Un pouvoir d'achat qui stagne

le 03 octobre 2005 à 17h00 , mis à jour le 04 octobre 2005 à 08h37

Au coeur des revendications syndicales ce mardi, le pouvoir d'achat des salariés n'a pour ainsi dire pas progressé depuis 2003. Une situation qui préoccupe les ménages, mais aussi les économistes, qui y voient la première cause de l'atonie de la demande.

femme achat course ménage © INTERNE

Le pouvoir d'achat des Français ne progresse que très faiblement depuis trois ans, freinant la consommation des ménages contraints de débourser par ailleurs davantage pour l'immobilier ou l'énergie. En hausse de plus de 3% par an de 1998 à 2002, le pouvoir d'achat subit un coup de frein très net depuis 2003. Le "revenu disponible brut réel" tel que le définit l'Insee, c'est à dire l'ensemble des revenus disponibles corrigé de l'inflation, n'a progressé que de 0,4% en 2003 puis de 1,4% en 2004. La tendance devrait être à peine plus favorable en 2005, avec un chiffre compris entre 1,5 et 2%, selon Michel Devilliers, économiste de l'Institut. Par foyer, le pouvoir d'achat affiche une évolution encore plus morose, avec un recul de 0,6% en 2003 puis une légère hausse de 0,4% l'année suivante.

Outre les ménages, qui la subissent, la faible progression du revenu disponible d'achat des ménages préoccupe les économistes qui y voient l'un des principaux freins à la consommation et donc in fine à la croissance. Car même si les ménages peuvent un temps puiser dans leur épargne, au final, "s'il n'y a pas de pouvoir d'achat, les gens ne peuvent pas consommer", souligne Michel Devilliers. Les dépenses de consommation des ménages, très dynamiques au début des années 2000, n'ont progressé que de 2% en 2004, observe-t-il.

Les ménages ont subi de plein fouet l'envolée de l'immobilier

Faible croissance, chômage... Les causes du phénomène sont multiples. Pour Nicolas Bouzou, économiste chez Xerfi, "la faiblesse de l'augmentation du pouvoir d'achat est liée avant tout au manque de vigueur des créations d'emplois dans le secteur privé". Souvent en position d'accusée, l'inflation joue également un rôle. Même si elle est restée sage globalement (2,1% en 2004), la hausse des prix de certains produits a été durement ressentie. Car les priorités des Français ont changé. Dans les années 60, ils consacraient en moyenne 27,5% de leur budget à l'alimentation et 12,5% à leurs dépenses de logement, rappelle une récente étude du CREDOC (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie). Quarante ans plus tard, ils font l'inverse avec 14,4% du budget dédié à l'alimentation et 24,5% au logement. Les ménages ont donc subi de plein fouet l'envolée des tarifs de l'immobilier et n'ont que marginalement profité de la baisse des prix des produits de grande consommation en grandes surfaces.

Selon une étude de l'Institut national de la consommation (INC) publiée dans "60 millions de consommateurs", les hausses de prix du tabac, des loyers et des carburants sont en tête des postes de dépenses qui ont le plus contribué à dégrader le pouvoir d'achat des Français depuis juin 2001. En quatre ans, les hausses de prix ont absorbé l'essentiel des revalorisations salariales, estiment les économistes de l'INC. L'apparition de nouveaux postes de dépenses, notamment la téléphonie mobile, "rogne" elle aussi le pouvoir d'achat, souligne l'étude du CREDOC. Le gouvernement a affiché sa volonté de lutter contre cette érosion en multipliant les pressions sur la grande distribution, les compagnies pétrolières ou les opérateurs de télécommunications afin d'obtenir une modération des prix. Les syndicats demanderont mardi quant à eux une revalorisation des salaires dans les secteurs public et privé ainsi que l'instauration d'une prime de transport pour l'ensemble des salariés.

le 03 octobre 2005 à 17:00
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26 Commentaires

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  • Stéphane, le 04/10/2005 à 14h50

    Qu'est ce qui vous empèche de moins faire joujou avec votre teléphone mobile (SMS, achats de sonnerie des bronzés, etc), Rien Qu'est ce qui vous empêche d'arrêter de fumer au lieu de claquer des fortunes en cigarettes, RIEN Qu'est ce qui vous empêche de rouler en twingo plutôt qu'en RAV 4 (a part en mettre plein la vue), ou mieux, aller chercher votre baguette ou vos mioches à 200 m et d'y aller à pied plutôt que les fesses en voiture, RIEN Alors arrêter de nous enmerder en pleurnichant sans cesse, en nous prennant en otage systematiquement, vous êtes une société d'assisté qui crois que tout lui est dû ! Ouvrez les yeux, le monde à changé, vous pleureurez bientôt pour de bon si vous continuez dans cet état d'esprit Faites comme moi, arrêtez de donner de l'argent bêtement à l'état et attendez des jours meilleurs, au lieu de bouffer la feuille et le pain de ceux qui croient encore en l'avenir. Ce ne sont pas les plus pauvres qui sont dans la rue, loin de là ! Pauvre France.

  • Winny, le 04/10/2005 à 13h36

    Effectivement, le pouvoir d achat des Français ne cesse d augmenter, mais pourquoi si peu ? Le calcul est plutot facile : Les prix de la « grande » distribution, n ont jamais baisses, mais on a modifie les parametres de mesure pour ces depenses. Les « salaires » des « responsables »des grandes entreprises explosent ? Devillepin en tient compte pour leurs baisser le taux d imposition sur le revenu en plus (et de 20% sur la derniere tranche quand meme !!) tandis qu il augmente brutalement le taux d imposition pour les tranches dites « moyennes » (avec nos salaires d environ 1700 euros/mois, ca nous fera payer 110 euros de plus PAR MOIS). Conclusion : Quelques Français, qui vivaient deja grassement avant, voient augmenter leur pouvoir d achat exploser, tandis que la « France d en bas », qui represente quand meme 98% de la population s entasse dans la merde. Felicitons le gouvernement sa cette politique ! Comme je ne peux faire autrement que de considerer TF1 pour un instrument de la propagande gouvernementale, je serais etonne de voir mon commentaire publie !

  • Jacques(a), le 04/10/2005 à 12h33

    L'article est pas mal cependant mettre en avant le hausse du prix du tabac et l'utilisation de la téléphonie mobile comme dépenses principales ayant érodées le pouvoir d'achat est surprenante car ces deux dépenses sont surtout liées au comportement de chaque individu et ne s'avèrent pas etre une nécessitée absolut.

  • Pierre, le 04/10/2005 à 12h25

    Un pouvoir d'achat qui stagne...et pourquoi devrait-il toujours augmenter ? Et pourquoi on devrait toujours gagner plus ? Et pourquoi il n'y a pas de croissance ? Et pourquoi on travaillerait pas moins ? Et pourquoi on a tant de chomeurs ? C'est pourtant simple : pour gagner de l'argent (les citoyens, le pays tout entier), il faut générer de la valeur. Pour cela, à part travailler et créer de la valeur ajoutée, je ne vois pas... Le Paradis n'existe pas et il n'y a pas de miracles (sauf à Lourdes parait-il). Vue la quantité de gens qui ont un boulot qui ne les intéresse pas (parce que rien ne les intéresse), ceux qui ne veulent pas des boulots qu'on leur propose (parce qu'ils rêveraient d'être PDG ou ont la nostalgie de la spéculation boursière), et ceux qui n'en ont pas (et qui sont contents de vivre aux crochets de la société), il est difficile de s'attendre à autre chose. Alors SVP, cessez de publier des articles qui semblent n'avoir pour seul objectif que d'entretenir la morosité générale. Merci de me publier :-)

  • Raf, le 04/10/2005 à 12h14

    Qu'ils commencent par réduire le prix du carburant et du tabac...

  • Sebastien, le 04/10/2005 à 12h07

    Une journée de grève = 0,4% de pouvoir d'achat en moins sur l'année, réfléchissez à ce petit calcul.

  • Jacques, le 04/10/2005 à 11h59

    A n'en pas douter, la manipulation des stastistiques et des chiffres est une activité en pleine expansion ! par curiosité demandez a un smicard ou a un retraité ce qu'ils pensent de la "STAGNATION" du pouvoir d'achat ! Par curiosité, si toutefois c'est encore une qualité des journalistes de notre epoque, demandez à l'INSEE de retirer les ecrans plasma de la liste des 250 articles de reference et publiez l'indice qui en découle !

  • Saint-marc, le 04/10/2005 à 11h38

    Si le pouvoir d'achat ne faisait que stagner, tout irait bien, mais les prélèvements obligatoires augmentent de façon anormale et proportionnelle à celle des sangsues du système .

  • Alain, le 04/10/2005 à 11h09

    Les grands specialistes en économie ont découvert que le pouvoir d'achat des francais avait baissé . Comment se fait'il que le gouvernement ne l'ai pas remarqué ? Les ministres de Mr Villepin ne sont pas aussi observateurs. Seraient'ils surpayés par rapport a leur à leur efficacité au travail ? Laissez moi rigoler .....

  • Xx, le 04/10/2005 à 10h47

    Forcement l'etat dit qu'ils baissent les impots, mais tous les prix augmentent constament, les taxes en tout genre permet d'en recolter deux fois plus, les salaires sont bloqués, ca devient n'importe quoi. Faut pas etre surpris, regardez vos budgets et vos salaires, Messieurs, Mesdames.

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