
Le préfet de la région PACA a rejeté vendredi "l'arme lourde de la réquisition", que lui réclamait le maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, pour pallier la grève des traminots, privilégiant la médiation et un renforcement de la sécurité autour des bus et cars en service. Il a estimé que les conditions pour une telle mesure n'étaient pas remplies pour l'instant, sans l'écarter à terme, notamment en prévision de "la date importante" du 3 novembre, jour de la rentrée scolaire. Pour Christian Frémont, réquisitionner des bus et du personnel s'apparente un peu "à l'arme atomique. On préfère ne pas l'utiliser et s'en servir comme dissuasion". Soixante-seize pour cent des Marseillais sont pourtant favorables à une réquisition, selon un sondage réalisé par la Sofres mercredi et jeudi pour le compte de la mairie de Marseille auprès d'un échantillon de 600 personnes.
Le préfet a toutefois annoncé deux types de mesures, soulignant la "gravité" de la situation dans une ville où chaque déplacement est un casse-tête depuis bientôt quatre semaines. "A l'hôpital de la Timone, le nombre de consultations aurait baissé de 80% et on parlait, avant les vacances scolaires, de 40% d'absentéisme", a-t-il affirmé. Des agents de police seront déployés dans les cars de substitution, qui ont été vandalisés jeudi, ainsi qu'autour des dépôts de bus de la RTM pour "assurer une liberté de travail aux non grévistes". Une dizaine de plaintes ont été déposées depuis le début du conflit, dont huit par des agents de la RTM non grévistes mis en cause dans des tracts insultants, les autres émanant de la société de cars de remplacement pour "dégradations". Plusieurs centaines de membres des forces de l'ordre devaient être affectés à cette mission dès vendredi.
Renforcer la sécurité, et négocier
Sur le volet négociation, un médiateur national, Bernard Brunhes, ex-conseiller social du Premier ministre, tentera de remettre de l'huile dans les rouages lundi. L'inspection du travail des transports tentera également de réunir syndicats et direction de la RTM autour de la table. Les deux plus importants syndicats de la RTM, CGT (35% du personnel) et CFDT (25%), ont loué "la sagesse" de ces décisions et ont indiqué qu'ils étaient prêts à discuter. Le maire UMP de Marseille a pour sa part "approuvé" la tentative de consensus mais a exigé qu'une solution à la crise soit trouvée d'ici le 3 novembre "soit par la négociation, soit par la réquisition".
La partie risque d'être difficile, les syndicats et la communauté urbaine de Marseille restant figés sur leurs positions. Les syndicats veulent un retrait de la délégation de service public (DSP) adoptée par la communauté urbaine comme mode d'exploitation des futures deux lignes de tramway de la ville. La RTM serait associée à l'entreprise privée Connex (Veolia) pour exploiter le tramway si elle remporte la DSP pour laquelle elle est, à ce jour, la seule candidate déclarée. Le maire a réaffirmé vendredi devant quelque 200 commerçants du centre-ville qui manifestaient leur ras-le-bol: "il n'y aura pas de retrait de la DSP, c'est impossible".
Photo d'ouverture : membres des forces de l'ordre protégeant des bus de substitution pour éviter des actes de vandalisme de la part des grévistes - DR
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