
Le Crédit industriel et commercial, filiale du Crédit Mutuel, a décidé de faire payer les chèques à ses clients à partir du 1er janvier. Le CIC facturera 50 centimes d'euro par chèque, au-delà d'un quota de 15 opérations non automatisées par trimestre (remise de chèque, retrait et versement d'espèces aux guichets, et émission de chèque), a indiqué vendredi un porte-parole du CIC. Cette décision, qui constitue une première dans le monde bancaire français, est motivée par une "raison pédagogique : inciter les clients à utiliser des moyens modernes, plus rapides et plus fiables" à savoir les distributeurs automatiques, a-t-il justifié. Mais il y a aussi une "raison économique : le traitement des chèques a un coût, c'est un service, il est normal de répercuter le prix de ce service", a-t-il ajouté, précisant que "cela touchera environ 5% de notre clientèle".
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Septième banque française, le CIC compte 2,9 millions de clients particuliers et 1.918 agences. Surtout, le CIC ne se sent plus "lié" par le statu quo - ni rémunération des comptes, ni facturation des chèques - négocié entre les banques et les pouvoirs publics à la fin des années 1980, depuis que la Cour de justice européenne a condamné en octobre 2004 la France qui interdisait la rémunération des comptes à vue. La législation française n'interdit pas de facturer le traitement des chèques, dont les banques rechignent à communiquer le coût ; seule la facturation du chéquier est interdite.
"Le CIC fait payer les chèques sans proposer une rémunération"
"Depuis la fin de l'interdiction de rémunération des comptes, cet équilibre pourrait être modifié. Mais le CIC fait payer les chèques sans proposer une rémunération en face, ni diminuer le coût des autres services", s'insurge Frédérique Pfrunder, chargée de mission au sein de l'association de consommateurs CLCV (consommation, logement et cadre de vie). "Le coût du chèque est déjà intégré dans le coût des autres services bancaires", relève-t-elle. Aussi, "si les banques se mettent à le faire payer, il serait normal de remettre à plat l'ensemble de la tarification et de diminuer le coût d'autres services".
Aucun des grands réseaux français ne facture le chèque, pas même la Caisse d'Epargne, qui rémunère depuis avril les comptes courants de ses clients. Mais "le CIC n'est pas le premier à le faire sur le marché", nuance Mme Pfrunder, citant la Banque populaire Centre-Atlantique et les Crédit mutuel Centre-Est-Europe et Sud-Est. L'initiative du CIC ne devrait toutefois pas faire d'émules. "Nous maintenons le statu quo", a indiqué une porte-parole de la Société Générale. "Ce n'est pas prévu", dit-on à BNP Paribas tandis que le groupe Caisse d'Epargne affirme que "ce n'est pas à l'ordre du jour". Car le chèque n'est plus vraiment un enjeu. "La sur-utilisation du chèque en France par rapport aux autres moyens de paiement scripturaux tend à se réduire", affirme la Fédération bancaire française (FBF). Ainsi, alors que les paiements par chèque représentaient plus de 47% du total des opérations en 1997, leur part a été ramenée à 30,7% en 2004 (35,8% pour les paiements par carte), selon la FBF. Les chèques étaient déjà supplantés par les seuls paiements par carte bancaire depuis 2003.
Photo d'ouverture : logo du CIC - DR
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