© AFP / DOMINIQUE FAGETLes responsables du collectif des viticulteurs qui occupaient depuis mercredi la Chambre d'agriculture de Nîmes pour obtenir un rendez-vous avec le Premier ministre sur la crise du secteur ont appelé jeudi soir les manifestants à quitter les lieux "dans le calme et la dignité". Les viticulteurs ont libéré trois élus, deux députés ainsi que le président (PS) du conseil général du Gard qu'ils retenaient depuis la fin d'après-midi dans l'espoir d'obtenir un rendez-vous avec Dominique de Villepin.
"Malgré deux heures de négociations avec le pouvoir à Paris, nous avons subi un échec. Le Premier ministre ne veut pas nous recevoir. Il ne reconnaît pas les agriculteurs du Midi, on va en tirer les conclusions", a indiqué un des dirigeants du collectif Michel Allemand. "Il est hors de question d'aller à un affrontement, on définira demain d'autres moyens d'actions", a-t-il ajouté sous les sifflets des 300 à 400 viticulteurs qui occupaient la Chambre d'agriculture depuis plus de 24 heures.
La réponse de Bussereau à la crise
Les élus, le député UDF Yvan Lachaud, le sénateur PS Simon Sutour et le président du conseil général Damien Alary ont reconnu leur échec dans les discussions avec Paris. Ils ont indiqué qu'ils "ne se rendraient pas à la réunion prévue à Paris avec le ministre de l'Agriculture" puisque les viticulteurs n'y sont pas représentés.
Viticulteurs, arboriculteurs et agriculteurs du Gard estiment que la baisse de la consommation nationale de vin et les difficultés à l'exportation en raison de la concurrence des vins du nouveau monde (Australie, Argentine ou Chili) sont à l'origine de leurs graves difficultés de trésorerie. Les viticulteurs gardois demandent une aide à l'exportation, un allègement des charges fiscales, un réaménagement des règlements, une revalorisation des prix à la distillation et des aides ponctuelles pour sortir les trésoreries du rouge. Confrontés au même problème, les viticulteurs de Gironde avaient choisi un autre mode de protestation : ils avaient muré mercredi les entrées des locaux du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB), dont le siège a été levé jeudi. Devant l'assemblée générale de Coop de France à Paris, Dominique Bussereau a indiqué jeudi que "pour faire face (à la crise actuelle), il faut favoriser l'adaptation de la filière viticole et renforcer l'offre française dans tous les domaines afin de la rendre plus compétitive".
Photo d'ouverture : les viticulteurs du Gard occupant la chambre d'agriculture de Nîmes - AFP / DOMINIQUE FAGET
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