
Après avoir tenu des propos alarmant sur un possible placement en cessation de paiement, le président de la SNCM, Bruno Vergobbi ne s'est pas rendu mardi matin au comité d'entreprise de la SNCM et ce dernier n'a pu avoir lieu. Il a été repoprté à mardi après-midi. Bruno Vergobbi était entendu par le président du tribunal de commerce de Marseille sur la situation de la société que le gouvernement veut privatiser.
La veille, lors d'un conseil d'administration crucial, a été présenté le plan de sauvetage du gouvernement. Plan que refusent toujours les syndicats. Ils l'ont redit lundi soir en quittant le conseil d'administration avant la fin des discussions, et sans participer au vote sur le projet. "On assiste, comme ce matin, au diktat de l'Etat. (...)Ils seront bien obligés d'écouter les pistes qui sont les nôtres. Le plan ne se fera pas sans les salariés", a estimé le délégué CGT. Le dépôt de bilan n'a donc pas été prononcé lundi, mais la résolution une fois votée sans les syndicats, le président de la SNCM, Bruno Vergobbi, a prévenu : une mise en cessation de paiement serait "inévitable" selon lui, et ce "avant la fin de la semaine", si le travail ne reprenait pas et si le plan de sauvetage de la compagnie n'était pas mis en oeuvre.
Mardi matin, Thierry breton a "appelé à la responsabilité de chacun" et affirme avoir fait le "travail d'explication", ajoutant que "maintenant c'est à l'entreprise de prendre son destin en main". "Si jamais ce destin n'est plus dans les mains de l'entreprise mais dans celles du tribunal de commerce, alors c'est un autre avenir, alors c'est l'inconnu", a poursuivi le ministre de l'Economie sur RTL.
"Ça suffit !"
Si la position reste toujours aussi dure au sein des marins CGT de la SNCM (lundi, peu après la rencontre avec Thierry Breton et Dominique Perben, ils ont voté la poursuite de la grève pour la 21e journée consécutive), en revanche, des signes de mollissement apparaissent ailleurs. Les deux principaux syndicats d'officiers - le Syndicat national et professionnel des officiers de la marine marchande ainsi que l'Ugict-CGT de la SNCM, ont appelé lundi dans l'après-midi à suspendre la grève, tout comme les marins et sédentaires FO, syndicat minoritaire à la SNCM.
Sur le port, la grève des agents CGT du port autonome de Marseille (PAM), lancée le 27 septembre - une semaine après la SNCM -, pour protester contre les menaces de privatisation du port, a pris fin lundi. Les protestations contre les grèves affectant durement Marseille se multiplient par ailleurs : "l'affaire a assez duré", a déclaré le président du groupe UMP au Sénat Josselin de Rohan en évoquant la grève à la SNCM. "Ça suffit", a lancé le maire UMP de Marseille Jean-Claude Gaudin. Selon lui, les grèves placent la ville dans une "situation catastrophique".
Photo d'ouverture : le président de la SNCM, Bruno Vergobbi, lundi soir à l'issue du CA de la SNCM - DR
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