
Des milliers de restaurateurs venus de toute la France ont manifesté lundi à Paris pour plaider pour une TVA réduite à 5,5%, une opération de la dernière chance à quelques jours d'une réunion cruciale à Bruxelles. "Si nous obtenons une baisse du taux de TVA de 19,6% à 5,5%, c'est 40.000 emplois que nous allons créer", a réaffirmé juste avant le départ de la manifestation André Daguin, président de l'UMIH (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie), qui organisait l'opération.
Quelque 6.000 restaurateurs, selon l'UMIH, arborant tabliers et toques ont convergé sur Paris pour une "opération voiture escargot" destinée à sensibiliser l'opinion publique à leur réclamation d'une fiscalité réduite. A 11H, le cortège, qui rassemblait 3.000 voitures selon les organisateurs - 1.000 selon la police - est parti de la place de la Nation dans un concert de klaxons et de sifflets. Il a rallié vers 16H l'Arc de Triomphe, pour une photo avec les restaurateurs étoilés et les députés UMP qui soutiennent le mouvement dont Thierry Mariani (Vaucluse), Nicolas Dupont-Aignan (Essonne), Nadine Morano (Meurthe-et-Moselle), Pierre Lellouche et Claude Goasguen (Paris). A leurs pieds une immense banderole, posée sur l'asphalte, indiquait "Monsieur le président, vous avez promis la TVA à 5,5% pour le 1er janvier 2006". "Une promesse a été faite à une France qui bosse, à une France qui manifeste pacifiquement. Nous avons une obligation de résultat", a déclaré Thierry Mariani.
"Le gouvernement a une obligation de résultats"
Depuis 10 ans, la restauration traditionnelle réclame un taux de TVA égal à celui de la restauration à emporter et de la restauration collective, taxées à 5,5%. Mais elle fait face à un blocage au niveau européen. Les ministres des Finances européens doivent revenir sur cette question le 6 décembre. Le suspense reste entier sur la décision finale des 25, car la France a aussi demandé la prolongation de la TVA réduite sur les travaux de rénovation. Si l'unanimité n'est pas trouvée au sein des 25, "il reste la subsidiarité", principe qui peut être appliqué puisqu'il n'y a pas distorsion de concurrence au détriment d'autres pays, a fait valoir André Daguin. Qui dénonce : la filière est "bloquée, elle ne peut plus investir. Actuellement, on assiste à 3.000 dépôts de bilans par an. Ceux qui sont là sont les survivants. Raffarin nous avait demandé de faire sauter le Smic hôtelier (qui était inférieur au Smic général, ndlr), c'est mission accomplie. Nous avons fait des avancées. Maintenant la restauration est en danger".
Pour Jean-François Girault, président national de la Confédération des professionnels indépendants de l'hôtellerie, "le gouvernement a une obligation de résultats. Nous voulons conserver notre personnel, il nous faut cette baisse de TVA", a-t-il insisté. De son côté, la fédération CGT-Commerce a dénoncé cette opération, affirmant que le patronat "prend en otages les salariés" de la branche en conditionnant la hausse des salaires à la baisse de la TVA.
Photo d'ouverture : la manifestation des "toques blanches" à Paris - DR
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