SNCM : entre impasse et menaces

le 08 octobre 2005 à 09h24 , mis à jour le 09 octobre 2005 à 14h37

La crise était toujours totale samedi, 48 heures avant un conseil d'administration sur un éventuel dépôt de bilan de la SNCM. Un mouvement clandestin corse a fait irruption en menaçant la "sécurité" des éventuels repreneurs de la compagnie.

SNCM

Lundi, un conseil d'administration de la SNCM se prononcera peut être pour un dépôt de bilan de la compagnie maritime en voie de privatisation. Samedi, un mouvement indépendantiste clandestin corse a menacé les repreneurs pressentis de la SNCM. "L'Etat français vous a provisoirement entrouvert la porte du capital de l'entreprise, nous vous la refermons définitivement", affirme le FLNC dit "du 22 octobre", dans une lettre authentifiée auprès d'une radio insulaire. "Votre présence, ainsi que celle de vos associés est indésirable sur notre terre, oubliez votre offre, il en va de votre sécurité", poursuit le mouvement clandestin.

"Des fossoyeurs de la SNCM"

Le fonds d'investissement Butler Capital Partners et la société de transport Connex (Veolia) sont candidats à la reprise de la SNCM, 25% du capital demeurant à l'Etat et 9% allant aux salariés, selon le dernier montage proposé par le gouvernement. Le communiqué accompagnant la lettre accuse nommément Walter Butler, PDG de Butler Capital Partners, et le Premier ministre Dominique de Villepin d'être "des fossoyeurs de la SNCM".

A Ajaccio, jouant au contraire la décrispation, la quasi-totalité des mouvements nationalistes corses, le Syndicat des travailleurs corses (STC) et d'autres syndicats ont annoncé, au cours d'une conférence de presse, la mise en route d'une "cellule de crise" visant à "éviter l'asphyxie de l'île". "Il n'y aura pas de blocus de la Corse", ont-ils assuré.

A 48 heures d'un conseil d'administration crucial sur l'avenir de la SNCM, les positions des syndicats et du gouvernement étaient toujours aussi éloignées. "Les marins décompressent ce matin. Je pense qu'il ne va rien se passer avant lundi. Nous sommes toujours demandeurs d'une rencontre avec le gouvernement, mais certainement pas avec les repreneurs", a déclaré Jean-Paul Israël, secrétaire des marins CGT de Marseille. Les marins CGT de la SNCM, opposés à la privatisation de la compagnie et pour une participation majoritaire de l'Etat, ont manifesté leur volonté de "généraliser" le conflit.

1,5 million d'euros de perte chaque semaine

A Marseille ce week-end, Walter Butler et Stéphane Richard, directeur de Connex, gardaient "leur porte ouverte" pour présenter leur projet à "ceux qui voudraient l'entendre". Seuls les officiers de la SNCM ont répondu à cette invitation vendredi.

Le PDG de la SNCM Bruno Vergobbi a mis en avant, dans La Provence, la "chance" que représentait leur offre de reprise, alors que la compagnie "perd 1,5 million (d'euros) par semaine depuis le début du conflit". Il a également clairement évoqué le dépôt de bilan de la société "qui se fera dans les jours qui suivent lundi", si "rien n'évolue" d'ici là. Une hypothèse qualifiée de "chantage" par la CGT.

En ce qui concerne l'autre conflit marseillais, celui du personnel du Port autonome (PAM), les personnels CGT qui menaient une grève depuis le 27 septembre ont décidé samedi la reprise du travail à partir de lundi, à la suite d'une réunion avec la direction. En revanche les agents du terminal pétrolier de Lavera ont décidé de poursuivre leur action. Selon la CGT portuaire, les agents de Lavera entendent obtenir "une prime de reprise de 300 euros promise par le directeur général du port" pour cesser le mouvement. Sur le fond du dossier, la CGT qui a rencontré la direction du PAM à la préfecture de région samedi après-midi à Marseille, a relevé des "avancées" sur le dossier de la privatisation. Elle s'est toutefois réservé le droit de reprendre l'action pour le cas où des négociations sur l'ensemble du cahier de revendications ne s'ouvriraient pas dans les quinze jours.

le 08 octobre 2005 à 09:24
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20 Commentaires

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  • William, le 09/10/2005 à 13h56

    1,5 millions d'euros de perte par semaine, c'est 6 millions d'euros par mois. Avec 2400 employés, ça représente 2500 euros DE PERTE par employé par mois ! INCROYABLE ! La liquidation est la seule solution envisageable pour se débarasser d'un tel cancer à mon avis.

  • Pablo, le 09/10/2005 à 11h49

    Les reactions précedentes me font sourire... je voudrais bien connaitre la situation sociale des intervenants... Totalement solidaire des marins pour la défense de leur travail de la SNCM que le gouvernement veut brader au privé(à nos frais) !

  • Philoxera, le 09/10/2005 à 11h32

    Les agents du port autonome de Marseille font grève, sabotent l'image du port, et demandent 200 euros de prime de reprise de travail... on croît rêver!

  • Thierry, le 09/10/2005 à 00h27

    Ils demandent une prime de "reprise" de 300? pour bosser après la grève .... je crois réver .....

  • Franck, le 08/10/2005 à 21h08

    Les syndicats, les grèves, les manifs à répétition, la médiocrité ambiante, la fuite des cerveaux,les esprits limités ect... on était le pays le plus glorieux au monde il y a pas si longtemps que ça on tombe dans une déchéance irrémidiable à cause de ... quelques milliers de parasites !!! que se passe-t-il ??????

  • Laurent, le 08/10/2005 à 19h31

    Si la SNCM dépose son bilan, j'entends déjà la CGT dire que c'est parce qu'on a voulu privatiser que la boite a coulé

  • ., le 08/10/2005 à 19h08

    Ce n'est plus une grève , c'est presque du terrorisme ! Il faut réprimer ce genre d'action . C'est une atteinte à la liberté de chacun . C'est encore une minorité de violents qui fait la loi .Combien de sociétés ont déjà fermé , au moment ou l'on dépense plus d'argent que l'on en gagne ce n'est plus viable , et ce n'est parce-que c'est la corse , département Français comme les autres, que celà est différent .

  • Antoine, le 08/10/2005 à 15h37

    Il faut nommer Fabius President de la SNCM et Lang a la direction generale : avec de telles pointures, nul doute que la situation sera rapidement retablie ! Seuls de veritables socialistes issus du peuple et prets a travailler avec les forces de liberte et de progres que sont la CGT et les autonomistes corses peuvent retablir une situation prospere en France : Nous pourrons alors tous - comme a la SNCM - prendre 2 mois de vacances en ete et nous mettre en arret de travail les 6 mois d'hiver parceque nous avons le mal de mer !

  • Emmanuelle, le 08/10/2005 à 15h29

    En lisant ce dossier corse et etant 100 pour cent d'origine corse, j'ai même honte de le dire, j'eviterai a l'avenir d'y aller et je deplore qu'une partie de la population mafieuse prenne en otage le reste de l'Ile. Il n'y a plus de bandit d'honneur sur l'Ile mais des bandits tout court ! une "corse" en colère

  • Christian, le 08/10/2005 à 14h48

    La seule chose sensée qui reste a faire?? déposer le bilan ! et apres on verra ce que ces tarés d'indépendantistes et de syndicalistes feront....en tout cas moi j'en ai marre de payer ces gens la avec mes impots..

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