SNCM : les ministres de retour

le 09 octobre 2005 à 18h03 , mis à jour le 10 octobre 2005 à 13h07

La journée s'annonce décisive, avec une ultime réunion entre le gouvernement et les syndicats de la SNCM, quelques heures avant la tenue d'un conseil d'administration. La CGT tente de renouer le dialogue et n'exige plus une participation majoritaire de l'Etat.

SNCM pretexte

C'est la journée de la dernière chance à la SNCM. Les ministres Thierry Breton et Dominique Perben sont de retour à Marseille pour une nouvelle réunion avec les syndicats. Objectif : trouver un point d'entente et mettre fin à la grève qui paralyse l'activité du port de Marseille depuis le 27 septembre.

Les chances d'aboutir semblent toutefois plus grandes qu'auparavant puisque la CGT a fait savoir ce week-end via Jean-Christophe Le Duigou, son secrétaire confédéral, qu'elle ne mettait plus en préalable la condition selon laquelle le gouvernement devait rester au minimum à 51% dans le capital de la SNCM. La réunion ministres-syndicats en préfecture précède un conseil d'administration de la compagnie prévu dans l'après-midi.

Le gouvernement a fait dimanche soir d'ultimes tentatives pour convaincre la CGT -opposée à la privatisation-, d'accepter son plan de sauvetage. L'ombre d'un dépôt de bilan plane toujours pour la compagnie maritime publique. Mais le Premier ministre a pris trois engagements : il n'y aura pas de licenciements secs, l'intégralité de la flotte sera maintenue tout comme l'unité de l'entreprise dans ses différentes activités".

Plus d'exigence de participation majoritaire de l'Etat

De son côté, dimanche, Bernard Thibault, a interpellé dimanche "avec solennité" Dominique de Villepin, lui demandant de "créer les conditions pour une reprise des discussions" à la SNCM, dans une lettre envoyée au Premier ministre et transmise à la presse. "Je crois que cette lettre est très précise sur ce qu'elle exige, c'est essentiellement des garanties quant à la pérennité de l'entreprise et quant aux missions de service public qu'elle accomplit", a précisé Jean-Christophe Le Duigou sur LCI.

Le déficit de la société a été évalué à 29,7 millions d'euros en 2004, et elle perd, avec la grève, 1,5 million d'euros par semaine selon son PDG Bruno Vergobbi. Dans ce contexte, le conseil d'administration va devoir constater "soit qu'il y a des possibilités de poursuite d'activités, soit qu'il n'y en a pas et alors le processus de dépôt de bilan sera enclenché", a déclaré dimanche soir sur LCI, Dominique Perben. Le ministre des Transports est resté ferme. Selon le plan présenté par le gouvernement, 38% du capital de la future société reviendront au fonds d'investissement Butler Capital Partners, 28% à la société de transport Connex (Veolia), 9% allant aux salariés, et 25% du capital demeurant à l'Etat, pendant une "période transitoire" de 4 à 5 ans.

La meilleure façon d'éviter le dépôt de bilan, "c'est qu'il y ait des recettes", a dit le ministre en invitant à la "reprise du travail", tout en précisant que "les jours grève ne seraient pas payés". Des propos "pas très habiles" selon Jean-Christophe Le Duigou qui ajoute que "tout le monde sait que dans n'importe quel conflit nous discutons de la question des jours de grève lors de la négociation sur la sortie du conflit". Selon lui, cette "tentative de pression va avoir un effet plutôt négatif". Quant au Port de Marseille, la grève entamée le 27 septembre a été reconduite lundi matin.

le 09 octobre 2005 à 18:03
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22 Commentaires

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  • Ben, le 10/10/2005 à 09h47

    Et on va en plus leur payer les jours de greves... ca va faire plaisir aux centaines d'entreprise qui sont en chomage technique depuis 15 jours!!!!

  • Xx, le 10/10/2005 à 09h47

    Il faut deposer le bilan une fois pour toute, ces gens la ne savent pas bosser et ils sont payés grassement a rien faire. Tout ce qui savent faire, c'est des greves, bloquer, poser des bombes et menacer de mort tout ce qui se presente. Il faut en finir pour repartir sur de nouvelles bases. C'est la seule solution.

  • Serge, le 10/10/2005 à 09h38

    En philosophie, on dit "ce qui est important ce n'est pas la réponse, mais se poser la bonne question..."Pensez-vous que la grève soit une partie de plaisir ? Pensez-vous être mieux informés des situations internes que les syndicats? Pourquoi font-ils grève? Se tirent-ils vraiment une balle dans le pied? Vos réponses ne répondent qu'à vos préoccupations, pas à une réalité sociale.

  • Jim, le 10/10/2005 à 08h51

    A Leo d'Orleans: Tu parles d'avantages acquis dans les années 30 et 40. A une époque où les guerres successives permettaient une situation de plein emploi. Aujourd'hui, la donne a changé. Nous avons connu des crises énergétiques majeures, les gens vivent de plus en plus vieux (donc sont retraités de plus en plus longtemps), mais les syndicats restent sur leur idéal et leurs idées d'avant guerre. C'est d'ailleurs ce qui explique le si grand écart entre salariés et syndiqués (moins de 6% des salariés faut il le rappeler).

  • Le sagard, le 10/10/2005 à 08h39

    Gepetto entierement d'accord avec vous,et je rajoute que ces syndicalistes,ceux qui sont en haut qui parle directement avec les ministres ,ont des trains de vie du meme niveau que ces ministres,ils vivent sur ces greves qui eux ne les touche pas financierement,mais malheureusement avec les gouvernements francais de droite comme de gauche ce sont les ministres qui prenne leur ordre chez les syndicats,et pour finir la sncm restera a l'etat.

  • Vastre, le 10/10/2005 à 05h14

    Est-il bien nécessaire que le ministre indique que les jours de grève ne seront pas payés ? La SNCM n'a pas de quoi payer ses fournisseurs; serait-elle capable de rémunérer le service que ses employés ne lui rendent pas ?

  • J-Yves, le 10/10/2005 à 04h12

    Mais qu'on depose le bilan... Quand ils seront au chomage, ils pourront enfin rigoler...

  • R.P., le 09/10/2005 à 22h25

    Je suis tout a fait d'accord pour que les jours de grèves ne soient payés il manquerait plus que çà

  • Gepetto, le 09/10/2005 à 22h03

    Quel horrible et sinistre farce hypocrite.Depuis quand les syndicats défendent ils l'emploi par les gréves qui font perdre aux contribuables des millions d'euro payés par ceux qui travaillent. Que dire des dockers, emploi à vie, salaire confortable pour le peu de travail fourni. Vendez les bateaux, vendez les immeubles de bureaux,les machines et matériels,et envoyez ces défenseurs de l'emploi en chercher un. Avec l'argent récupéré, remboursez l'Etat des avances faites sans raison.

  • Claude, le 09/10/2005 à 21h53

    Le 09/10/2005 à 19h05 Si vous pensez qu'ètre patron permet de se reposer et de bien dormir toutes les nuits et bien il faut vous lancer , personne n'empèche personne de devenir patron . Il n'est pas toujours nécessaire d'avoir beaucoup d'éducation , ni ètre fils de riche pour y arriver ! Bien sûr après il faut assumer les responsabilités , les clients , les impôts , la charge de travail , les finances etc.. etc et au besoin les grèves . Il serait certainement plus simple que chacun y mette du sien en tenant compte de la conjoncture !

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