Image d'archives © TF1Le projet de taxe sur les billets d'avion, destinée à aider les pays en voie de développement, a été approuvé mercredi en conseil des ministres. Cette mesure doit entrer en vigueur en France le 1er juillet 2006. Le montant de la taxe, imposée aux compagnies aériennes, sera d'un euro en classe économique et de 10 euros en classe affaires ou première classe pour les vols à l'intérieur de l'Union européenne. Ce montant sera de quatre et 40 euros pour les vols à destination de pays hors de l'UE.
Selon des calculs officiels français, cette taxe rapporterait 10 milliards d'euros par an si elle était appliquée à l'échelle mondiale. Mais ce prélèvement défendu par le président Jacques Chirac n'a pas séduit les partenaires européens. Quant aux Etats-Unis, ils ont purement et simplement enterré le projet. Soutiennent l'initiative : la Grande-Bretagne, le Chili, le Brésil, l'Algérie et, du bout des lèvres, l'Espagne. Le Chili rejoindra la France le 1er janvier prochain. "Ce dispositif-pilote montrera la voie à nos partenaires", a estimé Jacques Chirac.
"Une non-sens économique"
"Cette contribution de solidarité sur les billets d'avion pourra rapporter 200 millions d'euros en année pleine", a assuré Jacques Chirac en conseil des ministres. "Elle a été conçue de façon à n'affecter ni la compétitivité des aéroports français, ni l'emploi dans le secteur aéronautique", a-t-il ajouté. Mais le directeur général de la compagnie Air France-KLM a estimé que cette taxe reposait sur un "non-sens" économique au moment où le transport aérien mondial reste déficitaire et se remet à peine de sa plus grande crise de l'histoire, consécutive aux attentats du 11 septembre 2001. La Fédération nationale de l'aviation marchande a agité le spectre des licenciements, en évoquant le risque de 3000 à 4000 suppressions d'emplois.
Le produit de cette taxe de solidarité servirait prioritairement à financer la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Une partie serait affectée au remboursement de la Facilité financière internationale. Cette dernière, une initiative britannique, prévoit que les pays riches empruntent à très long terme des ressources financières supplémentaires en faveur du développement qui seraient allouées aux pays émergents. Le remboursement des emprunts serait à la charge des pays donateurs.
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