Autoroutes : l'Etat reçoit les offres fermes

le 07 novembre 2005 à 10h31 , mis à jour le 07 novembre 2005 à 10h46

La privatisation des sociétés d'autoroutes connaîtra une nouvelle étape lundi avec le dépôt d'offres fermes par les candidats. Dix-huit investisseurs français et étrangers avaient déposé une offre indicative le 22 août dernier. L'Etat répète qu'il espère en tirer entre 12 et 14 milliards d'euros.

Autoroute voiture circulation © TF1

La privatisation des sociétés d'autoroutes connaîtra une nouvelle étape lundi avec le dépôt d'offres fermes par les candidats, ce qui donnera une idée plus précise au gouvernement de ce que l'opération pourra lui rapporter. Le ministère des Finances continue de se montrer très discret sur ces opérations et sur la procédure, et communiquera seulement le nombre d'offres lundi soir.

"On remet le dossier lundi, comme tout le monde", se bornait à dire vendredi  une porte-parole du groupe Eiffage, associé au fonds australien Macquarie pour décrocher APRR (Autoroutes Paris-Rhin-Rhône) ou la Sanef (Société des autoroutes  du Nord et de l'Est de la France). Dix-huit investisseurs français et étrangers, dont de nombreux groupes espagnols, avaient déposé une offre indicative le 22 août dernier, lors du premier tour organisé par le gouvernement. Pour le deuxième tour, seules sont autorisées les offres portant sur la majorité du capital. La décision finale sera rendue début décembre.

La vente n'est pas assurée

La discrétion du gouvernement lui permet de n'exclure "aucun scénario" et de garder la main. Selon la presse, il s'est même ménagé la possibilité d'un  troisième tour dans le cas où les offres remises lundi lui paraîtraient insuffisantes. Le ministre de l'Economie, Thierry Breton a affirmé dans le Journal du  Dimanche que "si pour l'une des trois sociétés d'autoroutes, aucun des candidats ne dépasse le prix minimum fixé par la commission (des participations et des transferts), la société ne sera pas vendue". Le cahier des charges initial réservait aussi à l'Etat la possibilité de céder ses parts sur le marché. 

Bercy n'a pas non plus précisé ses intentions sur le fait de garder les sociétés cotées ou non. Depuis le lancement du processus, APRR, entrée en Bourse il y a près d'un an, fait passer le message qu'elle redoute la venue des fonds d'investissements qui lui imposerait un retrait de la cote. Même crainte du côté de Sanef, qui aurait reçu selon une source proche du dossier "des propositions intéressantes" s'engageant à maintenir la cotation.

"On verra bien"

La compétition serait d'ailleurs moins acharnée pour le rachat de la part de l'Etat  dans Sanef (75,7%) que pour APRR (70,2%), selon une autre source. La Caisse des dépôts (CDC) préparerait, selon la première source proche du  dossier, une offre majoritaire. Elle avait indiqué en septembre que sa priorité était APRR, pour laquelle elle est candidate en consortium avec des investisseurs français et le groupe italien Autostrade.

Côté politique, après la polémique de l'été lancée par le président de l'UDF  François Bayrou sur l'opportunité de privatiser, le débat s'est focalisé à la rentrée sur la valorisation des trois sociétés. L'Etat répète qu'il espère en tirer entre 12 et 14 milliards d'euros. Mais  plusieurs rapports ont évoqué des chiffres allant jusqu'à 23 milliards d'euros pour l'ensemble des trois sociétés. "On verra bien ce qu'on pourra obtenir", avait déclaré Thierry Breton le 20  octobre au Sénat.

le 07 novembre 2005 à 10:31
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