© INTERNELes noms des repreneurs des sociétés d'autoroutes françaises, cinq mois après le coup d'envoi de leur privatisation, ont été officiellement dévoilés, mercredi matin, par un communiqué du ministère de l'Economie. APRR est attribué au tandem constitué du français Eiffage et du fonds australien Macquarie. Ils ont été préféré à un consortium formé du groupe italien Autostrade et de la Caisse des dépôts (CDC). Le groupe espagnol Cintra, le mieux disant financier pourtant écarté, envisagerait de déposer un recours, selon Les Echos.
La Société des autoroutes du nord et de l'est de la France (Sanef) est, elle, reprise par le groupe associant le concessionnaire espagnol Abertis à des investisseurs français (Axa, CDC, Prédica, famille Peugeot), et Autoroutes du Sud de la France (ASF) par le français Vinci, seul candidat. ASF a précisé que l'Etat vend ASF au prix provisoire de 50 euros par action.
Mieux-disant
L'opération devrait rapporter enter 14,8 milliards d'euros à l'Etat et contribuer à son désendettement, selon le ministère des Finances. Quatre milliards d'euros seront versés à l'agence de financement des infrastructures de transport de France. A l'issue du premier tour, 18 investisseurs français et étrangers, dont de nombreux groupes espagnols, avaient déposé une offre indicative le 22 août. "Ce processus a permis de valoriser dans de très bonnes conditions le patrimoine public (...)", a souligné le ministère. "Les acquéreurs retenus sont ceux dont les offres sont apparues les mieux disantes à l'issue de l'analyse multi-critères opérée en application du cahier des charges". La cession définitive de ses parts devrait intervenir "début 2006".
Les acquéreurs, aussi présents dans le BTP, se sont notamment engagés à mettre en concurrence les marchés de travaux et de fournitures de services, a précisé le ministère. Un point sur lequel le Conseil de la concurrence demandait des clarifications pour éviter des conflits d'intérêts. Côté social, ils se sont aussi engagés à "respecter les accords d'entreprises" et aussi à ce que "l'automatisation des péages ne conduise à aucun licenciement, ni mutation forcée". Les syndicats Sud et CFDT d'APRR ont exprimé leur inquiétude face à l'arrivée du fonds australien Macquarie.
Le PS a dénoncé une "vaste campagne de manipulation médiatique" du ministre de l'Economie, Thierry Breton, quand il "lie la privatisation des autoroutes à la réduction de la dette". Quant au président de l'UDF François Bayrou, qui avait lancé la polémique cet été sur cette opération, il a confirmé qu'il déposerait un recours devant le Conseil d'Etat contre ces privatisations.
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