© LCIEtes-vous satisfait de la décision du gouvernement d'abaisser l'âge de l'apprentissage à 14 ans ?
Alain Griset* : L'artisanat ne peut être que satisfait d'être reconnu comme un organe de formation et d'intégration dans le monde du travail. Mais nous ne souhaitons pas être contingentés à des publics en échec scolaire. Aujourd'hui, un tiers des personnes qui choisissent l'apprentissage ont un bac et viennent pour apprendre un vrai métier. Il va falloir mettre en place un apprentissage adapté à ce jeune public en les accompagnant et les encadrant davantage. Les chefs d'entreprise doivent s'engager dans la formation des jeunes.
Quelle est la réaction des artisans sur le terrain ?
Alain Griset : Les réactions sont mitigées. Certains me rappellent qu'eux-mêmes ont été apprentis dès 14 ans et trouvent ça très bien. D'autres estiment que les choses ont changé depuis et qu'aujourd'hui à 14 ans, les adolescents sont trop jeunes.
Quand est-ce que la mesure va pouvoir entrer en vigueur ?
Alain Griset : Il faut d'abord modifier la loi pour permettre l'élaboration de contrat de travail dès 14 ans et non plus 16 ans. Ensuite, il va falloir travailler avec l'Education nationale pour mettre au point une pédagogie et un enseignement adaptés. Certains jeunes sont en rupture avec l'école et n'auront même pas les bases minimales de connaissances. Il faudra y remédier pendant l'apprentissage.
Alain Griset est président de l'Assemblée permanente des chambres de métiers (APCM) qui représente 880 000 entreprises artisanales et 106 chambres de métiers départementales.
Photo : Alain Griset (DR)
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