SNCM : "Le compte n'y est pas"

le 04 octobre 2005 à 18h25 , mis à jour le 06 octobre 2005 à 09h16

La réunion entre syndicats et ministres sur l'avenir de la SNCM a pris fin mercredi peu avant 20h30. Le gouvernement a proposé "une nouvelle répartition" du capital dans laquelle la part des salariés serait portée à 9%. "Insuffisant", juge le secrétaire général des marins CGT de Marseille, selon qui l'Etat doit "revoir sa copie".

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La rencontre de mercredi, à Marseille, entre les syndicats de marins et les ministres du Transport et de l'Economie sur l'avenir de la Société Nationale Corse Méditerranée, s'est achevée en soirée sur un nouveau constat de désaccord. Thierry Breton a indiqué qu'il avait proposé de porter à 9% la part des salariés dans le capital de la SNCM. Mais cette proposition a été rejetée par la CGT.

"Après concertation avec les partenaires, a déclaré le ministre de l'Economie à la presse à l'issue de la rencontre, nous avons proposé que le tour de table définitif soit le suivant : les deux partenaires - Butler Capital Partners (BCP) et Connex (Veolia) - acceptent de réduire chacun d'entre eux leur participation de 2%, de façon à ce que les personnels puissent bénéficier des 4% ainsi disponibles et passer leur participation de 5% à 9%". La répartition du capital serait la suivante : 38% BCP, 28% Connex, 25% Etat, 9% salariés", a précisé le ministre. La société serait dirigée par un directoire présidé par un membre de Connex, ainsi que par un conseil de surveillance de 14 membres : 4 représentant BCP, 3 Connex, 3 le gouvernement, 2 les salariés et 2 les actionnaires salariés.

Exigences européennes

"L'Etat doit revoir sa copie. Le compte n'y est pas", a rétorqué le secrétaire général des marins CGT de Marseille, Jean-Paul Israël. "Nous, on dit que l'Etat doit rester majoritaire", a-t-il martelé, tout en glissant : "rien n'est réglé mais la porte n'est pas fermée". "Il n'y a pas de volonté politique de sauver la compagnie, on va continuer à se battre, il n'y a pas eu de vraie discussion", a de son côté déclaré Bernard Marty, secrétaire CGT du Comité d'entreprise de la compagnie maritime publique. Jeudi matin, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a précisé que, selon lui, "le fait que des salariés deviennent potentiellement actionnaires d'une partie du capital de leur entreprise ne les protège en rien quant à leur statut de salarié et ne préserve en rien les activités de l'entreprise."

Le secrétaire national de la branche marins du Syndicat des travailleurs corses (STC), Alain Mosconi, a répété quant à lui, sa proposition de transformer la SNCM en une compagnie régionale publique corse. "Il y a une volonté du gouvernement de privatiser et d'offrir aux petits copains la structure navale de la SNCM", a-t-il déclaré sur Radio Corsica Frequenza Mora (RCFM). "Nous, nous pensons que cette structure navale doit servir aux intérêts de la Corse, de son développement économique et social", a-t-il ajouté.

Lors d'une intervention mercredi matin sur Europe 1, Thierry Breton avait pourtant réaffirmé l'impossibilité pour l'Etat de rester majoritaire dans le capital de l'entreprise, répétant qu'il n'irait pas au-delà de 25%, conformément à la législation européenne. "On est allé voir avec Bruxelles le maximum de ce que l'on pouvait faire sans que l'on demande d'autres contreparties comme éventuellement des suppressions de bateaux (..) et donc c'est 25% maximum" pour la part publique, qui comprend "Etat et les collectivités" locales" avait-il précisé.

La SNCM au centre d'une réunion des élus corses au ministère de l'Intérieur

La situation de la SNCM a été au coeur mercredi soir de la rencontre d'élus corses avec le directeur du cabinet du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, a déclaré l'un d'entre eux à l'issue de la réunion. "J'espère que les acteurs à Marseille sauront comprendre qu'il n'y a plus de poker menteur. Il y a aujourd'hui une réalité qui est immédiate, c'est la sauvegarde de l'entreprise", a déclaré Camille de Rocca Serra, député, président UMP de l'Assemblée de Corse, à des journalistes. Pour lui, "il faut accepter les propositions, quitte à les faire évoluer dans un sens positif sur certains points", évoquant notamment le montant du capital de la société dévolu à ses salariés. A cet égard, l'élu a noté que cette part pouvait "évoluer", mais pas au point de "faire fuir les partenaires privés".

Photo : montage. A gauche Dominique Perben et Thierry Breton, à droite Jean-Paul Israël, quelques minutes après la fin de la réunion de mercredi à Marseille - DR

le 04 octobre 2005 à 18:25
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