
Au-dessus ou en-dessous de 3% ? Paris assure que son déficit public n'excèdera pas le niveau fixé par les fameux critères de Maastricht tandis que Bruxelles semble ne pas comprendre le calcul français. Le ministre de l'Economie et des Finances, Thierry Breton, a répondu vendredi aux doutes de la Commission européenne en assurant que le budget qui va être voté au Parlement apporte des "mesures correctrices". L'exécutif européen a indiqué jeudi qu'il prévoyait pour la France un déficit public de 3,2% cette année et de 3,5% en 2006 alors que Paris a promis de rester dans les clous des 3% de déficit autorisé dans le cadre du Pacte de stabilité et de croissance.
Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, a déclaré qu'il écouterait "avec beaucoup d'intérêt les arguments du gouvernement français" sur la question. M. Almunia "m'a demandé de venir le voir, je vais le voir fin novembre", a dit Thierry Breton vendredi sur RTL, expliquant que la Commission "fait ses travaux d'évaluation avant que les budgets ne soient votés au Parlement". "C'est précisément la raison pour laquelle nous avons bâti avec (le ministre délégué au Budget) Jean-François Copé (ce) budget, pour faire réduire le déficit budgétaire de 3,5 à 2,9%" en 2006, a expliqué le ministre qui a insisté sur le fait que l'évaluation avait été faite "avant les mesures correctrices de la France". "Ce n'est pas (...) la Commission qui corrige Bercy, c'est Bercy qui va corriger la Commission", a-t-il résumé. Thierry Breton a réaffirmé que la croissance "sera effectivement entre 1,5 et 2%" cette année, grâce aux bons chiffres du troisième trimestre, alors que Bruxelles prévoit 1,5%.
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