48 heures pour sauver la SNCM

le 11 octobre 2005 à 15h33 , mis à jour le 11 octobre 2005 à 20h47

Lors d'un comité d'entreprise mardi après-midi, le président de la SNCM a averti : si le travail ne reprend pas d'ici jeudi, la compagnie sera en cessation de paiement dès vendredi minuit. La direction préparera alors un nouveau CE lundi pour annoncer un dépôt de bilan.

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Au lendemain d'un conseil d'administration de la SNCM au cours duquel a été votée (sans les syndicats) une résolution présentant le projet gouvernemental de sauvetage de la compagnie, les positions semblent toujours aussi irréconciliables. Un premier comité d'entreprise, convoqué mardi dans la matinée, a été annulé au tout dernier moment. Le président de la SNCM, Bruno Vergobbi, était absent : il était entendu au même moment par le président du tribunal de commerce de Marseille sur la situation de la société que le gouvernement veut privatiser. Une autre réunion a eu lieu mardi après-midi, à la préfecture à la demande de la direction qui a évoqué des raisons de sécurité, et en l'absence de la CGT. Le président de la SNCM y a répété les menaces formulées la veille : "Le PDG a dit qu'on serait vendredi à minuit en cessation de paiement si le travail ne reprenait pas", a indiqué Rémy Lasserre (FO-officiers) à la sortie du CE. "S'il n'y aucune avancée dans le dossier d'ici jeudi, la direction préparera un comité d'entreprise pour lundi prochain pour annoncer les modalités d'un dépôt de bilan".

Parallèlement, les appels se sont multipliés pour que cesse la grève, tandis que les syndicats campaient sur leur position. La question de la compagnie publique menacée de dépôt de bilan (ce qui pourrait intervenir lundi, selon Bruno Vergobbi, sans une reprise de travail dès jeudi) s'est invitée à l'Assemblée, où Dominique de Villepin a solennellement mis en garde les grévistes. "Le Conseil d'administration a donné son feu vert à la proposition du gouvernement, le comité d'entreprise se réunit aujourd'hui pour décider de la suite à donner", a lancé le Premier ministre lors des questions d'actualité au gouvernement. "Seule la reprise du travail permettra d'éviter le dépôt de bilan et je le dis ici avec gravité, c'est l'heure de vérité pour la SNCM. C'est un rendez-vous important pour Marseille comme pour la Corse. Il faut que désormais chacun prenne ses responsabilités", a-t-il solennellement déclaré.

Le tribunal de commerce "se réserve la possibilité" d'intervenir

Pour sa part, François Sauvadet, porte-parole de l'UDF, a appelé les salariés de la SNCM à faire "preuve de responsabilité" en cessant la grève. Et mardi matin, c'est Thierry Breton qui avait "appelé à la responsabilité de chacun" lors d'une intervention sur RTL ; affirmant avoir fait le "travail d'explication", il estimait que "maintenant c'est à l'entreprise de prendre son destin en main". Un conseil là aussi assorti d'une mise en garde : "Si jamais ce destin n'est plus dans les mains de l'entreprise mais dans celles du tribunal de commerce, alors c'est un autre avenir, alors c'est l'inconnu".

Intervenant également dans le débat, le tribunal de commerce de Marseille a indiqué, par la voix de son président François-Michel Giocanti, qu'il "se réserve la possibilité" d'intervenir et "d'exercer ses prérogatives que lui confère la loi", après avoir "pris connaissance des résolutions du conseil d'administration" annoncées lundi soir à la préfecture de région à Marseille. Un communiqué qui sonne comme une menace pour la compagnie, sachant que le CA avait alors souligné le risque imminent de cessation de paiement...

Mais du côté des grévistes, la position n'a pas changé. Et sur le plan national, la CGT, dans une déclaration du Bureau confédéral, a accusé le gouvernement d'être "arc-bouté sur son seul projet de privatisation" de la SNCM, dressant le "constat évident" après la journée de mobilisation du 4 octobre qu'il "refuse de négocier" avec les syndicats.

Le FLNC-UC s'en mêle 

Le FLNC-Union des Combattants a revendiqué mardi le tir de roquette contre la préfecture d'Ajaccio le 29 septembre, dans un communiqué reçu et authentifié par France 3 Ajaccio. Dans ce communiqué, le mouvement clandestin, liant clairement cette action au conflit de la SNCM, s'en prend violemment au préfet de Corse Pierre-René Lemas qu'il qualifie de "préfet de circonstance et véritable inquisiteur" et profère des menaces à son encontre. Le mouvement met en cause la "responsabilité de l'Etat français dans l'actuel conflit social" de la SNCM.

Photo d'ouverture : le président de la SNCM, Bruno Vergobbi, s'exprimant mardi soir à la sortie du CE - DR

le 11 octobre 2005 à 15:33
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13 Commentaires

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  • Otto, le 11/10/2005 à 17h56

    Alors ... CA, état et syndicats des officiers appellent à la reprise du travail, tout le monde met en garde contre le dépot de bilan ... et quelques personnes, mieux informées que les autres surement, disent le contraire. Ces personnes vont bientôt avoir 2400 chômeurs sur les bras. Et moi je propose toujours un référendum pour la privatisation de la SNCM, les syndicats n'auront plus le choix.

  • Pablo, le 11/10/2005 à 17h55

    SNCM laboratoire de Villepin et de Barroso ? et après ce sera EDF, SNCF etc.... Villepin et consorts, c'est bradages en tous genres.

  • Lo-Ran, poête, le 11/10/2005 à 17h42

    AAAh... j'attends avec impatience la fin du feuilleton de l'automne. Parce que voyez vous, "nous", les gens normaux, nous le voyons un peu comme une succession de "je t'aime, moi non plus" entre le gouvernement, les salariés et les groupes de syndicats/nationalistes/corses. Et comme un sitcom bien huilé, on en redemande jour après jour, en espérant que le méchant se prenne les pieds et que le gentil gagne le coeur de la belle ... qui le fera patienter jusqu'à l'épisode suivant. Bon courage Mrs les scénaristes.

  • Jails, le 11/10/2005 à 17h37

    Des pseudos syndicalistes qui osent parler du "chantage de l etat",des nationalistes qui reclamentl aide financiere publique de l etat qu ils combattent des ministres qui seraient des "voyous"parce qu ils "claquent la porte des reunions"durant ce melodrame corso-cegetiste on aura vraiment tout vu et tout entendu!!!!!

  • Georges, le 11/10/2005 à 17h35

    Pauvres corses ils vont tous perdre leurs emplois plutôt que de reprendre le travail.remarque je suis content la CGT va perdre toute crédibilité et si cela pouvait être sa fin.ce syndicat empêche le pays d'avancer.et puis il faudrait donner des leçons d'économie aux corses leur apprendre ce que c'est que rentabilité chiffre d'affire etc ça les changera de l'assistanat et des "droits" qu'ils clament haut et fort.cette société est déficitaire ils savent ce que ça veut dire?on fait quoion augmente les imôts pour eux?pauvre pays le monde rigole en nous regardant.pauvre peuple corse...

  • Coulaud, le 11/10/2005 à 17h25

    Je vais en corse tous les ans. en 2002, arrivant à nice, la cgt a décidé une grève sauvage m'obligeant avec ma famille de dormir dans ma voiture. j'ai pu partir le lendemain grace à corsica ferries. C'est pourquoi, depuis cette date, j'ai juré de ne jamais plus emprunter la SNCM. et nous sommes de plus en plus nombreux à agir ainsi. N'oublions pas que la CGT a déjà coulé le bateau France. Il va en être de même avec la SNCM.

  • Bob, le 11/10/2005 à 17h20

    Bonjour, J'éspère que la société va déposer le bilan et que tout les salarié se verront dans l'obligation de pointé au chomage. Alors, peut être, les français prendrons conscience de l'irresponsabilité des minoritées syndicales qui n'en finisse pas de plomber le pays. salut... bob

  • Loïc, le 11/10/2005 à 17h19

    Les syndicats sont-ils si stupides pour conduire ceux qu'ils sont censés soutenir au chômage? Les grévistes se rendent-ils compte qu'à force de trop vouloir, ils vont finir par tout perdre? J'espère que la liquidation probable de la SNCM servira d'exemple à tous ces fonctionnaires qui ont la fâcheuse tendance de prendre le contribuable pour une vache à lait. A bon entendeur...

  • Toine, le 11/10/2005 à 17h15

    Si on demandait aux contribuables si ils veulent conserver ce service public complètement bouffer par des dinosaures de la CGT imbus de petites prétentions et complètement déconnecté de la réalité, je suis convaincu du résultat... au boulot ou à l'ANPE, on ne vous pleurera pas

  • Yves, le 11/10/2005 à 17h15

    Ah-la-la, qu'est ce qu'on rigole avec cette affaire de la SNCM. J'ai quand même une pensée pour tous les marins qui sont sûrement de braves gens, mais qui sont malheureusement complètement manipulés par la CGT. Effectivement, quand ils se retrouveront tous au chomage, ce ne seront pas les syndicalistes qui seront les plus touchés...

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