© DREncore une distinction entre EDF et GDF. La dernière avait réussi son entrée en Bourse, la seconde, très attendue, a déçu. Même l'annonce jeudi soir par le groupe boursier Euronext de l'entrée le 19 décembre d'EDF dans le CAC 40, l'indice phare de la Bourse de Paris, n'a pas permis à l'action de repasser au-dessus des 32 euros, son cours d'introduction. Les investisseurs institutionnels ont payé 33 euros. Vendredi à la mi-journée, EDF coûtait 31,80 euros, en hausse de 1,08% par rapport au cours de clôture de jeudi (31,46 euros).
"EDF risque d'être malmené en Bourse encore un bon moment, car le titre est trop cher par rapport à ses concurrents européens. Il faudra que le titre baisse encore plus avant que les gros investisseurs ne s'y intéressent", a estimé James Grant, analyste chez Groupama. Or cette fois-ci, l'Etat n'avait pas souhaité être accusé de brader les biens publics, comme lors de la mise en Bourse de Gaz de France en juillet. Du coup, il est tombé dans l'autre extrême. Une introduction en Bourse à 32 euros valorise le groupe à 58 milliards d'euros.
L'action doit encore baisser
L'ouverture de 15% du capital d'EDF a ainsi permis au groupe d'engranger plus de 6 milliards d'euros et à l'Etat, par l'intermédiaire des actions vendues aux salariés, un milliard d'euros. Pour qu'EDF intéresse les professionnels de marché, son action doit baisser de 30% par rapport au prix d'introduction, jugent même certains analystes. Mais une baisse ne garantit pas un retour en grâce. "Il faudra voir, notamment, si l'Etat acceptera d'augmenter les tarifs ou pas. Le premier test, ce sera lorsque l'Etat se prononcera sur les tarifs", juge M. Grant. L'Etat, qui détient encore plus de 85% du groupe entré en Bourse lundi, n'a pas augmenté les prix de l'électricité depuis juillet 2003.
La dette élevée du groupe et le vieillissement des usines nucléaires font aussi partie des problèmes évoqués par les experts. Finalement, le groupe déçoit une bonne partie des petits porteurs qui espéraient empocher une belle plus-value dès le premier jour de son introduction en Bourse, comme ce fut le cas pour l'action Gaz de France, qui s'était adjugé 23% à son entrée. Lundi, EDF a clôturé parfaitement stable à 32 euros, grâce au sauvetage des banques qui menaient l'opération d'introduction en Bourse. Certains particuliers ont même décidé de vendre à perte mardi, lorsque le titre a chuté jusqu'à 31,05 euros, de peur de voir l'action reculer encore plus.
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