Le deuxième A380 dans les airs

le 18 octobre 2005 à 07h00 , mis à jour le 18 octobre 2005 à 18h39

Le deuxième exemplaire de l'Airbus A380 a pris son envol pour la première fois mardi depuis l'aéroport de Toulouse-Blagnac. Son grand frère affiche un carnet de vol déjà bien rempli depuis son baptême de l'air le 27 avril.

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Le deuxième exemplaire de l'Airbus A380, le plus gros avion de ligne du monde, a pris son envol pour la première fois de la piste de Toulouse-Blagnac mardi à 10h49 et atterri sans difficultés à 16h20 sur la même piste. Dénommmé "MSN 04" (manufacturial serial number 04), ce deuxième A380 à avoir volé, va désormais partager avec le "MSN 01" les essais de performances entamés à l'occasion du premier vol le 27 avril. L'avion a survolé le sud-ouest de la France et devait notamment faire des essais à vitesse de croisière maximale et monter jusqu'à une altitude de 40.000 pieds (12.000 m), selon Jacques Rosay, chef pilote de la direction des essais en vol d'Airbus. Le deuxième exemplaire de l'avion géant européen devait voler dans une configuration voisine du numéro 1, bardé de calculateurs et d'équipements de mesure des performances, a précisé le directeur des essais en vol du constructeur européen, Claude Lelaie.

Après 105 vols d'essais effectués par l'appareil numéro 1 depuis le 27 avril, l'apparition dans les airs d'un deuxième exemplaire marque une nouvelle étape du programme qui doit asseoir la supériorité d'Airbus face à son seul rival Boeing, sur le créneau des avions très gros porteurs, jusqu'ici monopole de toujours du constructeur américain. L'appareil qui a décollé mardi est d'un blanc immaculé, à la différence du N°1 qui arborait dès le premier vol un empenage aux couleurs d'Airbus en camaïeu de bleu. Il a décollé vers un ciel lourd de nuages face à un fort vent pour un vol qui devrait durer de trois à cinq heures au dessus du Sud-Ouest de la France.

Premier vol sans histoire

Les deux avions suivants seront en revanche aménagés à Hambourg pour recevoir des passagers afin de tester l'appareil en conditions d'exploitation. Un cinquième effectuera sa campagne d'essais en 2006 avec une motorisation fournie par Engine Alliance (General Electric et Pratt et Whitney).

Le 27 avril, l'équipage des six pilotes et ingénieurs conduits par le directeur des essais en vol Claude Lelaie et le chef pilote Jacques Rozay s'était contenté d'un premier vol sans histoire. Depuis, "on a poussé l'avion dans tous les domaines au-delà du trait rouge", a précisé M. Lelaie.

Les trois premiers mois, "soit un mois de moins que prévu", ont permis de "figer la configuration aérodynamique, c'est-à-dire de choisir les meilleurs réglages des becs ou des volets, ceux qui donneront à l'avion de série les meilleures performances au décollage, la meilleure stabilité en cas de décrochage", selon le directeur des essais en vol. "Nous avons effectué 260 décrochages à basse vitesse, jusqu'à 69 en un seul vol", a assuré M. Lelaie en rappelant que les commandes de vol électriques empêcheront tout décrochage en exploitation normale de l'appareil, qui doit transporter de 550 à 800 passagers sur des vols longs courrier. "Quant aux essais de vitesse maximale en piqué", ils montrent, selon lui, que "cet avion ne vibre pas, (qu'il) est très bon jusqu'à la vitesse maximale, l'aérodynamique est bluffante, remarquable".

Nouveaux prototypes

Sur la piste militaire d'Istres (Bouches-du-Rhône) longue de 5.000 mètres, Airbus a également testé "les montées sur trois moteurs, les décollages à basse vitesse" avec un sabot fixé à l'arrière qui soulève des gerbes d'étincelles en freinant l'avion. Si le directeur du programme, Charles Champion, reconnaissait à la fin 2004 un surpoids "aux alentours de 2%", Claude Lelaie estime que "c'est marginal, ce qui compte pour un avion c'est d'assurer sa mission en consommation et en distance, et cet avion assure sa mission".

Quant aux retards de livraison d'environ 6 mois attribués par le groupe à la diversité des demandes des clients, le directeur des essais en vol souligne qu'ils "ne sont en rien imputables aux essais". "Nous avons un gros travail à faire sur les équipements, on peut encore faire mieux sur le réglage des commandes de vol, les moteurs ne sont pas encore dans la version finale, mais il n'y a pas de retard, de goulot d'étranglement chez nous", a-t-il déclaré en prévoyant "une certification vers la fin 2006".

L'équipe des essais de l'A380 s'étoffe en permanence pour faire face à l'arrivée de nouveaux prototypes. 25 pilotes sur les 30 de la direction des essais en vol ont déjà piloté l'A380 et une quarantaine d'ingénieurs et mécaniciens ont déjà participé à ses vols en équipage-type de cinq personnes, a précisé M. Lelaie.

(Photo : l'A380 en vol près de Toulouse - LCI)

le 18 octobre 2005 à 07:00
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