
Patronat et syndicats ont entamé le 8 novembre dernier des négociations visant à redéfinir les règles d'indemnisation des chômeurs et les modalités de financement de l'Unedic, qui affiche un déficit de 14 milliards d'euros fin 2005. Ils doivent conclure avant le 31 décembre. Depuis mardi après-midi, ils ont entamé leur septième séance de négociations. Les partenaires sociaux ont interrompu la séance de négociations plénière aux alentours de minuit, pour poursuivre les discussions en coulisses, de manière bilatérale. Ces dernières se poursuivaient toujours ce matin entre le Medef, la CGPME et l'UPA, côté patronat, et la CFDT, FO, CFTC et CFE-CGC, côté syndicat. La CGT, écartée, a dénoncé une "négociation illégale et déloyale", affirmant avoir été exclue de ces discussions "en coulisses". "La CGT est exclue du champ des négociations, les négociations sont opaques, le procédé est non seulement scandaleux, mais il défie aussi toutes les règles de la négociation collective", a-t-il poursuivi. De fait les débats officiels n'ont duré que deux heures, ont constaté les journalistes sur place, et ils ont été entrecoupés de cinq interruptions de séance d'une durée totale de près de treize heures.
Peu avant l'interruption de séance, le patronat avait proposé aux syndicats de réformer les filières d'indemnisation des chômeurs. La durée d'indemnisation à laquelle un chômeur a droit est proportionnelle à sa durée d'affiliation, c'est-à-dire à la durée pendant laquelle il a travaillé et donc cotisé au cours des dernières années. Actuellement, il faut avoir travaillé 6 mois au cours des 22 derniers mois pour être indemnisé pendant 7 mois (filière A) et 14 mois dans les 24 derniers mois pour être indemnisé pendant 23 mois (filière B). Le Medef a proposé de laisser la filière A inchangée et d'allonger de deux mois - de 14 à 16 mois - la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier de la filière B. Entre les deux, une troisième filière, baptisée A+, serait créée pour les chômeurs ayant cotisé 12 mois au cours des 16 derniers mois, leur ouvrant droit à 12 mois d'indemnisation.
Les syndicats ont unanimement rejeté ce schéma, qui raccourcirait la durée d'indemnisation de 60.000 personnes basculant de la filière B à la filière A+, moins avantageuse. Selon le négociateur de la CGT Maurad Rabhi, le Medef a, depuis, remanié son projet et propose que la filière A+ octroie 12 mois d'indemnisation aux chômeurs ayant travaillé 12 mois au cours de 20 derniers mois. Cette réforme dégagerait environ 750 millions d'euros d'économies sur trois ans, a indiqué Maurad Rabhi, qui n'a pas précisé le nombre d'allocataires touchés. Toujours selon lui, le Medef accepterait également une hausse de 0,08 point des cotisations supportée à parts égales par les salariés et les employeurs. Le taux de cotisation passerait ainsi à 6,48% du salaire brut (4,08% pour les employeurs et 2,48% pour les salariés), ce qui permettrait d'engranger 960 M EUR sur trois ans.
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