OMC : la libéralisation du commerce mondial relancée

Par Par D.S. (d'après AFP), le 18 décembre 2005 à 15h39 , mis à jour le 18 décembre 2005 à 22h02

Les 149 pays membres de l'Organisation mondiale du commerce ont approuvé à l'unanimité, dimanche soir à Hongkong, un texte de compromis ouvrant la voie à l'adoption dans un an d'un accord général de baisse des barrières douanières dans le monde.

OMC Hong Kong18/12/2005

"Adopté !", a déclaré le secrétaire au Commerce de Hongkong, John Tsang, en donnant un coup de marteau sur son pupitre. A l'issue de négociations souvent laborieuses, les 149 pays membres de l'Organisation mondiale du commerce ont approuvé à l'unanimité, dimanche soir à Hongkong, un texte de compromis ouvrant la voie à l'adoption dans un an d'un accord général de baisse des barrières douanières dans le monde.

Le texte négocié par le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, prévoit principalement l'élimination fin 2013 des subventions à l'exportation des produits agricoles des pays riches, en réponse à une revendication de longue date des pays en développement. Ces derniers, défendus par le Brésil, ont tenté jusqu'au dernier moment d'arracher une échéance plus proche, celle de 2010. En vain.

Droits de douanes en suspens

Le Brésil pourra se consoler - si besoin est - avec cette autre décision selon laquelle les 49 pays les moins avancés de la planète auront un accès sans droits de douane ni quota aux marchés des nations développés pour 97% de leurs produits. Par ailleur, le coton des pays les moins avancés, essentiellement ceux d'Afrique de l'ouest, pourra être exporté sans droits ni quotas vers les pays développés, dès 2008 au mieux.

Comme prévu, l'accord final laisse en suspens la question cruciale de la baisse des droits de douane, qui devra être décidée dans les mois qui viennent. Paris estime ne plus être tenu par l'offre du commissaire européen Peter Mandelson sur une réduction moyenne de 46% des droits de douane européens sur les produits agricoles. L'objectif, ambitieux, est de conclure à la fin de l'an prochain l'ensemble du cycle de négociations lancé à Doha en 2001.

"Un très mauvais accord"

Le président Jacques Chirac estime que l'accord sera "favorable à la croissance et à l'emploi en France" et que, dans le volet agricole, "les intérêts européens et l'accord de 2003 sur la PAC ont été respectés".

Si la ministre française déléguée au Commerce extérieur, Christine Lagarde, s'est dite "pas spécialement satisfaite" du texte, le ministre de l'Agriculture s'est réjoui du fait qu'il "ne remettait pas en cause" la politique agricole commune. Dominique Bussereau a rappelé que l'offre européenne était "strictement conditionnée" au démantèlement  parallèle des autres formes de subventions à l'exportation par d'autres pays.

Pour le Conseil de l'Agriculture française, le compromis est "déséquilibré", car il "fait porter une part importante des concessions sur l'Union européenne, avec un impact direct sur la PAC, alors que les dispositions sont moins contraignantes" sur les autres formes de soutien à l'exportation agricole comme les sociétés commerciales d'Etat ou les monopoles d'exportation des produits agricoles actifs au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Plusieurs organisations non gouvernementales ont également critiqué le texte, qui, selon elles, ne se traduira pas par de véritables baisses des subventions agricoles. Elles prédisent que la suite de la négociation obligera le Sud à trop ouvrir son marché aux produits industriels et aux services. "C'est un très mauvais accord", a lancé l'altermondialiste français José Bové. "Les concessions faites par les pays développés sont d'une médiocrité totale".

Deux Français arrêtés

La journée de samedi a été marquée par de violents affrontements entre la police et des centaines de manifestants, en majorité sud-coréens, qui tentaient de pénétrer de force dans le centre de conférence. Deux Français, le porte-parole de la Confédération paysanne Gérard Durand et le documentariste José Reynés, font partie de 900 personnes interpellées dans la nuit de samedi à dimanche. Le porte-parole de Via Campesina, le Français José Bové, a exhorté lors d'une conférence de presse les autorités hongkongaises à "faire sortir de prison" les militants. "Nous ne sommes pas des terroristes, ni des criminels. Nous sommes des agriculteurs et des travailleurs qui défendons nos droits", a-t-il clamé. L'altermondialiste a dit qu'il ne "condamnerait jamais" les heurts.

Par Par D.S. (d'après AFP) le 18 décembre 2005 à 15:39
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8 Commentaires

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  • Steph, le 19/12/2005 à 15h39

    La france etait representée par l'union europeenne qui n'est meme pas politique a ce jour... 2007 année de la rupture?

  • Valentin, le 19/12/2005 à 14h24

    Avec toutes ces histoire, la France jouit d'une image tres negative a l'etranger en ce moment... Ce sont quand meme les francais qui ont pose le plus de problemes vis a vis de la PAC, meme chose que pour le budget Europeen... On se croirait dans une serie de Asterix... il faudrait peut-etre commencer a mettre note fierte de cote!

  • Alain, le 19/12/2005 à 13h50

    Amis Chinois, gardez Bové, on n'en a pas besoin chez nous en France. Merci

  • Denis GAUTHIER, le 19/12/2005 à 10h09

    Pour remplacer ce qu'on leur paye maleureusement en subventions, je propose que les agriculteurs vendent une partie de leurs terres laissées en friche. Vu la différence entre les prix du terrain agricole et pour particuliers je ne m'en fais pas trop pour leur porte-monnaie.

  • Yoann, le 19/12/2005 à 03h13

    Que sont des gens qui attaquent les policiers, apres 10 heures du soir (alors que les conferences sont terminees depuis bien longtemps), a coup de batons voles sur des barricades detruitent ? Quel est l'interet sinon la violence ? J'aimerais que M. Bove explique donc aussi ce qu'il entend par "heurts" d'une communaute qui etait meme rejetee de la majorite des alter-mondialistes car non-pacifiques.

  • Luc, le 18/12/2005 à 21h00

    Il y a danger pour notre agriculture et notre industrie agro-alimentaire suite à cette nouvelle et à "l'accord" sur le budget de l'europe (baisse de la PAC ).

  • Schmitt, le 18/12/2005 à 20h25

    Où est l'intérêt de nous donner les commentaires de Monsieur Bové? On s'en fout on comprend rien.

  • Bernard, le 18/12/2005 à 17h03

    Question à José Bové : quelle différence faites-vous entre "heurt" et "violence" ?

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