
Chose promise... Deux jours après avoir évoqué une réquisition des moyens de transport pour faire face à la gève des traminots, qui enter ce vendredi dans son 25e jour, le maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, est passé à l'acte. "J'ai demandé à monsieur le préfet, conformément à la loi, de faire la réquisition des moyens nécessaires à assurer au moins un service minimum", a-t-il déclaré jeudi soir sur France 3. Selon la loi en effet, c'est au préfet et non au maire qu'il revient de prendre une telle mesure. Qualifiant le mouvement des traminots "d'injuste et inutile", Jean-Claude Gaudin a ajouté qu'il avait "trop duré".
Les traminots de la Régie des transports de Marseille (RTM) sont en grève depuis 24 jours pour protester contre la délégation de service public (DSP) pour l'exploitation du futur tramway, qu'ils assimilent à un début de privatisation. Seule la RTM associée à l'entreprise privée Connex (Veolia) s'est déclaré publiquement candidate à l'exploitation des deux futures lignes.
Réagissant à cette demande de réquisition, la CGT de la RTM, majoritaire au sein de l'entreprise, a estimé qu'elle montrait "un refus de dialoguer de la part de la mairie". La CFDT, deuxième force syndicale à la RTM, a pour sa part envoyé une lettre au préfet, par fax, afin de souligner "que la réquisition n'est pas la solution à ce conflit".
"Il n'y a aucune volonté de négocier"
Elément qui a peut-être contribué à précipiter la décision du maire de Marseille, la première réunion entre les syndicats et la direction de la RTM, qui s'est tenue jeudi, est restée infructueuse. Les huit organisations syndicales ont rencontré leur directeur général, Marc Girardot pendant une demi heure. "C'est un signe d'ouverture et le seul point positif de cette rencontre", a estimé ce dernier. "Force est de constater qu'il n'y a aucune volonté de négocier quoi que ce soit si ce n'est le retrait de la DSP", a-t-il poursuivi, précisant que cette question n'était pas de sa compétence mais de celle du "politique", c'est-à-dire des élus de la communauté urbaine de Marseille.
De leur côté, les syndicats ont fait valoir qu'ils demandaient "un débat sur cette DSP depuis le mois de mars", date à laquelle elle a été votée par la communauté urbaine. Ils ont dénoncé la stratégie de "pourrissement" du maire dans la gestion de ce conflit. L'intersyndicale a indiqué avoir déposé au tribunal administratif un recours contre la décision du conseil d'administration de la RTM "de s'allier avec la Connex par le biais d'un contrat de droit privé" pour répondre à l'appel d'offres. L'hypothèse d'un vote à bulletins secrets sur la poursuite ou non de la grève, évoquée par le ministre des Transports Dominique Perben à l'Assemblée nationale mercredi, a été écartée tant par les syndicats que par la direction.
Photo d'ouverture : membres des forces de l'ordre protégeant des bus de substitution pour éviter des actes de vandalisme de la part des grévistes - DR
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