Marseille : la réquisition pas à l'ordre du jour

le 28 octobre 2005 à 13h15 , mis à jour le 28 octobre 2005 à 22h05

La demande de réquisition des moyens de transports faite par Jean-Claude Gaudin au 24e jour de grève des traminots marseillais s'est heurtée à un refus de la préfecture, qui estime que "les conditions ne sont pas remplies". Le gouvernement a nommé un médiateur.

requisition_bus_marseille

Le préfet de la région PACA a rejeté vendredi "l'arme lourde de la réquisition", que lui réclamait le maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, pour pallier la grève des traminots, privilégiant la médiation et un renforcement de la sécurité autour des bus et cars en service. Il a estimé que les conditions pour une telle mesure n'étaient pas remplies pour l'instant, sans l'écarter à terme, notamment en prévision de "la date importante" du 3 novembre, jour de la rentrée scolaire. Pour Christian Frémont, réquisitionner des bus et du personnel s'apparente un peu "à l'arme atomique. On préfère ne pas l'utiliser et s'en servir comme dissuasion". Soixante-seize pour cent des Marseillais sont pourtant favorables à une réquisition, selon un sondage réalisé par la Sofres mercredi et jeudi pour le compte de la mairie de Marseille auprès d'un échantillon de 600 personnes.

Le préfet a toutefois annoncé deux types de mesures, soulignant la "gravité" de la situation dans une ville où chaque déplacement est un casse-tête depuis bientôt quatre semaines. "A l'hôpital de la Timone, le nombre de consultations aurait baissé de 80% et on parlait, avant les vacances scolaires, de 40% d'absentéisme", a-t-il affirmé. Des agents de police seront déployés dans les cars de substitution, qui ont été vandalisés jeudi, ainsi qu'autour des dépôts de bus de la RTM pour "assurer une liberté de travail aux non grévistes". Une dizaine de plaintes ont été déposées depuis le début du conflit, dont huit par des agents de la RTM non grévistes mis en cause dans des tracts insultants, les autres émanant de la société de cars de remplacement pour "dégradations". Plusieurs centaines de membres des forces de l'ordre devaient être affectés à cette mission dès vendredi.

Renforcer la sécurité, et négocier

Sur le volet négociation, un médiateur national, Bernard Brunhes, ex-conseiller social du Premier ministre, tentera de remettre de l'huile dans les rouages lundi. L'inspection du travail des transports tentera également de réunir syndicats et direction de la RTM autour de la table. Les deux plus importants syndicats de la RTM, CGT (35% du personnel) et CFDT (25%), ont loué "la sagesse" de ces décisions et ont indiqué qu'ils étaient prêts à discuter. Le maire UMP de Marseille a pour sa part "approuvé" la tentative de consensus mais a exigé qu'une solution à la crise soit trouvée d'ici le 3 novembre "soit par la négociation, soit par la réquisition".

La partie risque d'être difficile, les syndicats et la communauté urbaine de Marseille restant figés sur leurs positions. Les syndicats veulent un retrait de la délégation de service public (DSP) adoptée par la communauté urbaine comme mode d'exploitation des futures deux lignes de tramway de la ville. La RTM serait associée à l'entreprise privée Connex (Veolia) pour exploiter le tramway si elle remporte la DSP pour laquelle elle est, à ce jour, la seule candidate déclarée. Le maire a réaffirmé vendredi devant quelque 200 commerçants du centre-ville qui manifestaient leur ras-le-bol: "il n'y aura pas de retrait de la DSP, c'est impossible".

Photo d'ouverture : membres des forces de l'ordre protégeant des bus de substitution pour éviter des actes de vandalisme de la part des grévistes - DR

le 28 octobre 2005 à 13:15
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11 Commentaires

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  • Pierre, le 29/10/2005 à 07h48

    Decidemment, Villepin n'a pas la carrure d'un homme d'etat. Toujours a reculer devant les voyous de la CGT. Vive Saro

  • Vastre, le 29/10/2005 à 06h39

    Marseille est bien la capitale mondiale de la "pétaudière". Il faut laisser à la CGT le soin de l'administrer.

  • Alain, le 28/10/2005 à 19h13

    Bravo le gouvernement : un petit pas en avant et trois gigantesques pas en arrière pour ne pas embêter dame CGT !!! Ridicule et méprisable. Vivement Sarko.

  • Henri, le 28/10/2005 à 17h03

    Que dire de ces grévistes qui ont saccagé un bus (avec des passagers) avec pierres et barres de fer ? c'est çà le droit de grève : détruire et casser tout ? bel exemple de cette fange syndicaliste ! A Marseille, on a en assez des syndicats CGT et autres !

  • Christine, le 28/10/2005 à 15h47

    Les bus de substitution sont payés toujours de la poche des Marseillais. Les mêmes Marseillais qui ont payé à la RTM l'abonnement de bus pour octobre, et qui maintenant GALERENT et payent des taxis (ceux qui peuvent)! Vous ne trouvez pas qu'on paye trois fois de notre poche le prix de leur grève? Une grève qui a pour but d'empêcher la communauté urbaine d'offrir aux usagers le meilleur service!! Respecte-elle la loi?? Le transport marseillais est probablement le plus cher en France, avec 1,60 euro le ticket (qui dit mieux?), 40 euro l'abonnement mensuel, ou bien 37 (!!) pour les enfants. Pourquoi on doit payer si cher un service si mauvais??

  • Didier, le 28/10/2005 à 15h22

    Comme d'habitude le gouvernement se couche devant les syndicats (voir SNCM ) quel manque de courage

  • Gerald, le 28/10/2005 à 15h08

    Encore une preuve de la nullité totale de nos gouvernants! Je m'attends à ce qu'on propose bientôt une prime pour la reprise du travail aux saboteurs marseillais en plus, bien entendu, du paiement des jours de grève.

  • Natasha, le 28/10/2005 à 15h04

    Et la vraie regionalisation c'est pour quand??? Le maire de Marseille est elu par la population, lui, et a des comptes a rendre. Il devrait donc avoir plein pouvoir de decision dans son fief, n'en deplaise au roi et a ses sbires. Plus que ras le bol de ce systeme desue!

  • Mathieu, le 28/10/2005 à 14h44

    Inadmissible ! Marre des grèves à répétition, de tous ces mouvements qui durent de plus en plus longtemps... et encore plus à Marseille... C'est sûr, après on comprend pourquoi les français traitent les Marseillais de fainéants ! Tous les commerces de Marseille se plaignent d'un manque à gagner, mais la réquisition n'est pas encore justifiée..., honteux ! Le préfet attend quoi, que les commerces ferment ?

  • Isabelle, le 28/10/2005 à 14h37

    Je suis absolument revolte par le meutre de cet homme d'Epinay. C'est revoltant de vivre dans une telle societe et vraiment tres triste. Le gouvernement est vraiment depassé, nous sommes bien montés avec une telle violence, ça promet, je ne vois pas ce qu'on peut tirer de tels individus criminels.

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