La précarité nuit à la santé

le 01 novembre 2005 à 13h16 , mis à jour le 01 novembre 2005 à 13h19

La précarité en termes notamment de logement et d'emploi s'accompagne bien d'inégalités devant la santé avec notamment un défaut d'accès aux soins.

sdf couloir dort © INTERNE

D'un côté des personnes en situation de précarité : au chômage, sous contrat emploi-solidarité, sans domicile fixe, en difficultés familiales... De l'autre, des non précaires. Tous âgés de 60 ans. Une étude a ainsi comparée 704.128 personnes en difficultés à 516.607 dans une meilleure situation. Publiée mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEF), elle révèle que la précarité rime souvent avec inégalité devant la santé. Et notamment un défaut d'accès aux soins.

Ce travail est basé sur l'exploitation de la base de données 1995-2002 des 98 centres d'examens de santé qui réalisent environ 650.000 examens périodiques de santé par an. Ces centres sont destinés aux assurés du régime général de la sécurité sociale et à leurs-ayants droits, soit près de 85 % de la population française. Près d'un tiers de ces examens de santé réalisés chaque année s'adresse aux précaires.

Un tabagisme plus prononcé

Les auteurs notent des relations statistiquement significatives entre la précarité et la plupart des indicateurs chez les SDF, les bénéficiaires du RMI et les jeunes en insertion. Ainsi le défaut d'accès aux soins et le mauvais état dentaire est relevé pour l'ensemble de la population précaire, avec en plus pour les femmes un risque d'obésité (18,80% chez les rmistes contre 9,62% chez les femnes non précaires). Chez les femmes, l'absence de suivi gynécologique régulier touche plus d'une rmiste sur deux (contre 30,33% les non précaires).

Le tabagisme est également plus prononcé chez les précaires : chez les hommes il concerne 66,67% des jeunes de 16-25 ans en insertion professionnelle, plus de 50% des chômeurs, 58,58% de ceux touchant le RMI et 60,82% des CES. Par comparaison, parmi les hommes non précaires, la proportion des fumeurs (ou ceux tentant d'arrêter) est de 36,89%.

Ces résultats soulignent les "niveaux élevés des risques pour les groupes SDF, RMI et les jeunes en insertion et l'importance des difficultés d'accès aux soins pour toutes les catégories", résument les auteurs dans le BEH, publication de l'Institut de veille sanitaire (InVS).

(Image d'archives/DR)

le 01 novembre 2005 à 13:16
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10 Commentaires

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  • Chidan, le 02/11/2005 à 17h52

    Superbe decouverte!!! on devrait l'inscrire dans les livres d'histoire ! j'espere que cette enquete ne coute rien aux contribuables à defaut d'etre droles , encore ,encore svp!

  • Suzie, le 02/11/2005 à 17h30

    C'est un peu à ça que ça sert, les statisticiens: Pour vous dire qu'en temps de guerre, la mortalité grimpe en flèche (au cas où vous ne l'aurez pas remarqué tout seul...).

  • Dominique, le 02/11/2005 à 15h25

    Et dire qu'on paie des chercheurs pour qu'ils en arrivent à cette conclusion: OUI, la précarité rend plus vulnérable face aux problèmes de santé. Merci à vous, vous faites preuve d'une remarquable perspicacité.

  • Krapulax, le 02/11/2005 à 14h33

    La précarité, ça touche aussi les cadres, si si. Dans mon cas, cadre célibataire, payé 1800 euros net/mois depuis 3 ans. Bilan : aucune épargne, des difficultés tous les mois, absence de vraies vacances. Cause : les impots et les prix qui augmentent sans cesse. Je ne me plains pas, mais que ce soit clair, c'est difficile pour tous...

  • Dan, le 02/11/2005 à 11h14

    Toutes ces contatations, ces approches voir ces mesures, on a quand même un peu l'impression que ce sont les "incendiaires" qui crient au feu...

  • Marylène, le 02/11/2005 à 09h53

    Cà me fait marrer (si l'on peut dire). D'un côté ils sont précaires RMI CES ou autres et de l'autre on peut se payer des cigarettes, vu le prix, faudra qu'on m'explique

  • Gregory, le 02/11/2005 à 09h31

    Je ne pense pas qu'il y ait besoin de faire une telle étude pour se rendre compte de cette évidence ! Pas de moyens financiers = pas droit à la santé ou autres et c'est idem au States, pays dont on va prendre les méthodes de fonctionnement à court terme !

  • Fred, le 02/11/2005 à 07h56

    Dingue ! Il fallait une étude statistique pour mettre en évidence que la précarité rend les soins plus difficiles, quasi-impossible !!! Et donc rappelons les divers euros obligatoire lors d'une consultations ou d'un " acte lourd" n'est-ce pas ? Alors que souvent certaines persones n'ont pas de quoi acheté un happy-meal !!! Trop fort...hum je m'interroge, par qui sont financés ces statistiques ??? Le cout d'une telle étude n'aurait-il pas été mieux employé en finançant un projet d'aide ? un centre d'hébergement ? Un centre des restos du coeur pour cet hivers ?

  • ..., le 01/11/2005 à 21h29

    A quand un article sur la malnutrition qui sevit egalement et c'est surprenant en occident...

  • Bea, le 01/11/2005 à 19h12

    Pas besoin d'etudes pour savoir que la precarite nuit a la sante. C'est une evidence !!!

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