© INTERNED'un côté des personnes en situation de précarité : au chômage, sous contrat emploi-solidarité, sans domicile fixe, en difficultés familiales... De l'autre, des non précaires. Tous âgés de 60 ans. Une étude a ainsi comparée 704.128 personnes en difficultés à 516.607 dans une meilleure situation. Publiée mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEF), elle révèle que la précarité rime souvent avec inégalité devant la santé. Et notamment un défaut d'accès aux soins.
Ce travail est basé sur l'exploitation de la base de données 1995-2002 des 98 centres d'examens de santé qui réalisent environ 650.000 examens périodiques de santé par an. Ces centres sont destinés aux assurés du régime général de la sécurité sociale et à leurs-ayants droits, soit près de 85 % de la population française. Près d'un tiers de ces examens de santé réalisés chaque année s'adresse aux précaires.
Un tabagisme plus prononcé
Les auteurs notent des relations statistiquement significatives entre la précarité et la plupart des indicateurs chez les SDF, les bénéficiaires du RMI et les jeunes en insertion. Ainsi le défaut d'accès aux soins et le mauvais état dentaire est relevé pour l'ensemble de la population précaire, avec en plus pour les femmes un risque d'obésité (18,80% chez les rmistes contre 9,62% chez les femnes non précaires). Chez les femmes, l'absence de suivi gynécologique régulier touche plus d'une rmiste sur deux (contre 30,33% les non précaires).
Le tabagisme est également plus prononcé chez les précaires : chez les hommes il concerne 66,67% des jeunes de 16-25 ans en insertion professionnelle, plus de 50% des chômeurs, 58,58% de ceux touchant le RMI et 60,82% des CES. Par comparaison, parmi les hommes non précaires, la proportion des fumeurs (ou ceux tentant d'arrêter) est de 36,89%.
Ces résultats soulignent les "niveaux élevés des risques pour les groupes SDF, RMI et les jeunes en insertion et l'importance des difficultés d'accès aux soins pour toutes les catégories", résument les auteurs dans le BEH, publication de l'Institut de veille sanitaire (InVS).
(Image d'archives/DR)
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