40 euros par billet d'avion pour "la solidarité"

le 10 novembre 2005 à 16h04 , mis à jour le 10 novembre 2005 à 19h48

La taxe, chère au président de la République, sur les billets d'avions pourraient aller de 20 à 40 euros selon le type de ticket. Les professionnels du secteur ont réaffirmé jeudi leur hostilité à l'instauration de cette taxe.

avion transport aviation © TF1

La taxe de solidarité internationale sur les billets d'avion, prônée par le président français Chirac, serait comprise entre 20 et 40 euros, pour un vol long courrier en classe affaires, a rapporté jeudi une source proche du dossier. Cette source confirme des informations publiées jeudi par le quotidien Les Echos. "Aucun chiffrage" de cette taxe "n'est arrêté à ce stade", a affirmé pour sa part jeudi un porte-parole du ministère de l'Economie. Selon Bercy, le montant de cette taxe proposée par la France constituera un "taux maximum". Son montant sera "définitivement arrêté" lors de la conférence internationale qui sera organisée en février par les pays promoteurs de la taxe (France, Chili, Allemagne, Grande-Bretagne), après le lancement de cette idée il y a quelques mois par Jacques Chirac.

"Ce scénario fait bondir employeurs et employés du secteur qui, alors que l'échéance se rapproche, sont sortis de leur réserve pour afficher leur hostilité à ce nouvel impôt. Réunis mercredi au sein du Conseil supérieur de l'aviation marchande (CSAM), leurs représentants ont solennellement demandé au gouvernement de renoncer à statuer pour l'heure. "La taxe de solidarité part d'un très bon sentiment français. Mais nous demandons aussi à l'Etat de calculer l'impact économique sur le transport aérien et ses emplois associés", souligne le président de la Fédération nationale de l'aviation marchande (FNAM), Lionel Guérin.

Ajouté à la taxe "essence"

Selon une déclaration commune des professionnels de l'aérien en France publiée fin octobre, l'augmentation du prix du billet entraînerait "un million de passagers en moins par an, dont 600.000 sur le seul trafic intérieur", déjà fragilisé par la concurrence du train. Or, "ce million de passagers en moins aurait un impact de 3.000 emplois en France", avertit M. Guérin.

Pour l'heure, seuls le Chili et la Grande-Bretagne ont décidé d'instaurer dès 2006 une telle taxe. L'Allemagne, qui soutenait à l'origine le projet, semble désormais plus frileuse. Les Etats-Unis, eux, y sont formellement opposés. Les Français eux-mêmes sont partagés:  seuls 49% d'entre eux y sont favorables contre 45%, selon un sondage publié en octobre. Il est vrai que les passagers doivent déjà supporter d'importantes surcharges tarifaires pour compenser la hausse des cours du pétrole. Sur Air France, cette surcharge varie entre 8 euros par vol domestique (aller simple) et 44 euros sur un long-courrier.

le 10 novembre 2005 à 16:04
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