maison Blanche aura la lourde tâche de succéder à une présidence de M. Greenspan longue de 18 ans.
Sur ce point, M. Bernanke a assuré dès l'annonce de sa nomination que sa priorité, s'il est confirmé au poste par le Sénat, serait de "maintenir la continuité avec les politiques et les stratégies établies au cours des années Greenspan". Les milieux financiers, de leur côté, s'accordent pour considérer M. Bernanke, économiste de formation et candidat consensuel pour ce poste, comme l'homme de la situation.
Expérience pratique solide
Diplômé en économie de l'Université de Harvard en 1975 puis du Massachusetts Institute of Thechnology (MIT) en 1979, Ben Bernanke a enseigné l'économie à la prestigieuse université de Princeton à partir de 1985. De 1996 à 2002, il a également tenu une chaire d'économie dans cette même université. M. Bernanke est aussi l'auteur de très nombreux articles sur divers aspects économiques, notamment macroéconomiques et monétaires. A travers ces postes, Ben Bernanke "a gagné une réputation de rigueur intellectuelle et d'intégrité", a souligné le président Bush lundi lors de l'annonce officielle de son choix.
Mais outre cette expérience théorique élargie, Ben Bernanke, un barbu au visage souvent souriant, dispose d'une expérience pratique solide, et la Fed ne lui est pas inconnue. Avant d'arriver à la tête de l'équipe des conseillers économiques du président Bush, M. Bernanke a en effet passé trois ans au sein de la Banque centrale américaine, d'août 2002 à juin 2005, en tant que membre de son conseil des gouverneurs.
C'est dans ces fonctions que M. Bernanke a su gagner la confiance de Wall Street avec, en 2002, un discours sur la déflation et les actions que la banque centrale pourrait mettre en place pour faire face à une telle éventualité. En tant que gouverneur de la Fed, M. Bernanke a également "plaidé pour davantage de transparence dans la communication (de la banque centrale, ndlr) avec le public et les marchés", a rappelé George W. Bush, soulignant "la clairvoyance" des discours de M. Bernanke et "la simplicité de son langage".
Critiques
Les partisans de M. Bernanke portent également à son crédit son indépendance politique et le fait qu'il est difficile de déduire ses penchants politiques en lisant ses discours ou ses écrits. Ben Bernanke a ainsi nommé à la tête du département économique de l'Université de Princeton un fervent opposant au président Bush, Paul Krugman. Il a surtout toujours considéré l'indépendance de la Fed comme un élément prépondérant pour la crédibilité de sa politique, axée sur le maintien de la stabilité des prix.
Le successeur désigné d'Alan Greenspan s'est cependant attiré des critiques en se posant comme un partisan de la mise en place d'un objectif chiffré de l'inflation, ce à quoi s'est toujours refusé son prédécesseur. Les opposants à cette idée pointent en effet du doigt le risque de sacrifier la croissance économique au profit d'une maîtrise de la hausse des prix.
David Watt, économiste chez BMO Nesbitt Burns, remarquait cependant lundi que la conduite récente de la politique monétaire était de facto axée autour d'un objectif d'inflation. "Si M. Bernanke devait formaliser cela, ce ne serait pas un pas énorme pour la Fed", souligne-t-il. M. Bernanke est marié et père de deux enfants.
(Bernanke/DR)
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