© DR" Je vis tout le contraire de ce que je lis dans la presse ou vois à la télé ". Séropositive depuis 16 ans, Madeleine estime être "portée par ses collègues". Madeleine a 40 ans et travaille dans une agence de publicité depuis 12 ans. "Quand je me suis fait embaucher, je n'ai pas parlé de ma séropositivité". Mais deux ans plus tard, la maladie se déclare et c'est l'apparition de la première infection opportuniste. Le traitement est très lourd, Madeleine se "sent mourir" et s'accroche au travail. A son retour dans l'entreprise, elle ne veut plus mentir. "J'ai convoqué ma directrice et je lui ai dit le plus simplement du monde que j'étais séropositive, qu'il me fallait un mi-temps pour me soigner mais que c'était elle qui décidait : elle pouvait me virer ou me garder", raconte Madeleine. Sa chef ouvre de grands yeux mais n'hésite pas une seconde : "ta place est avec nous, gère ta maladie du mieux que tu peux et ne t'en fais pas pour les absences". Dans la foulée Madeleine prévient ses deux plus proches collègues : "Je passe plus de 9 heures par jour avec elles, je ne voulais pas leur faire courir de risque dans le cas où je me blesserais". Même réaction généreuse, elles lui disent : "on va se battre ensemble".
Le virus de Madeleine est dit "mutant" et elle est "en plein échappement thérapeutique". "Cela veut dire que tous les six mois je dois changer de traitement et là, j'ai utilisé toutes les molécules sur le marché à ce jour". Le dernier impliquait des piqûres quotidiennes dans le ventre : "A force, j'avais des nodules très douloureux et seule, je ne peux pas me piquer dans le dos". Une de ses collègues lui propose d'elle-même de venir plus tôt le matin pour lui faire les injections : "vous vous rendez compte jusqu'où va leur soutien", s'exclame-t-elle. Quand les examens sont positifs, les collègues débouchent le champagne, quand ils sont mauvais, elles lui remontent le moral.
Au début cependant, sa chef avait appelé son médecin pour savoir si Madeleine était contagieuse : "c'était il y a plus de 10 ans et c'était surtout un problème de connaissance de la maladie. Et puis, il faut être tolérant dans les deux sens, montrer aux autres que l'on peut travailler, être efficace", estime, compréhensive, Madeleine... "Aujourd'hui, c'est devenu ‘notre' combat. Mes collègues ont appris à relativiser leurs pépins de santé et pour moi, leur soutien est inestimable".
Retour MYTF1
Chargement en cours...




