© AFPPeter mandelson, défendu par ses pairs européens, maintient le cap. Le commissaire européen au Commerce, contesté par la France, a jugé jeudi impératif de parvenir dans les deux semaines à un accord à l'OMC pour sauver les négociations sur le commerce mondial. "Tout le monde doit entendre ce rappel à l'ordre", a ajouté Mandelson, en rappelant que les discussions ne portaient pas uniquement sur le volet agricole, objet de son litige avec Paris, mais aussi sur les secteurs industriels.
La France avait estimé que le commissaire allait trop loin dans ses propositions de réduction des subventions en matière agricole. Elle lui avait fait savoir qu'elle ne souhaitait plus qu'il aborde le volet agricole des négociations de l'OMC sans en faire d'abord part aux pays membres.
Mais le message n'a pas semblé avoir été entendu par la Commission. Un porte-parole européen a affirmé que les discussions entre cinq grands acteurs de l'OMC (UE, USA, Brésil, Inde et Australie) mercredi soir à Genève portaient "sur tous les sujets de la négociation", y compris l'agriculture. Jeudi,
la Commission européenne a soutenu son commissaire en affirmant qu'il ne dépassait pas son mandat en évoquant les questions agricoles.Ligne rouge
Les subventions agricoles sont au coeur des négociations sur la libéralisation du commerce mondial, connues sous le nom de cycle de Doha. La querelle s'est intensifiée après les dernières offres mises sur la table par Peter Mandelson lors de négociations avec son homologue américain Rob Portman au début du mois à Zurich. Washington s'est dit prêt à réduire de 60% sur cinq ans ses aides internes qui faussent le plus les échanges mondiaux. En réponse, Peter Mandelson a proposé une baisse de 70% des aides versées par Bruxelles et une forte réduction des droits de douane sur certains produits agricoles.
Ces offres se sont heurtées immédiatement à un tir de barrage de la France, dont tous les ministres concernés sont montés au créneau. Pour eux, M. Mandelson a franchi "les lignes rouges" de son mandat, car ces propositions iraient au-delà de la réforme de la Politique agricole commune (PAC), que Paris considère comme une limite infranchissable.
Photo : Peter Mandelson (afp)
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