SNCM : le compte à rebours

le 11 octobre 2005 à 20h11 , mis à jour le 12 octobre 2005 à 07h36

Alors que la plupart des syndicats veulent suspendre la grève, la CGT demande avant à l'Etat de reprendre le dialogue. Le préfet a refusé alors que la cessation de paiments se profile en fin de semaine si le travail ne reprend pas demain.

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L'échéance se rapproche pour la SNCM. Le PDG de la compagnie, Bruno Vergobbi, a déclaré mardi soir, à l'issue d'un comité d'entreprise qui se tenait en préfecture de région à Marseille, que sauf reprise du travail, la compagnie se retrouverait "en cessation de paiement vendredi ou samedi". Une menace qu'il avait déjà évoquée la veille ; mais cette fois, il s'est montré plus précis. La cessation de paiement aboutirait "d'une manière inéluctable et mécanique à un dépôt de bilan", ce qui "pourrait conduire rapidement à une liquidation de la compagnie et la liquidation, c'est 2.200 lettres de licenciement envoyées aux salariés. Ce serait dramatique d'en arriver là alors que nous avons un projet de reprise solide et cohérent". Une analyse assortie d'un nouveau message aux syndicats : "Je ne peux qu'appeler à la responsabilité de chacun. Je crois que les heures sont comptées".

Devant cette menace qui se précise, la grève perd des soutiens. La CGC, troisième syndicat de la compagnie maritime publique, derrière la CGT et le STC (Syndicat des travailleurs corses),  a appelé mardi soir à la "suspension de la grève". Au 22e jour de conflit, la CGC a ainsi estimé dans un communiqué que le plan de sauvetage proposé par le gouvernement contient des éléments "pouvant ouvrir la négociation sur un projet d'entreprise". Lundi, les deux principaux syndicats d'officiers de la SNCM, ainsi que Force ouvrière, syndicat minoritaire dans la compagnie, avaient déjà appelé à une reprise du travail.

Gaudin accuse le STC

La CGT, qui refuse toujours farouchement les conditions du plan de sauvetage gouvernemental, se retrouve de plus en plus isolée et demande à nouveau "la reprise des négociations". Alors même qu'elle avait refusé, mardi, de siéger au CE, et qu'elle avait quitté, la veille, la réunion du conseil d'administration de la compagnie sans prendre part au vote, ses représentants ont rencontré pendant près de deux heures mardi le préfet de la région PACA. "A priori, il y aurait une amorce de renouement de dialogue, on semble sentir qu'il va y avoir de nouvelles discussions. C'est comme si on était au premier jour", a déclaré Bernard Marty, le secrétaire CGT du comité d'entreprise de la SNCM. De son côté, le préfet Christian Frémont a indiqué avoir dit d'emblée à la CGT que "la situation était d'une telle gravité, avec quelques jours ou quelques heures pour en sortir, que le moment n'était plus à discuter des grands projets mais à comment envisager la reprise du travail".

Un apparent mollissement qui intervient alors que, dans un entretien au quotidien La Croix, le maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, met en accusation l'un des protagonistes du conflit, le STC. Il affirme ainsi que "le Syndicat des travailleurs corses voudrait que tout capote, que l'on aille au dépôt de bilan. Cela permettrait selon lui à la collectivité territoriale de Corse et au conseil régional de PACA de créer conjointement une compagnie régionale, alors même que la collectivité territoriale s'est déjà exprimée contre une telle solution. Quant au conseil régional de PACA, il est loin d'en avoir les moyens financiers". En ce qui concerne la marge de négociation, souligne-t-il, "les syndicats avaient posé au gouvernement une série de 16 questions et sur chacun de ces points, ils ont obtenu des garanties. Maintenant, l'Etat ne bougera pas".

Le conflit de la SNCM profite au port de Sète

Le port de Sète connaît depuis trois semaines, début du conflit à la SNCM, un accroissement de son trafic, avec des paquebots ou porte-conteneurs à destination de Marseille mais déroutés vers le port héraultais. Quelque 8.200 voyageurs supplémentaires ont transité au cours des trois dernières semaines par Sète qui a également accueilli sur les 15 derniers jours, cinq porte-conteneurs et un paquebot de 400 passagers. A Marseille en revanche, la grève au Port autonome, déclenchée pendant le conflit de la SNCM et suspendue depuis lundi soir, a coûté sept millions d'euros à l'entreprise, selon la direction du port.

Photo d'ouverture : le président de la SNCM, Bruno Vergobbi, s'exprimant mardi soir à la sortie du CE - DR

le 11 octobre 2005 à 20:11
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