Une grève et puis quoi ?

Par Par Sophie LUTRAND, le 03 octobre 2005 à 18h29 , mis à jour le 04 octobre 2005 à 10h06

Un million de manifestants et après ? Faute d'obtenir des réponses à leurs revendications, les journées d'action nationale, comme celle de ce mardi, sont l'occasion pour les syndicats de montrer qu'ils existent et de jouer l'intimidation.

[Expiré] [Expiré] Clinique privée manifestation juin 2001 santé FHP UHP (AFP) © AFP

Plus d'1,5 million pour les retraites en 2003, moins de 100 000 pour la réforme de la Sécu en 2004, environ 500 000 manifestants pour protester contre la politique sociale du gouvernement début 2005, près d'un million pour l'emploi et le pouvoir d'achat le 10 mars dernier... Toutes les causes ne mobilisent pas de la même façon. Pour Jean-Claude Mailly, patron de FO, le " 4 octobre va être fort ". Ce mardi, l'objectif est de dépasser le million de manifestants a indiqué Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT.

Et pour atteindre cet objectif, les syndicats sont unis (CFDT, FO, la CFTC, la CFE-CGC, la FSU et l'Unsa) et ont choisi des revendications fédératrices : la journée d'action nationale est placée sous le signe de l'emploi, des salaires et du pouvoir d'achat. Des thèmes beaucoup plus rassembleurs que la défense du service public ou le maintien de certaines sociétés dans le giron public. Car si le gros des troupes provient du public, les salariés du privé devraient venir grossir les rangs des manifestations. Car le pouvoir d'achat fédère. Fonctionnaires ou salariés, le problème est le même (Lire " Un pouvoir d'achat qui stagne ").

Dialogue

Et puis quoi ? Quand bien même le mouvement sera suivi, les transports bloqués et les usagers " exaspérés mais compréhensifs ", les lendemains chanteront-ils ? Depuis plusieurs années, les journées d'actions mobilisent mais les réformes passent : retraite, Sécu, assouplissement des 35 heures... le gouvernement dit "entendre" les revendications, "être à l'écoute" mais ne rebrousse pas chemin. " Depuis un certain nombre d'années, les grandes manifestations ne conduisent plus systématiquement à de nouveaux acquis sociaux ", observe Guy Groux, sociologue au Cevipof spécialisé dans l'étude des syndicats.

Pourquoi alors continuer à organiser ce type de journée ? "Pour montrer qu'ils existent et demander l'ouverture de négociations", analyse le sociologue. "Il en va de la survie du syndicalisme alors qu'il traverse la plus grande crise de son histoire : moins de 8% des salariés sont syndiqués". Même si le rapprochement est "facile et trompeur", face à l'objectif d'un million de manifestants ce mardi, il est parlant de rappeler que 12 millions de personnes étaient dans les rues en 1968. Et si, pour paraphraser un ancien premier ministre, ce n'est pas la rue qui gouverne, montrer sa force et sa capacité à mobiliser la population n'est sans doute pas sans effet sur un jeune gouvernement comme celui de Dominique de Villepin. Il s'agit de montrer que le Premier ministre ne pourra pas toujours gouverner par ordonnances comme pour la création du Contrat nouvelle embauche et devra accepter le dialogue, avec les députés, avec les syndicats et prochainement, argument de poids, affronter les électeurs.

Par Par Sophie LUTRAND le 03 octobre 2005 à 18:29
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

43 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Dom, le 05/10/2005 à 10h55

    A titre d'information, je voulais juste informer les détracteur de gréve : s'il n'y avait pas eu la révolution française, nous aurions probablement encore un roi ou une reine... mais peut-être regrettent-ils cette époque glorieuse où le pekin moyen avait juste le droit de la fermer. nous sommes revenu bien prés de cette époque. autre chose : le papy boom fera effet de levier mécanique dans la baisse du chômage... quelques soient les actions d'un quelquonque gouvernement. le but du jeu étant d'être bien placé pour en recolter les bénéfices... a bon entendeur salut ! merci à tf1 de me publier cela prouvera que la démocratie existe encore

  • Didier hardy, le 05/10/2005 à 04h29

    SVP meme si cela vous pose pb corrrrrrrrriger le francais que vous publiez..... A moins que vous vouliez prouver que seul des attardes vous ecrivent. Pauvre FRANCE tu n'as plus d'espoir!!!!!!!!!!!!!!Larousse:"se dit d'une personne qui va mourir" ADIEU

  • Mourad, le 04/10/2005 à 21h50

    A Jerome, de Grenoble: Total respect, le fascisme ambiant n'est pas généralisé, ça donne un peu de réconfort de lire vos lignes. Je précise que je suis dans le privé.

  • Fredy, le 04/10/2005 à 18h48

    Une révolution alors là oui ! mais ce n?est pas avec des syndicats qui manifestent avec des ballons et des banderoles que cela va bouger ! (du déjà vu), non ! le gouvernement actuel rigole de voir cela, c?est les Français dans les rues ! et paralysant totalement la France, il faut que ça bouge ! regardez un peu la Corse ? et bien le gouvernement a peur , prenez ont de la graine !! Merci de publier, cela est d?utilité public !

  • Homo Sapiens Sapiens, le 04/10/2005 à 17h52

    A Jerome, Grenoble : Aimer son travail ne nécessite pas d'être stupide. Vous pourriez, dites vous gagner 4X+ dans le privé et 10X+ à l'étranger. Mais il faut arrêter de se comporter comme des moutons ! Si vous pensez que le mieux est de rester en France, de se plaindre et parader face au système français, vous avez le droit. Mais vous avez surtout le choix de votre avenir. Vous avez fait le bon choix (on fait tjs le bon choix, en général). Alors il faut assumer. Assumer votre salaire, votre condition et le modèle social. Mais vous n'êtes pas content, vous regardez dans l'assiette du privé et vous voyez des différences. Mais pourtant ce n'est pas la même chose. Alors si vous pensez finalement fait le mauvais choix, il n'est jamais trop tard pour changer. merci de me publier svp.

  • Réré, le 04/10/2005 à 15h56

    In ne faut pas avoir peur de ce que disent les autres pays, s'ils nous traitent de "feignants" et bien c'est qu'ils ne connaissent tout simplement notre HISTOIRE et qu'ils derait bien, s'ils veulent bien nous comprendre, de s'interesser un peu plus à notre pays, ils auraient des surprises. Je le repete, la greve est un droit. Aujourd'hui, il faut nous monter vigilant à cause des gouvernants actuel qui veulent transformer notre systeme à l'américaine, en tuant notre securité sociale à petit feu... beaucoup de personnes encore ne comprennent pas que ce sont justement nos fonctionnaires qui peuvent faire bouger la balance, et ils faut leur faire confiance. Car si on parle de plus en plus de precarité, qui se confirme encore, c'est bien dans le secteur du privé qu'il faut vraiment faire bouger les choses ! Clin d'oeil à Sami, Ced, Aline et Beru qui ont tout compris.

  • Alain, le 04/10/2005 à 15h12

    On lis toujours les même commentaires de la part de certains (gros égoïstes)qui critiquent les grévistes, traitent de fouteurs de merde les syndicats etc. Je ne sais pas si ces gens là se rendent compte que la majorité de la population, donc la classe moyenne, est en train de se faire littéralement trucider par la politique qui nous gouverne? La grève est un moyen démocratiques de se faire entendre quand le gouvernement fait la sourde oreille, quand à l'assemblée les messages ne passents pas, bref quand tous ces politiques verreux se foutent complètement de la réalité quotidienne des gens dits "d'en bas" dont le pouvoir d'achat s'effondre et qui croulent de plus en plus sous la pression fiscale. Alors il faut des gens qui descendent dans la rue et qui, malheureusement, en arrivent à paralyser le pays dans l'espoir que nous soyons entendus et que les choses changent un peu. Si ça ne plait pas à certains qui croient encore que bosser comme des fous leur vaudra une quelconque gratitude qu'ils ne se leurrent pas, ils seront un jour "remerciés" et jetés comme des m.... quand leur boite après s'être bien gavée des subventions de l'état les licenciera pour se délocaliser au Costa Rica ou en Arménie, rassurant ainsi des actionnaires qui se gaves du fruit du travail de ceux qui réellement bossent.. Voila tout ce que ça leur rapportera. Alors sans être un pro-grève à tout va je dis bravo et merci à tous ceux qui ont le courage de descendre dans la rue aujourd'hui et qui perdent leur journée de salaire pour défendre le droit de vivre correctement quand on bosse. Et si le gvt fait la sourde oreille comme il sait si bien le faire ils auront une révolution a force de nous prendre pour des ..

  • Fred, le 04/10/2005 à 14h53

    Chirac VS Lepen au second tour des dernières élections !!! Heuuuu la faute a qui ??? Et croyez-moi, l?histoire risque de ce répéter a la prochaine?.. Il n?y a jamais eu autant de grèves que depuis le gouvernement Chirac?..Rien de plus normal les syndicats sont tous de gauche, en fait c?est une bataille politique qui est menée ici?. A chaque « plan » de la droite la gauche appel a la grève, comment voulez-vous que la France avance. Gagner 2000 ? par mois et bosser 35h est une utopie sortie tout droit du ps, qui après 14 ans de gouverne et 5ans de cohabitation a détruis le pays? Oui il y a des patrons qui gagnent des millions?.Et alors?.C?est encore grâce à eux que vous avez encore du boulot !! Non !! ??..Ha oui j?oubliais « les fonctionnaires »??Tranquille sous le gouvernement mitterand/jospin? sont en train de prendre le retour de bâton? A ces gens-là, je les invite a venir faire des petits stages en secteur privé?? La France va mal, la récession nous guette, et ce n?est pas avec des solutions que nous sortent les syndicats, et leur grève a répétition que nous nous en sortirons?. Enfin grâce a ça, nous allons avoir le droit à un beau sarco VS lepen en 2007?.. Merci a tous?.

  • Eric, le 04/10/2005 à 14h46

    Vu les réactions de Sami et Jacques on comprend mieux pourquoi notre pays va si mal. Pour Jacques de Paris demandez vous pourquoi la majorité des gens ne font pas grève ? Car ils comprennent que les revendications de la gauche et des syndicats ultra minoritaires ne sont que de la couillonnade et qu'ils respectent ceux qui les font vivre c'est à dire leurs patrons c'est à dire les clients de leur entreprise. Egoïsme vous dîtes parlons en. Qui finance les retraites des fonctionnaires et payent la CMU des plus pauvres ? Ceux qui produisent et enrichissent le pays en bossant et n?ont pas ceux qui l?appauvrissent et le discrédite avec des grèves à répétions. Oups bosser cela doit être un gros mot dans votre vocabulaire de socialiste. La solidarité chez les gens de gauche est à sens unique. Solidaire à conditions que ce soient eux qui touchent les dividendes.

  • Jerome, le 04/10/2005 à 14h33

    Je suis affligé de lire ces posts. Premièrement, un mot au modérateur : 74 % des français approuvent cette grève et 74 % de vos articles, posts, proviennent de gens qui y sont opposés. Je suppose que vous faites le tri selon vos orientations politiques. Deuxièmement : Je suis chercheur au CNRS, donc fonctionnaire. Je suis Docteur en physique. Je gagne 1600 Euros net par mois. A formation équivalente, diplome équivalent, je gagnerais 4 fois plus dans le secteur privé ; 10 fois plus à l'étranger. Je ne fais pas ce métier pour l'argent qu'on y gagne mais simplement parce que je l'aime. Et les soit-disants avantages des fonctionnaires, je n'en ai cure et je n'en ai pas tant que ca. Troisièmement : Oui, j'ai manifesté aujourd'hui. J'ai défendu les droits de tous les travailleurs, de tout secteur, de tout corps de métier, fonctionnaire ou pas. J'ai gueulé mon mécontentement devant le non respect des droits les plus élémentaires des êtres humains. J'ai hurlé contre la politique passéiste de notre pays en matière d'énergie et d'environnement. J'ai exprimé mon inquiétude devant la disparition des protections sociales qui servent aux plus démunis. J'ai gueulé contre la politique de l'autruche au sujet du chômage, contre le fait qu'on essaie de dresser une partie de la population active au travail contre une autre qui crève de ne pouvoir se nourrir et se loger décemment. Marre des expulsions, marre des provocations, marre des injustices, marre de nos gouvernants incompétents et interessés. Marre des sarkozistes limite facistes, marre de leur démagogie. J'ai manifesté et je suis fonctionnaire. Je ne perdrai probablement jamais mon emploi, ne saurai pas ce qu'est le chômage. Et j'ai manifesté parce que je trouve la pauvreté et l'exclusion intolérable. Peut-être les fonctionnaires sont-ils tous des abrutis ?! Mais au moins ils fédérent et défendent les droits de ceux qui les détestent : une bonne leçon d'humanité ! Merci de me publier, Jérôme.

Lire tous les commentaires

      logAudience