Les routiers menacent de bloquer les routes

Par Par S.L, le 29 novembre 2005 à 11h16 , mis à jour le 29 novembre 2005 à 12h05

Dans un bras de fer avec le gouvernement, les transporteurs routiers menacent de bloquer les autoroutes et centres d'approvisionnement de la distribution. Ils réclament le paiement des arriérés de TVA, comme le prévoit une décision européenne.

Routiers camions transporteurs Feyzin © lci

Quand les routiers grondent, ils se font généralement entendre. Car ils ne plaisantent guère et leur pouvoir de blocage n'est plus à démontrer. C'est dans les colonnes du Parisien qu'ils menacent mardi. La Fédération nationale du transport routier met en garde le gouvernement : s'il ne lui reverse pas la TVA sur les péages perçue sur les sociétés d'autoroutes entre 1996 et 2000, soit une enveloppe de 1,5 milliard d'euros, les routiers bloqueront les autoroutes, les péages et autres centres d'approvisionnement pour la grande distribution. A quelques encablures de Noël, l'argument devrait faire mouche.

Quant au fond de l'affaire, pour faire simple : une décision de la Cour de Justice européenne estime que les péages perçus par les concessionnaires d'autoroutes doivent être considérés "comme le prix d'une prestation soumise à TVA". "A partir du 1er janvier 2001, et pour se conformer à cette décision, les sociétés d'autoroutes ont dû faire apparaître la TVA sur leurs factures, permettant ainsi aux transporteurs routiers d'en être remboursés".

Et là où le litige prend source c'est que la décision vaut rétroactivement jusqu'en 1996. C'est donc pour obtenir le paiement par l'Etat de ces arriérés de TVA entre 1996 et 2000 que les routiers menacent de bloquer les routes. Car, selon la FNTR, Bercy "s'apprête à faire passer en douce dans la loi de finances rectificative un amendement visant à réduire de quatre à deux ans le délai de prescription". De quoi grapiller deux ans de TVA. En cas de non paiement, la FNTR décidera le 8 décembre, lors de son conseil d'administration des suites à donner.

Par Par S.L le 29 novembre 2005 à 11:16
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5 Commentaires

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  • Vastre, le 29/11/2005 à 15h33

    L'Etat endetté et fauché a tellement fait de promesses aux uns et aux autres qu'il ne pourra pas trouver le milliard d'euros qu'il doit aux transporteurs. Il faut donc s'attendre à ce que ces derniers réagissent violemment comme ils savent le faire. Donc nous aurons droit à un blocus vers la mi-décembre. Chacun est prié de faire ses provisions pour les fêtes. L'Etat finira par céder puisque c'est son habitude, mais il attendra peut-être quelques jours ou semaines. Les citoyens doivent se montrer prévoyants.

  • Machin, le 29/11/2005 à 15h30

    Faire grève, ça veut dire arréter de travailler. Ca ne veut pas dire bloquer les routes et les centres d'approvisionnement. Voyons si les anti-services publics seront aussi virulents à dénoncer une 'grève' de patrons...

  • Tom, le 29/11/2005 à 13h48

    Qu'ils aillent bloquer pékin, la maison blanche ou londres ! c'est là bas que ça se passe - et qu'ils arrete de scier la branche sur laquelle on est assis

  • Pascal, le 29/11/2005 à 13h06

    Et qui va encore en patir ? Ceux qui n'y sont pour rien. La grève est un droit mais pas l'interdiction de la libre circulation ! Si les routiers ne livraient plus les magasins, le résultat serait efficace et sans se mettre à dos les usagers de la route. Après les restaurateurs et leur opération "escargot" (boycottons les restos un moment pour montrer que ce n'est pas en bloquant les usagers que leurs soucis vont se régler), les routiers ... Et après, les taxis, les ambulanciers, etc ... Raz le bol de tout ce cirque.

  • Sebastien, le 29/11/2005 à 12h18

    Je ne comprends pas bien cette histoire de rétroactivité : la décision de la Cour de Justice Européenne vaut rétroactivement jusqu'en 1996, soit 5 années d'arriérés (1996 à 2000), et le gouvernement va faire passer cette rétroactivité de 4 à 2 ans? D'une part, d'où vient ce "4 ans", et comment une loi française peut modifier une décision de justice européenne? Je trouve que les médias sont très très souvent imprécis dans leurs articles, ce qui modifie généralement le vrai sens du problème ou altère l'impartialité de l'information. Merci de me publier.

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