© DR R.BoninA l'image de son slogan " It's Beaujolais nouveau time ", la campagne de communication du Beaujolais nouveau cible une clientèle jeune et internationale ?
Michel Deflache : Contrairement à ce qui se dit et s'écrit, le Beaujolais nouveau n'est pas un produit marketing. Ce qui a contribué à promouvoir ce vin c'est qu'il devait se boire jeune et que la date de sortie était fixée de façon administrative. Mais la profession n'a jamais vraiment communiqué jusqu'à cette année. C'est la première fois qu'Inter Beaujolais investit autant, 800 000 euros en France et 200 000 euros à l'étranger.
A qui s'adresse votre campagne ?
M.D : Le Beaujolais est à la fête ce que le champagne est à la célébration. C'est un vin traditionnel mais il faut presque le considérer comme une marque qui véhicule une image de convivialité, de festivité et de partage, des valeurs universelles. En France, les deux tiers de la consommation de vin sont le fait des plus de 50 ans. Il est donc très important de recruter des jeunes consommateurs. Or, le Beaujolais est un vin facile et accessible pour ce public. C'est eux que nous avons ciblé avec notre campagne, notre site, le blog, les bonnes adresses en France et à l'étranger pour fêter l'arrivée du Beaujolais...
Les ventes de Beaujolais stagnent depuis quelques années, son salut est-il à l'étranger et notamment dans des pays comme la Chine où vous êtes actuellement ?
M.D : Nous avons un problème sur le marché français et européen, c'est vrai. Le phénomène est arrivé à maturité sur certains marchés. En revanche, il est en pleine expansion sur d'autres : au Japon, les ventes ont augmenté de 45% cette année avec 93 000 hectolitres. Nous avons commencé à travailler en Russie en 1999 et, alors que personne n'y croyait, la consommation y est aujourd'hui plus importante qu'en Grande-Bretagne. Quant à la Chine, les ventes ne sont que de 378 hectolitres aujourd'hui, c'est un tout petit marché mais nous y avons bon espoir. 200 millions de Chinois sont potentiellement des consommateurs de vins, la France y a un réseau de distribution en pleine expansion, notamment avec Carrefour, il faut saisir l'opportunité.
Les Français ne préfèrent-ils pas eux boire moins mais mieux et donc plus cher ?
M.D : Je ne suis pas tout à fait d'accord. Les Français boivent effectivement moins et mieux mais ne souhaitent pas payer plus cher. Et le problème du Beaujolais est que les prix de production sont très élevés car les méthodes sont encore artisanales. La mise en cuve nécessite une surveillance très étroite, contrairement aux vins de garde. La profession est en train de monter un plan d'arrachage de vignes pour lequel elle devrait être aidé. Cela résout le problème de l'offre et de la demande de façon ponctuelle mais pas sur le fond. Il faut promouvoir notre vin à l'étranger.
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