© TF1Le ministre de l'Economie Thierry Breton a annoncé vendredi matin que plus de cinq millions de Français vont devenir actionnaires du groupe d'électricité EDF, qui doit entrer en Bourse lundi. Ce sera la plus grosse opération dans l'histoire du marché parisien. Selon le ministre qui s'exprimait vendredi matin sur RTL, le prix de l'action sera de 32 euros pour les particuliers (33 pour les institutionnels). Et, comme il l'avait laissé entendre ces derniers jours, la part de l'épargne populaire sera portée à 60%, contre 50 prévu initialement.
Le ministre de l'Economie a précisé que 4,85 millions d'ordres de particuliers avaient été passés. "Avec les salariés qui sont en train de souscrire eux aussi et les anciens salariés, nous pensons effectivement que ce sont plus de cinq millions de Français qui vont être propriétaires aujourd'hui d'une partie du capital d'EDF", a-t-il expliqué. Seule l'introduction en Bourse de France Télécom en 1997 avait suscité un tel engouement populaire, avec 3,9 millions de petits porteurs.
Engouement tardif des insitutionnels
Les petits porteurs s'étaient vu proposer depuis le 28 octobre des actions entre 28,50 et 33,10 euros, soit un euro de moins que pour les institutionnels (entre 29,50 et 34,10 euros). Les investisseurs institutionnels avaient montré beaucoup de tiédeur en cours d'opération, sans doute pour tirer les prix de l'action dans le bas de la fourchette. Mais ces derniers jours, ils ont été obligés de passer des ordres importants. Selon des sources concordantes, les institutionnels ont souscrit deux fois l'offre qui leur était réservée.
L'Etat s'est engagé à mettre sur le marché 15% du capital du groupe via une augmentation de capital de 7 milliards d'euros destinée à l'entreprise, et à ne pas descendre "à terme" sous le seuil de 85%, même si la loi lui permet de céder jusqu'à 30% des parts du premier producteur européen d'électricité. Dans le cadre de l'ouverture du capital, l'Etat va par ailleurs céder l'équivalent d'un milliard d'euros de titres pour les salariés, devant aller dans les caisses de l'Etat. Le Premier ministre Dominique de Villepin a justifié l'opération par la nécessité pour le groupe de financer un plan massif d'investissement de 40 milliards d'euros sur cinq ans, visant à augmenter ses capacités de production. EDF, qui employait 161.310 salariés dans le monde entier en 2004, fournit énergie et services à 42,1 millions de clients dans le monde.
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