EDF va supprimer plus de 6.000 emplois

le 08 décembre 2005 à 07h45 , mis à jour le 08 décembre 2005 à 21h42

Trois semaines après avoir mis le pied en bourse, la direction d'EDF a annoncé mercredi la suppression de 6.000 emplois d'ici fin 2007. La CGT a aussitôt dénoncé les germes d'une "confrontation". Protestations également à FO et au PCF.

EDF électricité © TF1

Trois semaines après son introduction en bourse, la direction d'EDF a fait savoir la nuit dernière qu'elle comptait supprimer plus de 6.000 postes en deux ans. Jeudi matin, le Premier ministre Dominique de Villepin, déclarait que cette décision avait été prise avant l'ouverture du capital de l'électricien. Le groupe français prévoit d'investir 40 milliards d'euros sur cinq ans,  dont plus de la moitié en France, et ce dans tous les secteurs : production, transport, distribution d'électricité. Un tel montant représente une augmentation de près d'un tiers par rapport à la période précédente 2001-2005,  avait déjà souligné le PDG Pierre Gadonneix. Selon celui-ci, cet engagement "après 10 ans sans investissements en installations nouvelles" permettra "d'installer plus de 5.000 mégawatts sur le territoire français, soit l'équivalent de 5 réacteurs nucléaires existants". C'est dans ce contexte que l'électricien a annoncé son intention de supprimer plus de 5.000 emplois (6.000 selon certaines sources) d'ici fin 2007 par le non remplacement partiel des départs à la retraite et sans licenciement. A la faveur des départs en retraite, 9.000 au total d'ici 2007, a  indiqué la direction, EDF compte remplacer "un départ sur trois, ou sur quatre selon les métiers.

Ere nouvelle

Ouverture du capital via une augmentation de capital de 15%, introduction du titre en bourse marquée tout à la fois par un engouement populaire (cinq  millions de petits porteurs) mais aussi par quelque déconvenu à la cotation : le  sentiment prévaut qu'EDF est entrée dans une ère nouvelle, bien que l'Etat conserve 85% du capital.

Mercredi, le tire a terminé à 31,66 euros, en hausse de 0,25%, mais juste en dessous des 32 euros du prix d'achat au moment de l'introduction valorisant le groupe à 57,4 milliards soit légèrement en dessous des 58 mds d'euros de  départ. Débuts modestes, donc, après qu'EDF eut pris soin de conclure un contrat de service public avec l'Etat, pour notamment garantir le haut niveau de sécurité  des installations nucléaires et assurer sa part dans "la solidarité nationale"  et la lutte "contre l'exclusion sociale".

La CGT "sidérée"

L'annonce concernant l'emploi a quoi qu'il en soit été très mal reçue par la  Fédération CGT de l'Energie (53% aux élections professionnelles), qui s'est dite  "sidérée par une annonce qui préfigure une autre logique économique dans le droit fil de l'ouverture du capital d'EDF, de sorte que le gouvernement doit très vite faire entendre sa voix". "S'agit-il d'un effet d'annonce pour faire monter le cours de la bourse ?" s'est interrogé Maurice Marion, porte-parole de la fédération. 

"On voit qu'après l'ouverture du capital, le débat change de nature, on est  dans une autre logique économique avec plein cap vers le profit, au moment où le contrat de service public qu'a signé l'entreprise appelle au contraire de  consolider l'emploi", a ajouté M. Marion. "Ces projets sont aux antipodes du vécu des salariés d'EDF qui pointent un  manque de personnel dans tous les services, pour faire face aux intempéries, procéder aux travaux dans des délais acceptables, et développer les services de  proximité en liaison avec les collectivités locales, en direction notamment des  plus démunis", a souligné encore le porte-parole de la CGT. Selon lui, "il va nécessairement y avoir une confrontation".

La confédération Force ouvrière voit également "un lien de cause à effet" entre l'ouverture du capital d'EDF et l'annonce de suppressions d'emplois. "C'est bien le mécanisme de privatisation qui est engagé, l'ouverture du capital allant de pair avec l'introduction de modes de gestion privée". Et du côté des partis politiques, le PCF a qualifié de "scandaleuse et injustifiable" la décision de supprimer 6.000 emplois et a appelé la gauche à "bâtir" une politique pour redonner à cette société son "statut pleinement public". Alain Bocquet appelle à reconsidérer la privatisation d'EDF.

GDF prévoit 1.000 embauches sur 3 ans

Gaz de France va embaucher 1.000 personnes sur les trois prochaines années et aucune suppression de postes n'est envisagée, a fait savoir jeudi la direction du groupe, quelques heures après l'annonce de plusieurs milliers de suppressions d'emplois à EDF.

le 08 décembre 2005 à 07:45
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12 Commentaires

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  • Gg, le 08/12/2005 à 13h31

    Et oui c'est le début de la fin, est ce que les français eux non plutot les moutons se réveilleront une fois que la france n'aura plus rien à si que des chomeurs des assistés . Moi je dis je suis pour la défense du service public et non pas à la privatisation avec tout ce que cela implique dans un avenir assez proche. Pauvre France Allez les moutons suivons notre berger (le gouvernement) dans la gueule du loup

  • Dom, le 08/12/2005 à 13h30

    Déjà des bonnes nouvelles pour les actionnaires??? Moins de salariés donc plus de bénèf! C'est Noel! A William de Lille, tu penses vraiment qu' un jour que la CGT sera pour les réduction de postes??? A quoi sert ton message? Pourquoi ces suppressions de postes n'avaient elles pas été évoquées (bien qu'alors déjà planifiées)pendant la mise sur le marché en bourse d'EDF????

  • William, le 08/12/2005 à 12h15

    Et HOP. On va encore avoir une greve CGT sur les bras. Les vilains actionnaires (les 5 millions de petits porteurs) veulent des profits mais la CGT est contre. Qui a dis "coupure de courant" ?

  • Lo-Ran, le 08/12/2005 à 12h01

    Remarque supplémentaire : Probablement que ce ne sont pas 6000 personnes qui quittent leur emploi au chaud à EDF ? Je m'explique : Comme à France Telecom durant les 5 dernières années, EDF est en train de suivre la même voie de la privatisation. Ce qui implique moins de charge de personnel et plus d'appel à la sous traitance professionnalisée et experte. Les emplois changent de statut : d'internes, ils deviennent externes par sous traitance, que l'on substitue par le mot : PRESTATION EXTERNE. Voilà ce que je constate en france : un renforcement de la sous traitance auprès de toute entreprise dont un domaine n'est pas le coeur du métier. Exemple personnel : sous traitance informatique auprès du groupe Bouygues (TF1, Bouygues Tel). L'informatique n'est pas leur coeur de métier, ils font appel à de la prestation professionnelle qui offre son expertise à travers des forfaits et de la régie. Voilà ce qui semble arriver à EDF. C'est la professionnalisation des services.

  • Toine, le 08/12/2005 à 09h49

    De toute façon pour la CGT, il faudrait des entreprises avec 200% de personnels par rapport à la charge, les 32 Heures et le 13/14/15/16/17 mois pour tout le monde. Avec une vision comme ça, je comprend qu'ils soient "sidérés" qu'EDF rationalise le nbre d'emploi SANS LICENCIEMENT. Merci, CGT, que ferions nous sans toi? peut être avancer le pays, ça changerait.

  • Pito, le 08/12/2005 à 09h44

    J'imagine déjà les réactions : "voilà ce qui arrive avec la privatisation" "bouuu les patrons c'est des méchants"... Et la réaction de la CGT ne me surprend même plus... C'est bien de demander la consolidation des emplois et de se révolter contre la logique de profit... mais avec 2000 milliards d'euros de dette, il faut bien que la france songe à gagner de l'argent ou à ne pas en perdre! Peut être que ces personnes de la CGT ont des moyens pour limiter ces dettes... Parce que les millions qui servent à payer l'intérêt, et seulement l'intérêt de la dette, pourraient permettre de créer, consolider des milliers d'emplois... Et puis pour sauver des emplois le CE CGT d'EDFn'a qu'à rendre l'argent qu'il utilise pour financer la fête de l'huma..................

  • Bob, le 08/12/2005 à 09h38

    Hold up en 3 actes : 1 - j'aguiche le bon peuple en lui faisant miroiter monts et merveilles à coups de spots de pub et de logos relookés, dépensant pour cela quelques dizaines de millions d'euros appartenant au même bon peuple 2 - le bon peuple achète plein d'actions croyant faire une bonne affaire, mais le titre ne suit pas, l'action baisse, des "poids lourds" rachètent à bon compte des actions qui déçoivent 3 - une fois la razzia effectuée, on annonce des suppressions d'emploi, dont l'effet mécanique connu est de faire remonter en flèche le cours de l'action : les riches sont devenus plus riches, les pauvres plus pauvres. Et les Français dépossédés. Merci M. Chirac.

  • Electricien, le 08/12/2005 à 09h36

    5000 emplois de moins chez EDF? Ce n'est pas ca qui empèchera la boite de tourner, sauf que ceux qui resteront devront travailler un peu plus. J'ai travaillé chez EDF en tant que releveurs de compteurs, les journées sont parfois finies le midi, il y a des combines entre agents pour en faire le moins possible. On est bien sur payé 35h (25 bossées je dirais) plus tous les avantages: on ne paye que 10% de la facture élec et pas d'abonnement, plus les centres de vacances etc. Quant à la CGT, avec ses magouilles au sein du CE elle ferait mieux de pas trop la ramener...

  • Vastre, le 08/12/2005 à 09h31

    Celà fait des années que les experts indiquent qu'EDF pourrait fonctionner avec 80000 employés au lieu de 115000. Les 5000 salariés en moins, ce n'est donc qu'un début. EDF peut sous traiter l'entretien de ses véhicules, de ses réseaux de télécommunications, et de bien d'autres activités qui n'ont pas grand chose à voir avec le business de l'électricité.

  • Sami, le 08/12/2005 à 09h02

    J'ai comme l'impression qu'il va y avoir des coupures d'électricité prochainement ...

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