
Dimanche, au 35e jour de grève à la Régie des transports de Marseille, syndicats et direction se sont retrouvés une nouvelle fois face à face. Une réunion d'une heure et demie sous l'égide de l'inspection du travail, après l'échec de trois jours de négociations en milieu de semaine. Si elles n'ont pas fait état de progrès notables, les deux parties sont convenues de se revoir ce lundi à 11 heures. Les salariés de la RTM, qui ont repris leur grève vendredi après une suspension de six jours, se seront réunis un peu plus tôt dans la matinée en assemblées générales pour se prononcer sur la poursuite du mouvement.
Dans une situation qui n'évolue guère, la nouveauté est venue dimanche des usagers. Pour la première fois depuis le début d'un conflit, certains sont descendus dans la rue pour dire "stop à la grève" débutée le 4 octobre. A l'appel des associations "Contribuables associés" et "Liberté chérie", les manifestants (400 selon la police, 1.000 selon les organisateurs) ont dénoncé les "syndicalistes" qui "une nouvelle fois prennent Marseille en otage" et demandé "l'ouverture à la concurrence des transports collectifs". Une revendication tout à l'opposé de celle des grévistes, qui demandent le retrait de la délégation de service public (DSP) votée par la communauté urbaine de Marseille (CUM) pour l'exploitation du futur tramway. Ils s'opposent à ce qu'ils assimilent à un début de privatisation dans la mesure où la RTM s'est associée à l'entreprise privée Connex (Veolia) pour se porter candidate à cette DSP.
"L'esprit de dialogue" de l'intersyndicale
Les discussions de ce lundi seront-elles susceptibles d'apporter un changement dans le conflit ? Si l'on en juge par la teneur de celles de dimanche, il y a, une fois encore, peu d'évolution à attendre. Selon des sources concordantes, les discussions de dimanche ont essentiellement porté sur la menace de la direction d'introduire une nouvelle demande de citation en référé devant le TGI. Regrettant "20 heures de négociations pour rien", le directeur général de la RTM, Marc Girardot, avait estimé vendredi que le nouveau préavis ne correspondait pas au véritable mobile de la grève et prévenu qu'il réintroduirait un référé "dès qu'on le pourra". Dénonçant les "provocations" de la direction, Alain Vercellone (CGT) a toutefois espéré que "les négociations puissent s'ouvrir véritablement lundi".
L'intersyndicale CGT-UGICT-CFDT-FO-SL-Sud-UNSA-CFTC affirme avoir fait preuve "d'esprit de dialogue" lors des précédentes discussions. Selon le responsable CGT, les syndicats "ont fait un pas" en acceptant que la "Connex ou toute autre entreprise" apporte "une aide technique limitée dans le temps" à la RTM, qui serait maître de la gestion du tramway, a ajouté Alain Vercellone. "Cette solution ne serait acceptable que dans l'hypothèse où la CUM déclarerait l'appel d'offre infructueux" car aboutissant à une candidature unique, a-t-il toutefois souligné. Depuis la clôture de l'appel d'offre, seule l'alliance RTM/Connex a fait part publiquement de sa candidature. Le sénateur-maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, a cependant rejeté cette solution, préconisant une "association dans le fonctionnement" entre la RTM et un partenaire privé "pour éviter qu'il n'y ait trop de déficit à payer par le contribuable".
Photo d'ouverture : manifestation d'usagers de la RTM, samedi à Marseille - DR
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