
Lundi, un conseil d'administration de la SNCM se prononcera peut être pour un dépôt de bilan de la compagnie maritime en voie de privatisation. Samedi, un mouvement indépendantiste clandestin corse a menacé les repreneurs pressentis de la SNCM. "L'Etat français vous a provisoirement entrouvert la porte du capital de l'entreprise, nous vous la refermons définitivement", affirme le FLNC dit "du 22 octobre", dans une lettre authentifiée auprès d'une radio insulaire. "Votre présence, ainsi que celle de vos associés est indésirable sur notre terre, oubliez votre offre, il en va de votre sécurité", poursuit le mouvement clandestin.
"Des fossoyeurs de la SNCM"
Le fonds d'investissement Butler Capital Partners et la société de transport Connex (Veolia) sont candidats à la reprise de la SNCM, 25% du capital demeurant à l'Etat et 9% allant aux salariés, selon le dernier montage proposé par le gouvernement. Le communiqué accompagnant la lettre accuse nommément Walter Butler, PDG de Butler Capital Partners, et le Premier ministre Dominique de Villepin d'être "des fossoyeurs de la SNCM".
A Ajaccio, jouant au contraire la décrispation, la quasi-totalité des mouvements nationalistes corses, le Syndicat des travailleurs corses (STC) et d'autres syndicats ont annoncé, au cours d'une conférence de presse, la mise en route d'une "cellule de crise" visant à "éviter l'asphyxie de l'île". "Il n'y aura pas de blocus de la Corse", ont-ils assuré.
A 48 heures d'un conseil d'administration crucial sur l'avenir de la SNCM, les positions des syndicats et du gouvernement étaient toujours aussi éloignées. "Les marins décompressent ce matin. Je pense qu'il ne va rien se passer avant lundi. Nous sommes toujours demandeurs d'une rencontre avec le gouvernement, mais certainement pas avec les repreneurs", a déclaré Jean-Paul Israël, secrétaire des marins CGT de Marseille. Les marins CGT de la SNCM, opposés à la privatisation de la compagnie et pour une participation majoritaire de l'Etat, ont manifesté leur volonté de "généraliser" le conflit.
1,5 million d'euros de perte chaque semaine
A Marseille ce week-end, Walter Butler et Stéphane Richard, directeur de Connex, gardaient "leur porte ouverte" pour présenter leur projet à "ceux qui voudraient l'entendre". Seuls les officiers de la SNCM ont répondu à cette invitation vendredi.
Le PDG de la SNCM Bruno Vergobbi a mis en avant, dans La Provence, la "chance" que représentait leur offre de reprise, alors que la compagnie "perd 1,5 million (d'euros) par semaine depuis le début du conflit". Il a également clairement évoqué le dépôt de bilan de la société "qui se fera dans les jours qui suivent lundi", si "rien n'évolue" d'ici là. Une hypothèse qualifiée de "chantage" par la CGT.
En ce qui concerne l'autre conflit marseillais, celui du personnel du Port autonome (PAM), les personnels CGT qui menaient une grève depuis le 27 septembre ont décidé samedi la reprise du travail à partir de lundi, à la suite d'une réunion avec la direction. En revanche les agents du terminal pétrolier de Lavera ont décidé de poursuivre leur action. Selon la CGT portuaire, les agents de Lavera entendent obtenir "une prime de reprise de 300 euros promise par le directeur général du port" pour cesser le mouvement. Sur le fond du dossier, la CGT qui a rencontré la direction du PAM à la préfecture de région samedi après-midi à Marseille, a relevé des "avancées" sur le dossier de la privatisation. Elle s'est toutefois réservé le droit de reprendre l'action pour le cas où des négociations sur l'ensemble du cahier de revendications ne s'ouvriraient pas dans les quinze jours.
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