© DRSéropositive depuis 1988 et soignée en trithérapie depuis 1996, Dominique a été reconnue invalide à 80%. Même si c'est ce qui lui permet de vivre, la pension d'invalidité de 680 euros par mois la pénalise dans sa recherche d'emploi. "Récemment, l'ANPE m'a proposée de suivre une formation mais la médecin du travail a vu dans mon dossier que je bénéficiais des aides Cotorep (commission technique d'orientation et de reclassement professionnel, ndlr). Elle a voulu connaître ma maladie, j'ai refusé de lui dire et je n'ai pas pu faire la formation", explique Dominique. En quatre ans, l'ANPE ne lui a proposé aucune offre d'emploi.
De son côté, lorsqu'elle se présente à un entretien d'embauche, c'est le même blocage : "les employeurs voient dans mon dossier que je suis ‘invalide', font le lien avec le ruban rouge que je porte sur moi et, s'ils me serraient la main pour me saluer en début d'entretien, c'est sans contact qu'ils me raccompagnent à la porte". Car Dominique refuse de se "cacher vis-à-vis de cette maladie de la honte". "Je demande juste à vivre comme tout le monde", avoir un travail, un salaire, des amis.
Le travail ? Elle s'en sent capable malgré le traitement, 5 cachets le matin, 8 le soir et les autres pour pallier les effets secondaires. Depuis douze ans, elle travaille bénévolement dans une association près de 30h par semaine. "Je pense donc pouvoir au moins assumer un mi-temps dans une activité salariée". En attendant, c'est là galère: "je suis au bord du gouffre, je n'arrive plus à payer mes factures, je ne peux même pas me soigner pour mon hépatite C faute de mutuelle. Si je ne trouve pas de boulot, je vais me retrouver à la rue. Mais la précarité des séropositifs, on n'en parle jamais", déplore-t-elle. Quant à l'évolution des mentalités, Dominique n'en voit aucune, "j'ai même l'impression qu'on régresse", déplore-t-elle.
Photo : sac en vente à la boutique de l'association Sidaction.
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