La SNCM menacée de cessation de paiement

le 10 octobre 2005 à 13h35 , mis à jour le 11 octobre 2005 à 11h19

Faute d'une reprise du travail à la SNCM, la cessation de paiement sera "inévitable avant la fin de la semaine", a annoncé lundi soir le PDG de la compagnie à l'issue d'un conseil d'administration. Plus tôt dans la journée, une énième réunion gouvernement-syndicat n'avait permis aucun progrès. En revanche, la grève a été suspendue au Port autonome de Marseille.

sncm_vergobbi

Après avoir tenu des propos alarmant sur un possible placement en cessation de paiement, le président de la SNCM, Bruno Vergobbi ne s'est pas rendu mardi matin au comité d'entreprise de la SNCM et ce dernier n'a pu avoir lieu. Il a été repoprté à mardi après-midi. Bruno Vergobbi était entendu par le président du tribunal de commerce de Marseille sur la situation de la société que le gouvernement veut privatiser.

La veille, lors d'un conseil d'administration crucial, a été présenté le plan de sauvetage du gouvernement. Plan que refusent toujours les syndicats. Ils l'ont redit lundi soir en quittant le conseil d'administration avant la fin des discussions, et sans participer au vote sur le projet. "On assiste, comme ce matin, au diktat de l'Etat. (...)Ils seront bien obligés d'écouter les pistes qui sont les nôtres. Le plan ne se fera pas sans les salariés", a estimé le délégué CGT. Le dépôt de bilan n'a donc pas été prononcé lundi, mais la résolution une fois votée sans les syndicats, le président de la SNCM, Bruno Vergobbi, a prévenu : une mise en cessation de paiement serait "inévitable" selon lui, et ce "avant la fin de la semaine", si le travail ne reprenait pas et si le plan de sauvetage de la compagnie n'était pas mis en oeuvre.

Mardi matin, Thierry breton a "appelé à la responsabilité de chacun" et affirme avoir fait le "travail d'explication", ajoutant que "maintenant c'est à l'entreprise de prendre son destin en main". "Si jamais ce destin n'est plus dans les mains de l'entreprise mais dans celles du tribunal de commerce, alors c'est un autre avenir, alors c'est l'inconnu", a poursuivi le ministre de l'Economie sur RTL.

"Ça suffit !"

Si la position reste toujours aussi dure au sein des marins CGT de la SNCM (lundi, peu après la rencontre avec Thierry Breton et Dominique Perben, ils ont voté la poursuite de la grève pour la 21e journée consécutive), en revanche, des signes de mollissement apparaissent ailleurs. Les deux principaux syndicats d'officiers - le Syndicat national et professionnel des officiers de la marine marchande ainsi que l'Ugict-CGT de la SNCM, ont appelé lundi dans l'après-midi à suspendre la grève, tout comme les marins et sédentaires FO, syndicat minoritaire à la SNCM.

Sur le port, la grève des agents CGT du port autonome de Marseille (PAM), lancée le 27 septembre - une semaine après la SNCM -, pour protester contre les menaces de privatisation du port, a pris fin lundi. Les protestations contre les grèves affectant durement Marseille se multiplient par ailleurs : "l'affaire a assez duré", a déclaré le président du groupe UMP au Sénat Josselin de Rohan en évoquant la grève à la SNCM. "Ça suffit", a lancé le maire UMP de Marseille Jean-Claude Gaudin. Selon lui, les grèves placent la ville dans une "situation catastrophique".

Photo d'ouverture : le président de la SNCM, Bruno Vergobbi, lundi soir à l'issue du CA de la SNCM - DR

le 10 octobre 2005 à 13:35
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12 Commentaires

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  • Gilles, le 10/10/2005 à 14h27

    Pour ceux qui continuent à penser que les syndicats sont la pour vous défendre, vous comprendrez bientot que la compagnie va couler et que les seuls personnes qui rebondiront à gauche ou à droite sur des postes crées sur mesure seront les grosses têtes de la CGT. Par contre pour tous les autres employés ce sera l'ANPE. Petite paranthèse, moi avec ma paie ridicule et mon poste précaire j'en ai marre de payer de plus en plus d'impots pour financer votre entreprise non-rentable. L'etat ne peut pas faire tourner la machine à billet indéfiniment, il doit bien récuperer l'argent quelque part. Et pour l'instant c'est sur mon dos. Bizarrement les syndicats ne pensent pas aux conséquences financières de leurs actions. C'est vos boulots que vous êtes en train de crever.

  • Stéph@ne, le 10/10/2005 à 14h25

    Si le gouvernement tient sa ligne et que la SNCM sera partiellement privatisée et que les grevistes ne soient pas payés de leurs jours de grèves( un comble alors que des entreprises se meurent à petit feu et que personne ne va les aider) alors je dis BRAVO BRAVOI BRAVO à Dominique DE VILLEPIN et ses ministres.

  • Eric, le 10/10/2005 à 14h19

    Bravo au gouvernement de rester ferme face aux syndicats. De toute façon pour les syndicats, le dialogue social n'existe que quand on accepte leurs revendications. Il est grand temps que l'état reprenne son autorité et que les syndicats comprennent qu'ils n'ont pas tous les pouvoirs. Et pourquoi le droit de claquer le porte serait un privilège des syndicats ? Quand on a en face de soi des gens bornés, qui commettent des actes illégaux, il est normal que le gouvernement soit ferme.

  • Vastre, le 10/10/2005 à 14h19

    La tournure que prennent les événements satisfait les citoyens. Ceux-ci (60 millions) comprennent enfin que l'Etat prend en compte leurs revendications face à celles de la CGT et des nationalistes STC (quelques dizaines de personnes). A présent, il faut laisser aux autorités compétentes du tribunal de commerce de Marseille et du conseil d'administration de la SNCM le soin de prendre les décisions qui s'imposent. Il faut savoir laisser le froid tuer les moustiques (proverbe camarguais).

  • MARTIAL, le 10/10/2005 à 14h16

    Les salariés de la SNCM pourront remercier la CGT (Coulez Gentils Travailleurs) en lui disant: Si Nous Coulons Merci!

  • Jim, le 10/10/2005 à 14h15

    Et bien qu'ils déposent le bilan. Ca fera les pieds aux syndicalistes qui se chargeront bien sur de retrouver du travail à ceux qu'ils auront envoyé au chomage. Ils accusent l'Etat de ne pas vouloir négocier, mais depuis le début, ils disent qu'ils ne négocieront pas tant que l'Etat ne restera pas majoritaire. Alors qui bloque qui dans l'histoire ?

  • Toine, le 10/10/2005 à 14h14

    Bravo la CGT, super, vous allez recolter la bêtise que vous semez.

  • Jean michel, le 10/10/2005 à 14h11

    Que les ministres tiennent bon façe à ces syndicats marxistes. Que ces gens là crèent leur entreprise, qu'ils se mettent enfin a bosser mais il est vrai que devoir abandonner six mois de congés et la retraite a 55 ans c'est dur !!!!!!!!!!!

  • Montjoye, le 10/10/2005 à 14h01

    Plus de 100 millions d'euro pour sauver 2000 emplois !!!!!!! Couler cette boîte elle coute trop cher et ne rapporte rien, alors que les concurrents sont tous bénéficiaires !

  • Jp, le 10/10/2005 à 14h00

    Encore une fois, les fonctionnaires veulent le beurre et l'argent du beurre. Moins travailler et surtout qu'ils soient payés. Vu ce que cela coute à l'état, donc à nous, autant fermer la SNCM et remonter une autre boite avec des salariés qui auront envie de travailler, eux et qui ne se croiront pas tout permis.

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