Fin de la grève à la SNCM, l'Etat à la rescousse

le 13 octobre 2005 à 12h31 , mis à jour le 13 octobre 2005 à 21h49

La reprise du travail à la SNCM ayant été votée jeudi par les salariés réunis en AG à Marseille, le trafic vers la Corse devrait reprendre au plus tard vendredi. Thierry Breton a indiqué que l'Etat apurera les dettes de la compagnie à hauteur de 113 millions d'euros et que le montant total de la recapitalisation de la SNCM s'élèvera à 35 millions.

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La reprise du travail a été votée jeudi à Marseille par une écrasante majorité des grévistes de la SNCM, réunis en assemblée générale au vingt-quatrième jour de grève : 519 voix pour, 73 contre. Un vote la mort dans l'âme pour les représentants CGT : "Le combat ne s'arrête pas là. C'est dur pour les salariés, mais les repreneurs privés, je leur souhaite bien du plaisir car le personnel n'a pas renoncé à combattre", a déclaré Jean-Paul Israël, secrétaire général CGT des marins de Marseille. Tout en reconnaissant : "autant on peut se battre face au gouvernement, autant on ne peut pas face à la Justice". Il faisait allusion à la perspective du dépôt de bilan imminent qu'encourait la compagnie maritime en cas de poursuite de la grève. Le Syndicat des Travailleurs Corses, majoritaire parmi les quelque 800 salariés de la SNCM résidant dans l'île, a annoncé avoir appelé "malgré lui" ses membres à reprendre le travail, se sentant "trahi" par la CGT, selon le dirigeant de sa branche marins, Alain Mosconi.

Dominique de Villepin s'est en tout cas félicité de la "bonne nouvelle". Conséquence de ce vote, le trafic de la SNCM vers la Corse devait reprendre dans la nuit de jeudi à vendredi. Le cargo mixte Pascal-Paoli, celui-là même dont des marins du STC avaient pris le contrôle le 27 septembre à Marseille avant de le conduire à Bastia, devait être le premier navire à quitter le port de Marseille à destination du port d'Ajaccio. Le préfet de la région PACA Christian Frémont et Jean-Paul Israël ont discuté dans l'après-midi de jeudi d'un "protocole de fin de conflit", afin de régler les détails de la reprise du travail. D'ores et déjà, Thierry Breton a confirmé que les vingt-trois jours de grève ne seront pas payés, quelques jours après une première déclaration en ce sens du ministre des Transports Dominique Perben.

Le conseil d'administration de la CGMF reporté à vendredi

Le ministre de l'Economie s'est également réjoui de constater que les "messages du gouvernement ont été entendus sur la gravité de la situation de la SNCM". Puis il a confirmé que le plan de sauvetage de la compagnie sera mis en oeuvre comme annoncé. "Dès lors que l'activité redémarre dans la durée, le risque de dépôt de bilan s'éloignera", a-t-il ajouté. "Mais tout le monde doit avoir conscience que l'entreprise a beaucoup souffert". Il a indiqué que le montant total de la recapitalisation de la SNCM s'élèvera à 35 millions d'euros, 75% de cette somme étant à la charge des partenaires et 25% à la charge de l'Etat. Thierry Breton a par ailleurs confirmé que l'Etat apurerait les dettes de la compagnie à hauteur de 113 millions d'euros. Il a toutefois ajouté que la holding de la SNCM, la CGMF, dont le conseil d'administration a été reporté à vendredi, est "la seule structure habilitée à juger de l'opportunité d'avancer des fonds en attendant la mise en oeuvre très rapide du plan".

La SNCM affichait 29,7 millions d'euros de déficit fin 2004. Depuis le début  de la grève, le 20 septembre, la SNCM perdait chaque semaine 1,5 million d'euros. Le plan de sauvetage gouvernemental de la compagnie prévoit d'attribuer 38% du capital au fonds d'investissement Butler Capital Partners (BCP), 28% à l'opérateur industriel Connex (groupe Veolia), 25% à l'Etat et 9% aux salariés. Ce projet comporte 400 suppressions d'emploi sans licenciement sec.

(Photo : le dépouillement après le vote des salariés en AG à Marseille - LCI)

le 13 octobre 2005 à 12:31
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32 Commentaires

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  • Eric, le 13/10/2005 à 16h47

    Pauvre france 25 millions d euros tout les ans ..... mais ou va t on?????

  • Toto, le 13/10/2005 à 16h44

    On fait venir un avocat pour expliquer au personnel ce qu'est un depot de bilan pour les refroidir et on vote à bulletins secret. si le syndicat avait voulu continuer la lutte, il aurait monté la tête aux employés, en leur faisant miroiter la lune et ils auraient votés à main levée. liberté, vous avez dit liberté....

  • Jean, le 13/10/2005 à 16h10

    Les syndicats peuvent être fier. encore des millions ? partis en fumée pour leur con......

  • Phil, le 13/10/2005 à 16h03

    Bravo au salarié responsable et honte à la CGT qui n'a fait que prendre en otage cette entreprise pour redorer son blason. Je precise que je trouve que la greve etait justifié pour permettre de trouver une bonne issue et sur ce coup chacun (gouvernement-salarié-syndicat responsable-repreneur) a avancé pour trouver une issue à l'entreprise.

  • Laurent, le 13/10/2005 à 15h35

    Finie la mascarade des syndicats, c'est pas trops tot. Avec 25 millions d'Euros de remis dans les caisses le déficite de cette entreprise public se monte à 55 millions d'euros !!! qui c'est qui paye ..... mais toi avec tes impots ... oui toi qui lis ce message.

  • Clochet, le 13/10/2005 à 15h34

    C'est bien mais c'est tard ! la CGT met vraiment longtemps pour comprendre des choses simples ... dommage que la SNCM ne soit pas en dépôt de bilan ça aurait appris aux Corses à vivre !!

  • Francais, le 13/10/2005 à 15h23

    ET QUI SONT LES ACTIONNAIRES DE LA HOLDING ? QUI PAIE CETTE "RALLONGE" DE 25 M? ? ET CE Mr ISRAEL QUI NON CONTENT DE NEGOCIER CET APRES MIDI LE PAIEMENT DES JOURS DE GREVES AVEC MR LE PREFET (QU'IL OBTIENDRA BIEN SUR), SE PERMET EN PLUS DE MENACER LES REPRENNEURS QU'IL A TOUJOURS L'INTENTION DE SE BATTRE,CE QUI VEUT DIRE A N'EN PAS DOUTER ENCORE DES JOURS DE GREVES EN PERSPECTIVE !!!! QUE CELA CESSE, RAS LE BOL DE COTISER POUR CES GENS LA ! le fossé PUBLIC/PRIVE SE CREUSE ET C'EST BIEN TRISTE

  • René POIRON, le 13/10/2005 à 15h13

    Beaucoup trop de temps perdu à cause de qui, comme d'habitude de syndicats vivants dans un autre siècle,risquant de tout perdre pour la majorité des salariés, afin de défenre leurs avantages personnel.

  • Leblanc, le 13/10/2005 à 15h02

    Une reprise lourde de sens et de sous entendus : 1/ils n'ont pas le courage de voter la reprise a mains levées alors que tous les autres votes l'ont été (pour mieux controler les votes...et les eventuelles represailles) 2/les menaces sont a peines voilées : ils cedent (comme par miracle) a 6 heures de l'ultimatum .... pour mieux recommencer plus tard, tout en menaçant clairement du pire les irresponsables du privé qui voudraient s'en meler 3/rien n'est resolu : les pertes vont continuer a grandir, les avantages ahurissants vont continuer comme avant, et les con-tribuables vont continuer a renflouer .... il faut deposer le bilan et laisser agir la libre concurence !

  • Jean, le 13/10/2005 à 14h58

    Honteux ! Quel gachis...

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