L'UE a la clé du succès ou de l'échec

le 12 décembre 2005 à 17h53 , mis à jour le 13 décembre 2005 à 15h06

Après les échecs des dernières rencontres, les discussions de l'OMC qui débutent aujourd'hui à Hong-Kong sont une des dernières chances de réussir le cycle des négociations. La position de l'Union européenne est présentée comme la clé de voûte par tous.

[Expiré] [Expiré] AFP peter mandelson commissaire européen OMC © AFP

Le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson se trouvait lundi dans une position inconfortable à Hong Kong : une offre améliorée de l'UE sur l'accès au marché agricole étant considérée par tous comme la condition pour lever le blocage dans la négociation à l'OMC. A la veille de l'ouverture de la conférence ministérielle, les principaux acteurs ont augmenté la pression sur le négociateur européen, mais se sont heurtés, pour le moment, à une fin de non-recevoir.

"L'agriculture est le moteur de ce cycle et l'accès au marché en est aujourd'hui le démarreur", a affirmé Celso Amorim, le ministre brésilien des Affaires étrangères. "Le point le plus difficile est l'ampleur des réductions des droits de douane", a-t-il dit, en précisant que si l'UE n'allait pas plus loin que la baisse moyenne proposée de 39% sur ses droits de douane dans le secteur agricole, "il n'y aurait pas de cycle" de négociation.

La France en embuscade

Sans citer nommément l'UE, le directeur général de l'OMC Pascal Lamy, a joint lundi sa voix à ce constat. "Le cycle de Doha ne pourra pas aboutir sans avancées sur l'agriculture, avec des efforts substantiels sur les subventions agricoles (...) et sur une baisse des droits de douane", a-t-il dit.

Face à ce tir de barrage, Peter Mandelson, qui opère à Hong Kong sous une surveillance des Etats membres de l'UE particulièrement sourcilleuse dans le cas de la France, a affiché sa fermeté, répétant une nouvelle fois que l'UE ne ferait pas à Hong Kong de nouvelle offre agricole. "La question pour Mandelson est de savoir s'il bouge à Hong Kong ou après Hong Kong. Plus les Européens attendent, plus ce sera cher", estimait toutefois une source proche de l'OMC. "Avec les mains liées je ne peux pas négocier", a d'ailleurs déclaré Peter Mandelson, dans un entretien publié lundi par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. La position rigide de la France en agriculture "n'a sûrement pas aidé", a-t-il précisé.

Photo : Peter Mandelson, commissaire européen au Commerce
et négociateur à l'OMC pour l'Union européenne.

le 12 décembre 2005 à 17:53
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