52 ans, ministre délégué au Budget et à la réforme budgétaire, en remplacement d'Alain Lambert (photo : ministère). © INTERNEIl faut "dire aux consommateurs la nécessité de continuer à manger normalement de la volaille élevée en France", a affirmé le ministre de l'Agriculture à la sortie du Conseil des ministres mercredi. "Il n'y a aucune crainte à avoir pour les consommateurs de volaille", a assuré Dominique Bussereau. Interrogé sur la baisse de la consommation - d'environ 20% en une semaine sur le marché de Rungis -, il a déclaré que si celle-ci se confirmait, le gouvernement "aiderait par des mesures de communication la profession à donner les bonnes informations que demandent les consommateurs".
Aussitôt dit, aussitôt fait : le gouvernement a chargé dans la journée le Centre d'Information des Viandes (CIV) de lancer une campagne d'information auprès des consommateurs français. Le CIV, qui possède cette expérience de communication en période de crise depuis la maladie de la "vache folle", va mettre en place trois dispositifs pour informer le grand public : un "numéro vert" et un site internet, dès lundi prochain, et la diffusion de documents écrits un peu plus tard. Créé en 1987, cet organisme a pour mission de mettre en place des actions d'information auprès des prescripteurs d'opinion et des consommateurs.
Il y a urgence pour la profession : Alain Mélot, le président de la Fédération de l'industrie avicole, se dit "préoccupé par la baisse des ventes", évaluée par sa fédération à plus 10% depuis le début de la crise. Les petits matins se font moroses dans le pavillon de la volaille du marché de gros de Rungis, où les cartons de poulets s'entassent sur les étals dans l'attente de clients. "On a fait 30% de moins aujourd'hui. C'est surtout le poulet qui se vend moins", déclare un directeur d'entreprise qui emploie onze salariés. A Rungis, où 17 sociétés vendent aux professionnels (restaurants et bouchers) 82.000 tonnes de volailles par an, les achats, en baisse de 10% dans la première quinzaine d'octobre, ont chuté de 20% depuis le milieu de la semaine dernière.
Pas de psychose dans les cantines
Restaurateurs et boucheries anticipent en effet les craintes de grippe aviaire chez leurs consommateurs."On essaie de maintenir les cours, mais on est obligés de vendre moins cher pour garder les clients. Un poulet fermier, qui vaut 3 euros d'habitude, se vend 20 à 30 centimes de moins", ajoute-t-il. Grossistes et détaillants s'inquiètent maintenant pour les fêtes de fin d'année, période cruciale pour les ventes de dindes et chapons.
Et pourtant, le poulet fait toujours recette dans les cantines et restaurants d'entreprise où la "psychose" de la grippe aviaire n'entraîne pas pour l'instant de diminution de la consommation de volaille". Les groupes de restauration, se déclarent toutefois "très vigilants" et ont pris certaines mesures préventives. Les procédures de sélection et de contrôle des fournisseurs sont aussi renforcées. La Sodexho affirme avoir "limité ses approvisionnements aux zones géographiques jamais concernées par le virus".
photo : Dominique Bussereau, ministre de l'Agriculture
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