Les impôts seront plafonnés à 60% des revenus

le 17 novembre 2005 à 08h31 , mis à jour le 17 novembre 2005 à 10h54

L'Assemblée nationale a voté dans la nuit de mercredi à jeudi le dispositif dit du "bouclier fiscal" qui plafonne les impôts à 60% des revenus et instaure de fait un plafond pour l'ISF. Les députés ont aussi établi un nouveau barème de l'impôt sur le revenu.

Assemblée nationale Jean-François Copé vote plafonnement impôt © lci

Dorénavant, le montant total de l'impôt sur le revenu, l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), la taxe d'habitation et la taxe foncière sur l'habitation principale ne pourra pas dépasser 60% de ses revenus. Les députés en ont décidé ainsi dans la nuit de mercredi à jeudi lors des débats sur la réforme fiscale intégrée au budget 2006. Ils ont également établi un nouveau barème de l'impôt sur le revenu, passant de nombre de tranches de 6 à 4 (voir ci-dessous).

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Ce "bouclier fiscal" se traduit par un plafonnement de fait de l'ISF. Les contribuables pourront déjà demander le remboursement du trop versé pour leurs impôts de 2006 sur leurs revenus 2005. Cette mesure "repose sur deux piliers : justice et attractivité", a affirmé le ministre du Budget, Jean-François Copé. Selon lui, sur les 93.000 personnes concernées par le plafonnement, "près de 90%, sont parmi les plus modestes".

"Un énorme cadeau fiscal"

Le dispositif a aussi "vocation à éviter la surtaxation", a-t-il ajouté, précisant que seuls 16.800 des 330.000 contribuables assujettis à l'ISF allaient bénéficier du dispositif. Et parmi ceux là, un tiers aurait des revenus modestes. Sur les 400 millions que doit coûter le plafonnement, deux tiers, soit environ 280 millions, concernent les personnes qui payent le plus d'impôt sur le revenu. Mais, précise-t-on à Bercy, ces personnes se trouvent aussi payer les deux tiers du montant total de l'impôt sur le revenu.

Ces chiffres apportent bien la "démonstration qu'on fait un énorme cadeau fiscal pour un petite catégorie de personnes très riches et on se prive de recettes dont nous avons plus besoin que jamais", a estimé Jean-Marc Ayrault (PS). "La seule raison de votre bouclier c'est la réduction voire la suppression de l'ISF", a estimé Didier Migaud (PS). Les proportions sont "comparables" à la mesure de plafonnement instaurée par le gouvernement de Michel Rocard en 1988, a rétorqué Jean-François Copé. "Surtout ne parlez pas des classes moyennes, vous faites hurler de rire", a lancé Charles de Courson qui a décerné à la majorité "le brevet de la plus belle usine à gaz" pour l'amendement d'Hervé Mariton.

Cet amendement prévoit que lorsque le plafonnement est dépassé uniquement par l'impôt sur le revenu et l'ISF, la restitution est uniquement à la charge de l'Etat mais lorsque le dépassement est aussi dû aux impôts locaux, la part prise en charge par les collectivités locales est prélevée de façon globale sur la dotation globale de fonctionnement des collectivités.

Un barème à quatre tranches

Le nouveau barème ne compte plus que quatre tranches de revenus imposables, avec un taux maximal ramené de 48,09% à 40%. Les autres taux seront de 5,5%, 14% et 30%. L'impôt ne sera plus dû par les foyers fiscaux avec un revenu sous 5515 euros. L'abattement forfaitaire de 20% dont bénéficient les salariés sera supprimé et intégré dans le barème. En revanche, l'abattement de 10% pour frais professionnel est maintenu.

D'après AFP

(Image LCI : Jean-François Copé devant quelques députés)

le 17 novembre 2005 à 08:31
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8 Commentaires

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  • Moimeme, le 17/11/2005 à 15h24

    Les riches sont contents le gvt leur fait un beau cadeau de noel.la france du bas est punie elle n'investit pas elle est au chomage et elle est pauvre

  • Moimeme, le 17/11/2005 à 15h21

    Une fois de plus les perdants sont la france du bas pour eux rien comme d'habitude

  • Sylvie, le 17/11/2005 à 15h11

    60% d'impôts directs, plus 10% de CSG, CRDS et autres, et 20% de TVA... il faut donc maintenant se réjouir de ne plus pouvoir se faire taxer nos revenus par l'Etat à plus de 90% ! Appeler ça un "énorme cadeau fiscal", c'est du néo-marxisme !!

  • Vastre, le 17/11/2005 à 14h43

    Je ne suis pas d'accord car je ne profiterai pas de ce plafonnement !

  • Didier, le 17/11/2005 à 14h42

    J?ai rien compris!!! Vous voulez pas donner un exemple concret sur les 3 tranches avant et après parce que là c?est pas parlant du tout!

  • Laurent, le 17/11/2005 à 13h57

    Enfin une bonne décision ! Je ne fais pas parti des contribuables concernés. Mais j'y travaille, en consacrant du temps aux entreprises que j'ai créé alors qu'il y a 5 ans, j'étais au chomage. Devant moi, l'avenir est il d'être raquetté fiscalement, ou au contraire, de pouvoir payer un impôts normal, et de profiter de l'argent que je gagne ? En fonction de cette réponse, combien d'entrepreneurs choisiront de baisser les bras, de partir, ou de foncer ?

  • DREZET, le 17/11/2005 à 11h51

    Une fois de plus, les mesures fiscales concernent les plus nantis. Mais je ne vois pas l'information concernant le vote du nouvel amendement (lu dans les échos de ce jour) assujettisant les revenus des PEL de + de 10 ans à l'impôt (en plus de la décision de les assujettir aux prélèvements sociaux par anticipation dès janvier 2006). Je trouve cela proprement scandaleux. Jusqu'où ira ce gouvernement dans l'ignominie ? C'est un racket organisé. Comment peut-on faire des lois à effet rétroactif sur des PEL contractés il y a plus de 10 ans avec un taux d'intérêt net d'impôt et revenir sur cet accord. Et les livrets A, messieurs les sénateurs, vous les oubliez ? il y sûrement là encore une manne de profits pour vous ...... Où est la justice, la cohésion sociale Et Monsieur le Président qu'en est-il de la fameuse fracture sociale (ce n'est plus une fracture, c'est une crevasse, un gouffre. Ghis en colère

  • ..., le 17/11/2005 à 09h43

    Bientôt on ne travaillera QUE pour les impôts, QUE pour les taxes, QUE pour ceux qui ne veulent pas travailler. Il faut aller vivre à l'étranger et vite.

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