© INTERNEUne amende record de 534 millions d'euros a été infligée aux trois opérateurs de téléphonie mobile français, Orange, SFR et Bouygues Telecom. Le Conseil de la Concurrence, dans une décision longue de près de 90 pages rendue mercredi, a estimé que les trois sociétés avaient conclu une entente ayant faussé le jeu de la concurrence.
Orange, filiale mobile de France Télécom , a été condamnée à une amende de 256 millions d'euros, tandis que SFR (Vivendi Universal et Vodafone ) devra verser 220 millions. Bouygues Telecom, filiale du groupe Bouygues, est condamnée à verser 58 millions d'euros.
Orange a jugée la condamnation du Conseil "infondée" et "gravement disproportionnée". SFR s'est dit lui "profondément choqué" par cette sanction "infondée", "hors de proportion avec toutes celles déjà données (...) sur d'autres affaires de même nature". Bouygues Telecom estime pour sa part que "la sanction proposée par le Conseil de la concurrence à son égard est profondément injuste", rappelant "en effet que sa part de marché a baissé de 3% pendant la période examinée par le Conseil".
"Particulièrement grave"
Le Conseil reproche deux types de pratiques à ces opérateurs. Premièrement, le fait de s'être échangé entre 1997 et 2003 des informations confidentielles et stratégiques portant sur le nombre de nouveaux abonnements et de résiliations et donc de s'être autosurveillés. Ensuite, le fait de s'être entendus entre 2000 et 2002 pour geler leurs parts de marché. Le Conseil a jugé ces pratiques "particulièrement graves" et ayant entraîné "un dommage à l'économie très important".
Cette concertation, qui dans les faits a permis à Orange, SFR et Bouygues Telecom d'obtenir "une relative stabilité, à moyen terme" de leurs parts de marché, a conduit à une hausse des prix facturés aux consommateurs.
Simulation de préjudice
L'UFC-Que Choisir a annoncé jeudi matin son intention de saisir la justice pour demander réparation du préjudice au nom des consommateurs. L'association a estimé à 1,2 milliard d'euros le préjudice subi par les consommateurs. "Trente millions de consommateurs ont été victimes". Une action collective n'est pas encore possible en France et l'UFC a appelé les pouvoirs publics "à accélérer le projet de loi sur les class actions". En attendant, les dirigeants de l'association mettent à disposition des consommateurs un nouveau site internet, à l'adresse "www.cartelmobile.org", sur lequel sera disponible "un outil permettant à chaque consommateur d'évaluer le préjudice qu'il a subi". Grâce à ce calcul, chaque consommateur "pourra engager une action auprès du juge de proximité, le seul compétent sur ces affaires", du moins pour le moment, a indiqué UFC-Que Choisir.
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