
L'objectif affiché par les syndicats, pour cette journée de mobilisation pour l'emploi et le pouvoir d'achat, était de faire descendre dans la rue plus d'un million de manifestants, c'est-à-dire plus que le 10 mars dernier (1.040.000 manifestants avaient alors été revendiqués par les leaders syndicaux). Pari réussi, selon nombre de centrales syndicales. Mardi en soirée, la CGT comptabilisait au moins 1.147.290 manifestants à travers tout le pays - dont 150.000 à Paris - soit 100.000 de plus qu'en mars. Ecart plus significatif encore pour FO, qui évoquait 1,3 million de manifestants.
Une mobilisation dont se sont félicités les syndicats : pour Bernard Thibault (CGT), "nous avons plus de manifestations que le 10 mars, beaucoup plus d'arrêts de travail dans le privé, plus de manifestants et un soutien des trois quarts de l'opinion publique. C'est donc une journée incontestablement très réussie." François Chérèque (CFDT) estimait également "que la mobilisation est forte, semble-t-il plus forte que le 10 mars. Ce qu'on attend aujourd'hui, ce sont des réponses très claires sur l'emploi et le pouvoir d'achat." Les chiffres de la police se sont révélés significativement différents : 30.000 manifestants à Paris, 440.000 sur le reste du pays, pour un total de 470.000. Soit une mobilisation en nette baisse par rapport au 10 mars qui avait rassemblé, toujours selon la police, 578.000 personnes. Pour la police, les cortèges ont donc rassemblé 100.000 manifestants de moins qu'en mars.
Des petites villes très mobilisées
Très divergents à Paris, les chiffres fournis par les syndicats et la police étaient marqués par un écart moindre dans la plupart des autres villes. Au moins 20.000 manifestants ont défilé mardi après-midi dans les villes du grand-est, les plus importants rassemblements ayant eu lieu à Nancy, Metz et Strasbourg. A Marseille, marquée par les conflits de la SNCM ou de Nestlé-Saint-Menet, entre 20.000 et 100.000 personnes ont défilé. Les salariés des deux entreprises, en bonne place dans le cortège, marchaient côte à côte derrière des banderoles proclamant "SNCM, non au démantèlement de l'entreprise nationale et du service public de continuité territoriale" et "Nestlé d'hier, Nestlé d'aujourd'hui, Nestlé France en lutte pour l'emploi".
Plus de 10.000 personnes, selon les syndicats - 3.400 selon la police - ont défilé mardi matin à Avignon. Elles étaient entre 26.000 et 50.000 à Bordeaux, entre 15.000 et 30.000 à Toulouse, entre 11.000 et 15.000 à Lyon, entre 5.200 et 10.000 au Havre, tandis qu'on comptabilisait en fin de matinée entre 4.000 et 7.000 manifestants (dont Jack Lang) à Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais. Le nombre de manifestants oscillait, selon les estimations, de 9.000 à 20.000 à Caen, de 8.000 à 18.000 à Rouen, de 13.000 à 35.000 à Nantes. Environ 10.000 manifestants selon la CGT, 8.500 selon la police, ont arpenté mardi les rues de Rennes. Ailleurs en Bretagne, les cortèges ont rassemblé 10.000 personnes (syndicats) et 6.000 (police) respectivement à Saint-Brieuc et Brest, tandis qu'elles étaient 15.000 (syndicats) et 6.000 (police) à Lorient.
En Corse, plusieurs milliers de personnes ont défilé mardi simultanément à Bastia et à Ajaccio. A Bastia, 12.000 personnes étaient dans la rue, selon les organisateurs, 2.000 selon la police. A Ajaccio, où plus de 8.000 personnes selon les syndicats, 4.500 selon la police, ont remonté le Cours Napoléon en direction de la préfecture de région, des affrontements entre jeunes gens, pour certains encagoulés, et forces de l'ordre ont éclaté sur le port peu après midi. La mobilisation, visible dans les grandes agglomérations, était forte aussi dans les petites villes, comme Pamiers (3.000 à 4.000 manifestants).
Photo d'ouverture : le cortège des manifestants dans les rues de Paris - DR
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