Les syndicats veulent maintenir la pression

le 04 octobre 2005 à 20h19 , mis à jour le 05 octobre 2005 à 15h49

Les centrales syndicales attendent des réponses rapides sur les salaires et l'emploi, après une journée de mobilisation qu'ils jugent pleinement réussie. Bernard Thibault réclame des "signes tangibles" du gouvernement d'ici "quelques jours". Les syndicats ont convenu de se concerter pour ne pas laisser tomber la pression.

thibault_manif_paris

Après le succès revendiqué de mardi, l'ensemble des syndicats ont haussé le ton, sommant gouvernement et patronat d'apporter sans délai des réponses aux demandes des salariés concernant le pouvoir d'achat et l'emploi. Avec un score, affirment-ils, supérieur au million de manifestants du 10 mars (1.147.290, mardi, selon la CGT; 1,3 million, selon FO; 470.000 selon la police ; lire à ce sujet : "Entre 470.000 et 1,3 million de manifestants"), ils ont jugé pleinement réussie la mobilisation interprofessionnelle. Les syndicats attendent maintenant des initiatives rapides pour débloquer la question salariale et relancer la création d'emplois, dénonçant toujours le contrat nouvelles embauches comme synonyme de "précarisation accrue".

Fonctionnaires et agents du public ont tenu sans surprise le haut du pavé avec des débrayages suivis à EDF, La Poste et dans l'Education nationale (lire : "Public/privé, qui était concerné ?"). "On est satisfait : il y a une mobilisation dans la durée qui se confirme et se renforce", s'est félicité Gérard Aschieri (FSU, principal syndicat d'enseignants), selon lequel "presque un enseignant sur deux était en grève". "C'est une mobilisation réussie, la grève a été très largement suivie dans la Fonction publique, avec une participation au niveau ou même un peu au-dessus de celle du 10 mars", a déclaré pour sa part Jean-Marc Canon (CGT).

"La balle est dans le camp du gouvernement"

L'enjeu était de taille pour les agents de la Fonction publique, mobilisés sur l'emploi, avec 5.300 postes en moins prévus en 2006, comme sur les salaires. Les syndicats qui pressent le gouvernement d'ouvrir des négociations salariales, prévues à la mi-novembre, comptaient bien voir la forte mobilisation peser en ce sens. "Le gouvernement doit prendre en compte le mouvement", a indiqué Gérard Noguès (FO). "Sur les rémunérations des fonctionnaires, il doit ouvrir rapidement une négociation sérieuse". Le ministre de la Fonction publique Christian Jacob a rappelé sur LCI mardi soir qu'il avait déjà rencontré les syndicats à plusieurs reprises depuis le mois de septembre. "Il y a un certain nombre d'inquiétudes sur le pouvoir d'achat qui peuvent être levées mais ça ne se fait pas par un coup de baguette magique, (...) ça se fait par un travail sérieux qui demande un peu de temps", a-t-il déclaré.

Le fait marquant de la journée de mardi apparaît toutefois l'implication significative des salariés du privé dans les cortèges comme à Grenoble, où cadres et ingénieurs de Hewlett Packard se sont joints en nombre au défilé. A Marseille, une foule impressionnante a accompagné les marins en lutte contre la privatisation de la SNCM. Interpellé par la gauche, dès l'ouverture de la session parlementaire, Dominique de Villepin a assuré à l'Assemblée qu'il écoutait "le message qu'adressent les Français" (lire : "Villepin "à l'écoute, avec humilité"). Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, ne lui a donné que "quelques jours" pour en apporter des "signes tangibles", alors que les syndicats ont convenu de se concerter pour accroître la pression. Le bureau confédéral de FO s'est aussi félicité mardi soir que les salariés du privé et du public aient "massivement répondu à l'appel à manifester et à débrayer" et a estimé que "la balle est dans le camp du gouvernement".

Photo d'ouverture : Bernard Thibault, mardi, parmi les manifestants à Paris - DR

le 04 octobre 2005 à 20:19
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10 Commentaires

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  • Gimenez, le 05/10/2005 à 09h51

    Bonjour, je pense que le gros,gros!!! probléme de la france est que la clase moyenne disparaissent, et que les gens jeunnes ou moins jeunnes, ne peuvent plus vivre normalement car même l'alimentation est hors de prix il faut en moyenne 100? par semaine pour 4 personnes en discout? et nous avons auchan pour les riches? et les discout pour les pauvres. et le plus malheureux c'est que personne en parle aucun journaliste, ne s'attaque au vrais problême, il faut déscendre en province les salaires ne sont pas les mêmes qu'a la capitale.

  • Erwann, le 05/10/2005 à 09h08

    Pendant que certaines populations comme les chinois ou les indiens se retroussent les manches pour avoir de quoi manger, les syndicats français encouragent les français dans leurs mesquineries et leur fainéantise ... bravo la France ! j'ai vraiment honte...

  • Otto, le 05/10/2005 à 09h03

    470 000 personnes par rapport à 29 000 000 de salariés soit 1.6% de la population active et 0,8% de la population française totale, que veulent-ils revendiquer ? Attention Jacquo et Villepin vous avez une sacrée pression sur le dos, à votre place j'aurai peur ;)

  • InternauteParis, le 05/10/2005 à 07h57

    A la Une du parisien ce matin - L'immobilier continue a flambé GRAVE !!! - Voila ! vas t'on me faire croire que tout ce BAZAR d'hier va arranger notre porte-monnaie.

  • Phil, le 05/10/2005 à 07h55

    Voila la belle manif est passée . Les syndicats sont contents (il y avait du monde - cela montre qu'ils existent). Le gouvernement est content (il a écouté les revendications des Français). Et après ? Rien comme d'habitude. C'était comme un spectacle : Avant on s'impatiente, Pendant c'est le bonheur et apres on en garde plein de souvenir.

  • Phil, le 05/10/2005 à 07h55

    Voila la belle manif est passée . Les syndicats sont contents (il y avait du monde - cela montre qu'ils existent). Le gouvernement est content (il a écouté les revendications des Français). Et après ? Rien comme d'habitude. C'était comme un spectacle : Avant on s'impatiente, Pendant c'est le bonheur et apres on en garde plein de souvenir.

  • Saint-marc, le 05/10/2005 à 07h40

    C'est cela: maintenez la pression ! Pour passer aux 35 heures... Alors comment expliquer les horaires de travail de ce fonctionnaire qui occupe un emploi à 35 heures hebdomadaire plus un emploi de 5h30 hebdomadaire dans une même administration. De qui vous moquez vous ?

  • Alain, le 05/10/2005 à 02h25

    Que tous ces precheurs de bonnes paroles montent donc des entreprises, puisqu'ils ont tellement d'idees sur la chose. Par contre l'histoire a montre que les anciens gauchistes deviennent les patrons les plus reactionnaires et les moins partageurs, voir les plus corrompus. C'est peut etre pour cela qu'ils ont une mauvaise image de l'entreprise!

  • Alain, le 05/10/2005 à 01h20

    Il est remarquable de voir que la majorite des manifestant n'etait en aucun cas concerne par la principale revendication de ces manifestation. En quoi la precarite de l'emploi concerne t'elle tous ces fonctionnaires et agents de l'etat dont les revenus sont garantis a vie? Ils feraient mieux de realiser que leur action d'hier a nuis a la productivite et a la rentabilite de nombreuses entreprises et de ce fait ont cree un facteur supplementaire pour la precarite de l'emploi des salaries du prive.

  • Jean thorwald, le 05/10/2005 à 01h03

    Quelle bande d'assistés! Et le déficit,ils comptent aussi le régler par la grêve?

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