
C'est la journée de la dernière chance à la SNCM. Les ministres Thierry Breton et Dominique Perben sont de retour à Marseille pour une nouvelle réunion avec les syndicats. Objectif : trouver un point d'entente et mettre fin à la grève qui paralyse l'activité du port de Marseille depuis le 27 septembre.
Les chances d'aboutir semblent toutefois plus grandes qu'auparavant puisque la CGT a fait savoir ce week-end via Jean-Christophe Le Duigou, son secrétaire confédéral, qu'elle ne mettait plus en préalable la condition selon laquelle le gouvernement devait rester au minimum à 51% dans le capital de la SNCM. La réunion ministres-syndicats en préfecture précède un conseil d'administration de la compagnie prévu dans l'après-midi.
Le gouvernement a fait dimanche soir d'ultimes tentatives pour convaincre la CGT -opposée à la privatisation-, d'accepter son plan de sauvetage. L'ombre d'un dépôt de bilan plane toujours pour la compagnie maritime publique. Mais le Premier ministre a pris trois engagements : il n'y aura pas de licenciements secs, l'intégralité de la flotte sera maintenue tout comme l'unité de l'entreprise dans ses différentes activités".
Plus d'exigence de participation majoritaire de l'Etat
De son côté, dimanche, Bernard Thibault, a interpellé dimanche "avec solennité" Dominique de Villepin, lui demandant de "créer les conditions pour une reprise des discussions" à la SNCM, dans une lettre envoyée au Premier ministre et transmise à la presse. "Je crois que cette lettre est très précise sur ce qu'elle exige, c'est essentiellement des garanties quant à la pérennité de l'entreprise et quant aux missions de service public qu'elle accomplit", a précisé Jean-Christophe Le Duigou sur LCI.
Le déficit de la société a été évalué à 29,7 millions d'euros en 2004, et elle perd, avec la grève, 1,5 million d'euros par semaine selon son PDG Bruno Vergobbi. Dans ce contexte, le conseil d'administration va devoir constater "soit qu'il y a des possibilités de poursuite d'activités, soit qu'il n'y en a pas et alors le processus de dépôt de bilan sera enclenché", a déclaré dimanche soir sur LCI, Dominique Perben. Le ministre des Transports est resté ferme. Selon le plan présenté par le gouvernement, 38% du capital de la future société reviendront au fonds d'investissement Butler Capital Partners, 28% à la société de transport Connex (Veolia), 9% allant aux salariés, et 25% du capital demeurant à l'Etat, pendant une "période transitoire" de 4 à 5 ans.
La meilleure façon d'éviter le dépôt de bilan, "c'est qu'il y ait des recettes", a dit le ministre en invitant à la "reprise du travail", tout en précisant que "les jours grève ne seraient pas payés". Des propos "pas très habiles" selon Jean-Christophe Le Duigou qui ajoute que "tout le monde sait que dans n'importe quel conflit nous discutons de la question des jours de grève lors de la négociation sur la sortie du conflit". Selon lui, cette "tentative de pression va avoir un effet plutôt négatif". Quant au Port de Marseille, la grève entamée le 27 septembre a été reconduite lundi matin.
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