
Après le succès revendiqué de mardi, l'ensemble des syndicats ont haussé le ton, sommant gouvernement et patronat d'apporter sans délai des réponses aux demandes des salariés concernant le pouvoir d'achat et l'emploi. Avec un score, affirment-ils, supérieur au million de manifestants du 10 mars (1.147.290, mardi, selon la CGT; 1,3 million, selon FO; 470.000 selon la police ; lire à ce sujet : "Entre 470.000 et 1,3 million de manifestants"), ils ont jugé pleinement réussie la mobilisation interprofessionnelle. Les syndicats attendent maintenant des initiatives rapides pour débloquer la question salariale et relancer la création d'emplois, dénonçant toujours le contrat nouvelles embauches comme synonyme de "précarisation accrue".
Fonctionnaires et agents du public ont tenu sans surprise le haut du pavé avec des débrayages suivis à EDF, La Poste et dans l'Education nationale (lire : "Public/privé, qui était concerné ?"). "On est satisfait : il y a une mobilisation dans la durée qui se confirme et se renforce", s'est félicité Gérard Aschieri (FSU, principal syndicat d'enseignants), selon lequel "presque un enseignant sur deux était en grève". "C'est une mobilisation réussie, la grève a été très largement suivie dans la Fonction publique, avec une participation au niveau ou même un peu au-dessus de celle du 10 mars", a déclaré pour sa part Jean-Marc Canon (CGT).
"La balle est dans le camp du gouvernement"
L'enjeu était de taille pour les agents de la Fonction publique, mobilisés sur l'emploi, avec 5.300 postes en moins prévus en 2006, comme sur les salaires. Les syndicats qui pressent le gouvernement d'ouvrir des négociations salariales, prévues à la mi-novembre, comptaient bien voir la forte mobilisation peser en ce sens. "Le gouvernement doit prendre en compte le mouvement", a indiqué Gérard Noguès (FO). "Sur les rémunérations des fonctionnaires, il doit ouvrir rapidement une négociation sérieuse". Le ministre de la Fonction publique Christian Jacob a rappelé sur LCI mardi soir qu'il avait déjà rencontré les syndicats à plusieurs reprises depuis le mois de septembre. "Il y a un certain nombre d'inquiétudes sur le pouvoir d'achat qui peuvent être levées mais ça ne se fait pas par un coup de baguette magique, (...) ça se fait par un travail sérieux qui demande un peu de temps", a-t-il déclaré.
Le fait marquant de la journée de mardi apparaît toutefois l'implication significative des salariés du privé dans les cortèges comme à Grenoble, où cadres et ingénieurs de Hewlett Packard se sont joints en nombre au défilé. A Marseille, une foule impressionnante a accompagné les marins en lutte contre la privatisation de la SNCM. Interpellé par la gauche, dès l'ouverture de la session parlementaire, Dominique de Villepin a assuré à l'Assemblée qu'il écoutait "le message qu'adressent les Français" (lire : "Villepin "à l'écoute, avec humilité"). Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, ne lui a donné que "quelques jours" pour en apporter des "signes tangibles", alors que les syndicats ont convenu de se concerter pour accroître la pression. Le bureau confédéral de FO s'est aussi félicité mardi soir que les salariés du privé et du public aient "massivement répondu à l'appel à manifester et à débrayer" et a estimé que "la balle est dans le camp du gouvernement".
Photo d'ouverture : Bernard Thibault, mardi, parmi les manifestants à Paris - DR
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