Les artisans ne veulent pas être limités aux "publics en échec"

Par Par Sophie LUTRAND, le 15 novembre 2005 à 17h26 , mis à jour le 16 novembre 2005 à 19h03

Même si la mesure abaissant l'âge d'entrée dans l'apprentissage à 14 ans recueille d'assez bons échos, les artisans ne souhaitent pas être assimilés à une voie pour les personnes en échec scolaire, selon Alain Griset, président de l'Assemblée permanente des chambres de métiers.

Alain griset artisanat APCM © LCI

Etes-vous satisfait de la décision du gouvernement d'abaisser l'âge de l'apprentissage à 14 ans ?

Alain Griset* : L'artisanat ne peut être que satisfait d'être reconnu comme un organe de formation et d'intégration dans le monde du travail. Mais nous ne souhaitons pas être contingentés à des publics en échec scolaire. Aujourd'hui, un tiers des personnes qui choisissent l'apprentissage ont un bac et viennent pour apprendre un vrai métier. Il va falloir mettre en place un apprentissage adapté à ce jeune public en les accompagnant et les encadrant davantage. Les chefs d'entreprise doivent s'engager dans la formation des jeunes.

Quelle est la réaction des artisans sur le terrain ?

Alain Griset : Les réactions sont mitigées. Certains me rappellent qu'eux-mêmes ont été apprentis dès 14 ans et trouvent ça très bien. D'autres estiment que les choses ont changé depuis et qu'aujourd'hui à 14 ans, les adolescents sont trop jeunes.

Quand est-ce que la mesure va pouvoir entrer en vigueur ?

Alain Griset : Il faut d'abord modifier la loi pour permettre l'élaboration de contrat de travail dès 14 ans et non plus 16 ans. Ensuite, il va falloir travailler avec l'Education nationale pour mettre au point une pédagogie et un enseignement adaptés. Certains jeunes sont en rupture avec l'école et n'auront même pas les bases minimales de connaissances. Il faudra y remédier pendant l'apprentissage.

Alain Griset est président de l'Assemblée permanente des chambres de métiers (APCM) qui représente 880 000 entreprises artisanales et 106 chambres de métiers départementales.

Photo : Alain Griset (DR)

Par Par Sophie LUTRAND le 15 novembre 2005 à 17:26
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9 Commentaires

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  • Gillou 95, le 16/11/2005 à 17h51

    L'aprentissage, voilà un mot tabou et que tout le monde redoute.Pourquoi ??. Quel désohonneur y a t-il à faire un aprentissage? Ah oui ! il faut se lever et se salir les mains.Mais dans vos espris ne croyez vous pas que cela est préférable que de tirer la galère qui immanquablement vous amène devant la justice.Autrefois"ça fait vieux et radotant"l'aprentissage était une filière classique après le certificat d'études pour apprendre un métier. Pour ceux qui réussissaient c'était la porte ouverte à l'emploi.14 ans pour certains c'est trop jeune? je ne pense pas car en court de route d'autres options peuvent être prisent Evidemment il ne faut pas faire comme certains, et attendre 20 ans pour se décider.Vous savez les perpétuels "étudiants".

  • Pierre marie vallez, le 16/11/2005 à 13h28

    Bjr, je suis artisan, j'ai moi même été apprenti - il faut bien admettre qu'en général, les apprentis ne sont rien d'autres que des gens en voie de garage - qui plus est exploités par des gens peu scrupuleux - la faute ou plutôt la conséquence à un système de charges écrasant - les patrons y voient une main d'oeuvre à bon marché - quand nos politiques de tout bord auront compris que l'impôt tue l'impôt et que massacrer ceux qui travaillent n'amène rien de bon, alors nous aurons fait un grand pas - mais je serais surement mort quand tout cela arrivera............... EN FRANCE GAGNER DE L'ARGENT EST CONSIDERE COMME SALE ET MALHONNETTE VOILA TOUT LE PROBLEME....... QU'UN POLITIQUE S'EN METTE PLEIN LES POCHES C'EST NORMAL - QU'UN PATRON EN FASSE AUTANT ET C'EST AUTOMATIQUEMENT UNE CRAPULE................

  • V, le 16/11/2005 à 12h18

    ... les 2 autres tiers apprennent donc un faux métier ? Si le système scolaire n'est pas capable de s'occuper des jeunes (et que "tout le monde" trouve cela normal en plus), il va bien falloir que quelqu'un le fasse. On rétrograde. Et n'oublions pas que cette situation est antérieure au Président de la République actuel.

  • Sebastien, le 16/11/2005 à 11h09

    Les artisans ne sont pas obligés de prendre des élèves de 14 ans, ils sont libres tout de même. Il sagit d'une possibilité supplémentaire pour les plus courageux et les plus généreux envers la société.

  • Bertrand, le 16/11/2005 à 11h05

    Exact. Ne faut pas confondre "métier ne nécessitant pas de hautes études" et "dépotoir". Il ne faut y envoyer que ceux qui sont *intéressés* par ce type de métier, les motivant + qu'un enseignement généraliste théorique inadapté à leur aspirations ! Sans but, on n'arrive à rien... Ca a failli m'arriver, la nullité de la majorité de mes profs (désolé pour les rares bons !) m'a complètement démotivé en plus du fossé terrible entre la théorie enseignée et la réalité : disons qu'on m'a appris à utiliser un marteau sans jamais me dire que dans la vie ça sert à planter des clous... Je fais partie de la "génération sacrifiée", les programmes changeaient si souvent et étaient si impossibles à tenir que par exemple je n'ai JAMAIS étudié Napoléon - "officiellement", je ne sais même pas qui c'est ! Comment voulez-vous être motivé ?? Heureusement ma mère s'est battue pour moi jusqu'à ce que je me trouve un but : mon salut est venu de l'informatique, devenue ma passion (et PAS grâce au plan "informatique pour tous", dont la 2e fournée d'ordinateurs [la 1ere ayant été volée sitôt livrée] était gardée derrière une porte blindée par des enseignants dépassés qui de leur propre aveu avaient mis 1h à trouver comment ça se branchait... Les seuls cours d'informatique au lycée, je faisais partie de ceux qui les donnaient dans un club info' riche de 4 machines !) Résultat, BAC de justesse, DEUG en 3 ans mais avec mention, puis licence maîtrise DESS informatique le tout avec de très bonnes mentions, et me voilà ingénieur, aux antipodes de l'avenir que les "profs bein-pensants" imaginaient pour moi. Il ne suffit pas de dire "il faut travailler", il faut aussi avoir un but, et pour ça il importe de *connaître* les différents métiers existant ! Que l'enseignement se rapproche de la pratique est INPERATIF, en revalorisant les filières les plus "simples" pour ceux qui les aiment car... on a toujours besoin d'un bon artisan, qui aime son métier !!

  • Helene, le 16/11/2005 à 10h11

    J'ai un fils de bientôt 15 ans qui a passé l'année dernière en échec scolaire avec pré-disposition pour un début de délinquance ; après quelques stages en patisserie jusqu'en juin nous avons réussi à ce qu'il intègre un cfa en pré apprentissage depuis septembre. Son patron semble content de lui, il se lève chaque matin à 4 h 30 et je pense que ce pré apprentissage lui a permis de trouver un centre d'intérêt. Donc cette solution peut être bonne pour des jeunes qui n'acceptent plus le système scolaire.

  • Fred h, le 16/11/2005 à 09h59

    Je vois ou y a un probleme. Ca fait pas si longtemps que l'apprentissage est passé à 16 ans (apeut pres 10 ans). Suffit de faire comme avant. Le seul problème c'est que les chefs d'entreprise ne veulent pas de boulets. Il voudraient des ouvriers surqualifiés en les payant en cacahuétes. Ca les enchanteraient plus que de leur proposer des ados.

  • Clamart, le 16/11/2005 à 09h32

    En effet l'apprentissage à 14 ans ne doit pas être une voie de secours à la charge des artisans il s'agit de repérer avec les professeurs les élèves désireux d'arrêter le système scolaire général et d'apprendre un métier et de concevoir un "pré-apprentissage" en partenariat étroit où enseignement général et pratique se complètent réellement j'ai cependant bien peur que les syndicats de l'éducation nationale ne soient de vrais freins en la matière : travaillant moi-même dans l'apprentissage (dans le supérieur), je vois le dédain de certains pour ces études dites moins intellectuelles ! il faudrait que messieurs Aschieri et consorts évoluent : Hec, l'Essec, forment désormais des promos entières en apprentissage, alors je ne pense pas que l'on puisse parler de dévalorisation intellectuelle ! en tout état de cause, un jeune de 14 ans ne doit pas être livré à lui-même, et pour lui, et pour sa famille, et pour la société, et ce pré-apprentissage sera une réponse pour une partie de ces ados de 14 ans capable de se révéler dans un enseignement pratique.

  • Xx, le 16/11/2005 à 09h28

    On ne fait que deporter le probleme au niveau entreprise, A 14 ans, la plupart d'entre eux ne savent meme pas les fondamentaux, du fait de leur echec, ils deviennent ultra violent, ils ne savent ni lire & ecrire, c'est l echec de l'ecole, c'est laxime de l'etat qui a genere cela, il faut remettre en place le certificat d'etude pour detecter les gosses a probleme, dans la vie il faut au moins savoir ecrire et lire, meme si on aura jamais le bac, sinon on fabrique des sous hommes et on subira toutes les consequences, ca a deja commencé. J'ai mon certificat d'etude, pas de bac, j'ai 4500 euro par mois, on peut toujours s'en sortir, mais il faut se battre 10 fois plus que les autres, ne jamais lacher, toujours se relever quand on est a terre et sonne, se remettre en question et se battre. Il faut rendre le service national obligatoire a la carte en fonction des problemes rencontré a l'ecole pour les restructurer dans un cadre militaire, les fortes tetes, ils connaissent, ils savent comment gerer, comment les former apres les avoir conditionnés, leur donner des valeurs et un metier. Les gens ne pensent qu'au Bac et l'universite, on en a oublie les choses les plus simples pour les 20% restant sur la touche. Nous avons ce que nous avons voulus. Faut payer la note, cette generation est fichue, il faudra la supporter les 50 prochaines années.

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