Crise du logement : le plan Borloo

le 26 octobre 2005 à 09h09 , mis à jour le 26 octobre 2005 à 18h04

Le ministre de la Cohésion sociale a présenté ce mercredi en Conseil des ministres son projet de loi "Engagement national pour le logement". Objectif : résorber la pénurie de l'offre locative.

borloo_tf1

Jean-Louis Borloo a fait du logement sa première préoccupation. Le ministre de la Cohésion sociale a présenté ce mercredi en Conseil des ministres son projet de loi "Engagement national pour le logement", qui vise à résorber la pénurie de l'offre locative. Ce texte, qui contient une dizaine d'articles techniques, doit être examiné en première lecture au Parlement à partir du 21 novembre. Il vient renforcer le volet logement du programme de la loi de cohésion sociale. Promulguée à la mi-janvier, cette loi fixait les objectifs suivants : produire 500.000 logements HLM entre 2005 et 2009 et réhabiliter 200.000 habitations "à loyers conventionnés ou réglementés" dans le parc privé au cours de la même période.

Le projet présenté mercredi consiste en une série de mesures pour encourager la construction de logements sociaux. Il prévoit la mobilisation de terrains de l'Etat et de ses établissements publics pour accroître l'offre foncière ainsi que la refonte des documents d'urbanisme de manière à encourager les "maires bâtisseurs". L'Etat utilisera ainsi des réserves foncières pour construire 20.000 logements en trois ans : sociaux, étudiants, locatifs intermédiaires et en accession. Il pourra si nécessaire accorder lui-même les permis de construire dont les dispositions et la délivrance devraient être simplifiées. En outre, l'Etat appliquera une décote pouvant aller jusqu'à 25% de la valeur des terrains pour permettre la construction de logements sociaux, ainsi que des prêts spécifiques et allongés, pour acheter des terrains.

Le texte prévoit également que les élus locaux puissent imposer dans leur Plan local d'urbanisme (PLU) un pourcentage minimal de logements sociaux comme de logements intermédiaires lors de la réalisation de programmes immobiliers. Il rend aussi possible pour les maires la majoration de taxe foncière sur les propriétés non bâties afin de lutter contre la rétention foncière. Si un document d'urbanisme réduit gravement les possibilités de construire, le préfet pourra demander au maire de l'amender. En cas de refus, le représentant de l'Etat pourra se substituer à l'élu. Le texte entend également réformer l'attribution de logements sociaux : le préfet pourra mettre en demeure un organisme HLM de loger un demandeur prioritaire.

Le DAL fustige le projet

L'association Droit au Logement (DAL) estime que le projet de loi "Engagement National pour le Logement" (ENL) "banalise le clientélisme et l'arbitraire des attributions HLM et démonte un peu plus les droits des mal-logés". "La suppression des règlements départementaux des attributions va laisser toute liberté aux bailleurs et aux élus de sélectionner "leur clientèle" par exemple parmi les plus aisés des ayants droit (65% des ménages sont éligibles à un logement standard), les "bien votants" qui ne coûtent pas cher aux finances locales", ajoute l'association.

le 26 octobre 2005 à 09:09
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience