© AFPPlus d'1,5 million pour les retraites en 2003, moins de 100 000 pour la réforme de la Sécu en 2004, environ 500 000 manifestants pour protester contre la politique sociale du gouvernement début 2005, près d'un million pour l'emploi et le pouvoir d'achat le 10 mars dernier... Toutes les causes ne mobilisent pas de la même façon. Pour Jean-Claude Mailly, patron de FO, le " 4 octobre va être fort ". Ce mardi, l'objectif est de dépasser le million de manifestants a indiqué Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT.
Et pour atteindre cet objectif, les syndicats sont unis (CFDT, FO, la CFTC, la CFE-CGC, la FSU et l'Unsa) et ont choisi des revendications fédératrices : la journée d'action nationale est placée sous le signe de l'emploi, des salaires et du pouvoir d'achat. Des thèmes beaucoup plus rassembleurs que la défense du service public ou le maintien de certaines sociétés dans le giron public. Car si le gros des troupes provient du public, les salariés du privé devraient venir grossir les rangs des manifestations. Car le pouvoir d'achat fédère. Fonctionnaires ou salariés, le problème est le même (Lire " Un pouvoir d'achat qui stagne ").
Dialogue
Et puis quoi ? Quand bien même le mouvement sera suivi, les transports bloqués et les usagers " exaspérés mais compréhensifs ", les lendemains chanteront-ils ? Depuis plusieurs années, les journées d'actions mobilisent mais les réformes passent : retraite, Sécu, assouplissement des 35 heures... le gouvernement dit "entendre" les revendications, "être à l'écoute" mais ne rebrousse pas chemin. " Depuis un certain nombre d'années, les grandes manifestations ne conduisent plus systématiquement à de nouveaux acquis sociaux ", observe Guy Groux, sociologue au Cevipof spécialisé dans l'étude des syndicats.
Pourquoi alors continuer à organiser ce type de journée ? "Pour montrer qu'ils existent et demander l'ouverture de négociations", analyse le sociologue. "Il en va de la survie du syndicalisme alors qu'il traverse la plus grande crise de son histoire : moins de 8% des salariés sont syndiqués". Même si le rapprochement est "facile et trompeur", face à l'objectif d'un million de manifestants ce mardi, il est parlant de rappeler que 12 millions de personnes étaient dans les rues en 1968. Et si, pour paraphraser un ancien premier ministre, ce n'est pas la rue qui gouverne, montrer sa force et sa capacité à mobiliser la population n'est sans doute pas sans effet sur un jeune gouvernement comme celui de Dominique de Villepin. Il s'agit de montrer que le Premier ministre ne pourra pas toujours gouverner par ordonnances comme pour la création du Contrat nouvelle embauche et devra accepter le dialogue, avec les députés, avec les syndicats et prochainement, argument de poids, affronter les électeurs.
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