RTM : fissure dans le front syndical

le 17 novembre 2005 à 08h37 , mis à jour le 17 novembre 2005 à 11h11

Syndicats de traminots et direction de la Régie des transports de Marseille n'ont pas trouvé de terrain d'entente mercredi soir. Au bout d'une heure de rencontre, les deux principaux syndicats, la CGT et la CFDT ont quitté, sans FO et l'UNSA, la séance, dénonçant un "nouvel ultimatum" de la direction.

RTM marseille syndicats

Syndicats de traminots et direction de la Régie des transports de Marseille n'ont pas trouvé de terrain d'entente mercredi. Au bout d'une heure de rencontre, les deux principaux syndicats, la CGT et la CFDT ont quitté, seules, la séance, dénonçant un "nouvel ultimatum" de la direction. Les deux organisations, qui représentent plus de 60% des agents, ont estimé que "la direction de la régie n'était venue que pour finaliser des négociations, alors qu'il fallait les reprendre point par point", selon Louis Iorio, délégué de l'UGICT-CGT (cadres). "On ne va pas nous faire négocier à l'usure", a déclaré le représentant de la CFDT, Patrick Parra.

Mais ce coup d'éclat a, pour la première fois en trente-huit jours de conflit, "un peu ébranlé le front syndical", a reconnu la CFDT. Les autres syndicats, dont FO et l'UNSA, ont en effet poursuivi la réunion... le temps de demander la reprise des négociations de jour. "Nous sommes prêts à discuter mais pas cette nuit", a confié Alain Requena représentant de FO. "Le directeur général de la RTM Marc Girardot, nous a dit qu'il fallait faire vite car il n'était pas libre jeudi. Une fois de plus il a été maladroit", a ajouté le délégué qui espère une nouvelle rencontre vendredi.

Concessions mutuelles

Les syndicats avaient examiné les dernières propositions de la direction lors d'une réunion dans l'après-midi. Ils avaient insisté pour obtenir la présence d'un représentant de la communauté urbaine dans les négociations. Ce qu'ils ont obtenu. Marc Girardot estimant "qu'il y avait de bonnes possibilités de sortir du conflit", n'avait pas écarté mercredi, en cas de nouvel échec des discussions, la "possibilité" de saisir la justice en référé pour faire déclarer illégal le mouvement, comme cela avait déjà été le cas le 4 novembre. La veille, la direction avait sommé les syndicats d'accepter avant le lendemain midi ses propositions dans un "accord de fin de grève". Mais, en fin de compte, la direction avait semblé prête à lâcher du lest.

Les syndicats, de leur côté, ont fait une importante concession sur la question de la gestion du futur tramway de la ville, qui était à l'origine du conflit. Ils ont - "contraints et forcés" selon le secrétaire général FO Alain Requenna - officiellement abandonné l'idée de conditionner la reprise du travail à l'abandon de l'exploitation du tramway sur le mode de la délégation de service public (DSP). Votée par la communauté urbaine qui n'entend pas revenir sur son choix, cette DSP prévoit une exploitation commune entre la RTM et la société Connex. Les syndicats y voient un risque de privatisation de la RTM.

Dans l'attente d'un accord, que certains grévistes envisageaient pour la fin de semaine, le mouvement de grève a été reconduit pour jeudi. Le trafic des bus et métro restait très perturbé au 39e jour de la grève des traminots. Selon la direction, 63% des métros circulaient dans la matinée, soit 17 rames sur 27. Seuls 18% des bus étaient en circulation, soit 85  véhicules sur 464.

D'après AFP

(Image LCI : mercredi soir à la table des négociations)

le 17 novembre 2005 à 08:37
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2 Commentaires

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  • Les contribuables, le 17/11/2005 à 12h07

    Ce conflit à la RTM illustre à merveille le danger que représente pour notre démocratie l'attitude de certains syndicats extrémistes, et irresponsables. Pour ceux qui n'auraient pas compris l'enjeu de cette affaire, ces syndicats (CGT en tête) essayent d'imposer par la force leurs idéologies politiques aux élus du peuple (et donc à tous les français). Ils n'en ont évidemment (et heureusement) ni le droit, ni la légitimité, comme l'a confirmé la décision du TGI de Marseille (le rôle des syndicats est de défendre l'intérêt des salariés DANS LE CADRE DES DECISIONS POLITIQUES PRISES PAR LES ELUS DU PEUPLE). A ce mépris des règles démocratiques manifesté par ces syndicats s'ajoute un autre aspect tout aussi révoltant: leurs motivations se cantonnent à des intérêts catégoriels (au mépris des intérêts de bien plus de salariès du privé de la région marseillaise)et électoralistes (les élections professionnelles sont proches). Dans une démocratie digne de ce nom, la place de syndicalistes détournant l'argent public à des fins politiques, cautionnant des séquestrations (à la Poste)et des coupures sauvages d'électricité (à EDF) serait sur le banc d'un tribunal et non pas à une table de négociation. Je ne parle même pas du racket orchestré par le CE d'EDF (dirigé par la CGT), ni des pratiques violentes et mafieuses constatées à la SNCM. Chaque euro d'argent public donné à de telles organisations syndicales et un euro volé aux contribuables.

  • Pito, le 17/11/2005 à 11h35

    C'est marrant cette proportion toujours plus importante de métro que de bus en service... Peut-être qu'il est plus difficile de s'allonger sur les rails pour empêcher ceux qui veulent travailler de le faire que de mettre sa voiture devant les bus et les entrepôts... Surprenant... Comme quoi l'usage de la force a des limites... millions d'? perdus tous les jours par les commerces du centre ville... ça représente combien de mois de salaires????? Plus les pertes de la RTM... Il y a un réel décallage entre la soit disant défense de l'emploi pronée par la CGT et la réalité... Il faudrait peut être dénoncer les conséquences de leurs actes....

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