© France 2"Nous sommes à l'heure des responsabilités", a déclaré jeudi soir Dominique de Villepin, sur le dossier de la Société nationale Corse-Méditerranée. Invité d'une émission télévisée, le Premier ministre a estimé que le gouvernement avait fait "sa part du chemin" et "ne peut aller plus loin". 'Aujourd'hui, les salariés détiennent en leur main la clé d'une solution', a-t-il estimé. Mais en cas de rejet, "ce sera le dépôt de bilan", avertit-il, car "nous sommes dans un monde où le père Noël n'est pas présent tous les matins." Pour tenter de sauver la société maritime publique criblée de 200 millions d'euros de dettes, le gouvernement a proposé un plan qui, dans sa dernière mouture en date, prévoit une part de 25% pour l'Etat et de 9% pour les salariés. Selon le Premier ministre, l'Etat et les salariés détiendraient ainsi une minorité de blocage et 50% des sièges au conseil d'administration et le plan de reprise ne prévoit pas de "licenciement sec".
Un plan avec l'Etat majoritaire ?
"Maintenant c'est fini, ce tour de table sera mis en oeuvre, il faut que tout le monde en soit conscient", avait martelé jeudi dans la journée le ministre de l'Economie Thierry Breton, alors qu'un conseil d'administration crucial pour la compagnie doit se tenir lundi. Le plan de la dernière chance, vraiment ? Selon Les Echos de vendredi, "l'avenir de la compagnie pourrait se jouer sur un autre schéma qui consisterait à créer une société d'économie mixte (SEM) dans laquelle l'Etat détiendrait 51%, le solde étant détenu par un opérateur privé qui pourrait être Stef-TFE", société de transport et de logistique. "Cette SEM prendrait 51% du capital de la SNCM, au côté des actionnaires annoncés dans le précédent plan", précise la quotidien économique. Le ministère de l'Economie et des Finances a démenti cette information vendredi matin. A la pression des syndicats qui ont annoncé le rejet du dernier plan, s'est ajoutée celle des patrons. Vendredi matin, la présidente du Medef, Laurence Parisot, a "très solennellement" demandé "aux pouvoirs publics de faire tout pour permettre de débloquer le plus vite possible le fonctionnement du port autonome de Marseille et du port de Bastia." "Ce sont des dizaines peut-être des centaines d'entreprises dont la vie est en jeu", a-t-elle déclaré sur RTL. "Le port de Marseille est en train de perdre des clients au profit d'Amsterdam, de Valence ou Barcelone", a-t-elle averti.
(Image France 2 : Dominique de Villepin)
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