Les forces de l'ordre débloquent le port de Fos-sur-Mer

le 07 octobre 2005 à 12h43 , mis à jour le 07 octobre 2005 à 22h16

Les forces de l'ordre sont intervenues vendredi à 18H00 pour dégager les accès au terminal à conteneurs de Fos-sur-mer. Cette partie du port autonome de Marseille est bloquée depuis 11 jours par une grève des agents du Pam mobilisés contre la privatisation de la SNCM.

deblocage port © TF1

Conflit de la SNCM, 18e jour, et toujours l'impasse. Les forces de l'ordre sont intervenues vendredi soir à Fos-sur-mer, dans les Bouches-du-Rhône pour dégager les accès au terminal à conteneurs du Port autonome de Marseille, bloqués depuis le 27 septembre par la grève des agents CGT du PAM. Immédiatement après cette intervention, les dockers de Marseille et de Fos-sur-Mer se sont mis en grève pour protester contre la présence des forces de l'ordre.

Des centaines d'entreprise menacées

Dès le matin, la présidente du Medef, Laurence Parisot, était montée au créneau pour réclamer une intervention: "Ce sont des dizaines et peut-être des centaines d'entreprises dont la vie est en jeu, et l'avenir professionnel de leurs salariés est mis en péril aujourd'hui", avait-elle déclaré.

40.000 emplois sont directement menacés par la grève du port, selon la Fédération des entreprises de transport et de logistique. Les armateurs ont averti qu'une partie de l'activité du port risquait d'être détournée vers l'Europe du Nord. Les grévistes du PAM protestent "contre les menaces de privatisation" du port. Ils se réuniront samedi en assemblée générale pour décider de la suite de leur mouvement.

Pour ce qui est de la SNCM, ses repreneurs potentiels, Walter Butler, Pdg du fonds d'investissement Butler Capital Partners, et Stéphane Richard, directeur de la société de transport Connex (Veolia), sont venus à Marseille vendredi pour "préciser à ceux qui le veulent les détails du projet industriel". Ils ont rencontré des représentants des syndicats des officiers mais la CGT-marins de Marseille a refusé de participer à la rencontre. "Nous réclamons que l'Etat soit majoritaire, et tant que l'Etat ne prend pas ses responsabilités, nous n'avons aucune raison de discuter avec Butler et Connex", a expliqué à l'AFP le secrétaire général de la CGT-marins, Jean-Paul Israël.

Vers le dépôt de bilan

Jeudi, le Premier ministre Dominique de Villepin a assuré qu'il "n'y aurait pas d'autre option" pour la SNCM que les propositions du gouvernement. "Il appartient aux salariés de savoir s'ils préfèrent le dépôt de bilan ou une société qui avance. Nous sommes dans un monde où le père Noël ne descend pas tous les matins", a-t-il dit. Un conseil d'administration de la SNCM est prévu lundi, avec peut-être un dépôt de bilan à l'ordre du jour. Le plan du gouvernement prévoit que Butler Capital Partners obtienne 38% de la SNCM, Connex 28% tandis que l'Etat conserverait 25%, les salariés obtenant 9%, ce qui permettrait de constituer une minorité de blocage entre l'Etat et le personnel.

En Corse, les présidents de la Collectivité territoriale (CTC) et des chambres consulaires ont opposé un non définitif à la transformation de la SNCM en compagnie régionale corse, projet soutenu par les nationalistes et le Syndicat des travailleurs corses (STC) d'Alain Mosconi. Ils ont appelé "de manière pressante à la libération des ports en Corse et à Marseille".

Les marins de la SNCM, qui bloquaient le port de Bastia depuis mardi, ont décidé lors d'une réunion avec les transporteurs routiers de laisser accoster et partir les bateaux de la CMN (Compagnie méridionale de navigation). Une quarantaine de gendarmes mobiles ont pris position dans le port de L'Ile-Rousse (Haute-Corse), pour qu'il puisse accueillir des navires.

Marche à Marseille contre les privatisations

Ils étaient 1 500 personnes, selon les organisateurs, 900 selon la police à manifester vendredi matin devant la mairie de Marseille pour dénoncer les "projets de privatisation" d'entreprises marseillaises, notamment la SNCM. Des salariés de la compagnie maritime, certains venus par bateaux de sauvetage en traversant le Vieux Port, en grève depuis 18 jours, ont stigmatisé "une privatisation à la hussarde" de la compagnie publique, selon Jean-Paul Israël, secrétaire général des marins CGT de Marseille. "Nous sommes tout à fait disposés au débat public contradictoire, avec les hautes pointures de ce gouvernement. La balle est dans leur camp", a encore lancé ce responsable syndical, lors d'une prise de parole devant la mairie, dont l'accès était protégé par les CRS.

(Le port de Fos-sur-Mer vendredi soir/TF1)

le 07 octobre 2005 à 12:43
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10 Commentaires

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  • Eric, le 07/10/2005 à 19h13

    Le problème de toute ces grèves , c'est qu'au début on nous dit que les grèves sont là pour défendre le droit de tous. Mais le conflit de la SNCM , ne nous concerne pas tous et si au début messieurs les grévistes vous avez le soutient d'une partie de la population , vous allez la perdre car pour finir, c'est juste un mouvement égocentrique. Peu importe si les autres peuvent se rendre sur leur lieux de travail ou pas.

  • Pas moi, le 07/10/2005 à 19h07

    Bravo ! Il faut laisser les gens travailler. Assez des prises d'otage des usagers !

  • Stéphane, le 07/10/2005 à 19h00

    Combien de temps l'état va encore attendre pour agir! Marre des politiques qui cèdent sur tout!! Marre des 500000 personnes qui paralysent le pays depuis vignt ans! Mais 500000 personne c'est pas la france ...

  • Jails, le 07/10/2005 à 18h03

    Quand vous serez au chomage technique ou que votre entreprise mettra la clef sous la porte envoyez vos reclamations a la cgt et au stc

  • Regis, le 07/10/2005 à 17h03

    Le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils ne mobilisent pas grand monde.... mais qu'est ce qu'ils nuisent par contre...

  • Gilles, le 07/10/2005 à 14h32

    C'est bien, bloquez tout. Quand la Corse sera asphyxiée et que des TPE et PME mettront la clé sous la porte vous pourrez crier deux fois plus.

  • Avenir, le 07/10/2005 à 14h08

    Quand on fait grève, on assume!

  • Merical, le 07/10/2005 à 13h53

    Non Mme Cessa , il sagit bien d'une grève politique et j'en ai marre de financer avec mes impots des syndicalistes qui poussent les ouvriers à faire grève alors que je suis sur qu'eux meme ne mettent les pieds dans l'entreprise que les 30 du mois

  • Aurelia, le 07/10/2005 à 13h46

    Ras le bol de ces syndicats, ils détruisent plus d'emplois comparer a leur revendiquation (plus de privilèges pour les mêmes etc...). On ne paut pas continuer ainsi a vouloir toujours plus en travaillant moins. Moi je bosse je paye mes impots je nourrit mes enfants et mon salaire est moyen, je part du principe de na pas depenser plus que je ne gagne c'est cela aussi le mal des Francais : vouloir tout pour rien en faisant rien !!!! cela me choque.

  • Regis, le 07/10/2005 à 12h49

    Un millier de manifestants, ca montre bien le soutien de la population.... :-)))) a part les marins de la sncm et la cgt, pas grand monde pour les soutenir apparemment... c'est fini les privileges, au boulot les feignasses !

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