Le coup de pouce du Medef aux jeunes du 9-3

Par Par Sophie LUTRAND, le 17 novembre 2005 à 18h57 , mis à jour le 18 novembre 2005 à 09h43

Selon Yazid Chir, coprésident du Medef Nord francilien, les jeunes diplômés de Seine-Saint-Denis n'ont pas l'opportunité de rencontrer des employeurs. Ce sera l'objet de l'opération "Jeunes talents" qu'il a lancé jeudi avec la présidente du Medef et le ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances.

[Expiré] [Expiré] Parisot Begag 93 Yazid Chir © AFP

Quel est le principe de l'opération jeunes talents que vous venez de lancer avec Laurence Parisot et Azouz Begag ? 

Yazid Chir : L'idée est de rapprocher les jeunes hauts diplômés avec les entreprises du département de Seine-Saint-Denis. Nous avons mobilisé 80 entreprises sur les 400 que nous avions contactées. La moitié sont de grands groupes ou entreprises publiques : GDF, L'Oréal, Peugeot, Air France, Alstom, Eurocopter. Quant aux 200 jeunes c'est via les ANPE et les missions locales que nous les avons recrutés sur les critères suivants : Bac+ 4 et plus et résidant dans le 93. Les entreprises se sont engagées à étudier chacun des 200 CV et de répondre, par la positive ou la négative sous deux mois. D'ici trois mois, nous ferons un premier bilan de l'opération en réunissant tout le monde. Et nous rééditerons l'expérience chaque année.

Pourquoi avoir choisi des jeunes très diplômés ? Ont-ils vraiment besoin d'un coup de main pour trouver du travail ?

Yazid Chir : Oui car aujourd'hui, ils ne sont pas rencontrés. On se focalise sur les jeunes qui font de la petite délinquance qui sont d'ailleurs une toute petite minorité. Ils desservent ceux qui ne font pas de bruit et qui travaillent. Dans le 93, le taux de chômage des diplômés monte en flèche alors qu'il est plutôt en baisse dans les autres départements. Leurs CV pâtissent de leur adresse ou de leurs noms à consonance étrangère. Or, depuis la création du Stade de France, de très nombreuses entreprises sont venues s'installer en Seine-Saint-Denis -80% du budget de Saint-Ouen vient de la taxe professionnelle- en emmenant leurs salariés. Le but est aujourd'hui qu'ils recrutent leurs futurs cadres sur place.

Volonté philanthropique à part, quel est l'intérêt pour les entreprises ?

Yazid Chir : Ce n'est pas de la philanthropie mais une opération gagnant gagnant. On donne la possibilité aux jeunes d'être mis en relation avec les recruteurs. Ensuite, c'est à eux de jouer, s'ils sont bons, ils seront pris, s'ils ne le sont pas, ils ne seront pas recrutés. Ce n'est pas de la discrimination positive. Quant aux entreprises, si elles recrutent ces jeunes diplômés, ils deviendront leurs ambassadeurs dans les quartiers auprès de leur famille, frères, sœurs, amis et véhiculeront une image de réussite. Je pense également qu'un jeune du 93 diplômé de HEC ou de Science-Po a plus de mordant qu'un autre et l'entreprise y sera gagnante.

Photo : Laurence Parisot, Azouz Begag et Yazid Chir, le 17 novembre à Saint-Ouen (93) pour le lancement de l'opération "Jeunes talents".

Par Par Sophie LUTRAND le 17 novembre 2005 à 18:57
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2 Commentaires

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  • Bob, le 18/11/2005 à 09h00

    C'est forcément une certaine discriminatioon pour tous les autres puisque la chance n'est pas donnée à tous. Ah, Liberté, Egalité, Fraternité es tu toujours là ?

  • Dani, le 18/11/2005 à 02h20

    Pourquoi se defendre de faire de la discrimination positive ? C'est ce que font les britaniques dès l'école, et ceux qui sont d'origine étrangère, ici en Ecosse, sont bien souvent médecins, dentistes, cadres, présentateurs ou animateurs TV et cadres dans les entreprises. Celui aui veut travailler ne reste pas sur le carreau.

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