
"Marins et syndicats" de la SNCM "se partageaient depuis des lustres et en toute illégalité une partie importante de l'argent" des ventes de produits à bord, selon Le Parisien/Aujourd'hui de lundi qui cite des experts liés aux futurs repreneurs. La SNCM, qui va faire l'objet d'un plan de reprise, n'était pas joignable dans l'immédiat lundi matin pour commenter cette information. Quant à la Connex, futur repreneur, elle niait lundi matin toute responsabilité dans ces accusations.
"C'est en épluchant les comptes de la SNCM (Société nationale Corse-Méditerranée) que l'on a compris qu'il y avait un petit problème à bord. Alors que la compagnie concurrente Corsica Ferries annonçait réaliser presque un tiers de son chiffre d'affaires grâce à la seule vente de produits dérivés à bord de ses navires (...), la SNCM, elle, présentait un bilan quasi nul sur ce poste", explique un expert.
La CGT réfute
Selon un responsable marseillais, cité aussi par le Parisien, les marins "arrondissaient ainsi sérieusement leurs fins de mois" tandis qu'une "partie des 'prises' de la SNCM était recyclée dans le commerce local". Parmi les ventes, Le Parisien cite le tabac, l'alcool, la restauration et les produits dérivés. "Pendant des années, les ventes à bord ont ainsi financé de nombreuses caisses noires marseillaises et corses", explique toujours dans le journal un haut fonctionnaire.
Le secrétaire général de la CGT-marins de Marseille , Jean-Paul Israël a "réfuté complètement" toute implication de son syndicat dans un "quelconque trafic". S'il existe des détournements éventuels, "qu'ils soient petits ou organisés", c'est à "la direction qu'il appartient de régler le problème", a-t-il ajouté. "La CGT ne défendrait pas quelqu'un pris en flagrant délit de vol ou contre qui il existerait des preuves", a-t-il poursuivi.
"J'ai l'impression qu'il s'agit là plutôt d'un contre-feu par rapport à d'autres dimensions financières de ce dossier, où depuis des années, la gestion de cette compagnie n'a pas toujours répondu à des critères d'orthodoxie financière", a déclaré Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral de la CGT, sur la radio BFM. "Cela vise sans doute aussi à dissimuler les conditions à nos yeux extrêmement favorables de transfert de cette entreprise à des investisseurs privés", a-t-il ajouté.
| Le repreneur veut s'inscrire dans la durée |
L'investisseur Walter Butler affirme qu'il s'engage pour au moins cinq ans dans sa prise de participation dans le capital de la SNCM, dans un entretien au quotidien Les Echos publié lundi. M. Butler reconnaît qu'il existe encore "plusieurs conditions suspensives" telles qu'un accord sur les conditions de travail, une décision finale de Bruxelles sur le plan de sauvetage, et le résultat du prochain appel d'offres de la collectivité territoriale de la Corse sur la délégation de services publics, actuellement confiée à la SNCM. Sur les conditions de travail, il précise avoir eu des "échanges positifs avec la CGT". Il nie enfin avoir réalisé une bonne opération financière à peu de frais car "si c'était facile, il n'y aurait pas eu au final que deux offres". Par ailleurs, on a appris lundi que le prochain patron de la SNCM sera l'actuel responsable de la société Connex pour la région Paca, Gérard Couturier. Butler Capital Partners va reprendre 38% de la SNCM parallèlement à la Connex (Veolia), qui va reprendre 28%, tandis que 9% iront aux salariés et 25% à l'Etat. |
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