
Une nouvelle réunion est prévue cet après-midi au siège de l'Unedic entre patronat et syndicats. Hier, les négociations avaient été suspendues après que FO ait claqué la porte. Aujourd'hui, il s'agit de peaufiner le projet d'accord qui table sur 2,3 milliards d'euros d'économies en trois ans. Gérard Larcher, le ministre délégué à l'Emploi, a jugé "normal que les partenaires sociaux prennent le temps de la négociation", exprimant sa "confiance au paritarisme".
Après quelque 17 heures de discussions, le patronat a présenté mercredi matin un projet d'accord visant à améliorer les finances de l'Unedic qui, selon les évolutions actuelles, tendent vers un déficit de 7 milliards d'euros fin 2008 (14 aujourd'hui). Selon Denis Gautier-Sauvagnac (Medef), un accord était en vue sur la convention générale et "le débat sur le régime des intermittents semblait bien engagé", lorsque est intervenu "un incident de dernière minute, dû, nous l'espérons, à un malentendu" : la contestation, par FO, de la rédaction d'un des articles de l'accord. Le négociateur patronal a espéré que la poursuite des négociations permettrait d'"aboutir à un accord".
L'accord dans le texte
Le projet patronal prévoit une hausse de 0,08 point des cotisations répartie à parts égales entre employeurs et salariés pour dégager 960 millions d'euros en trois ans. En contrepartie, une refonte partielle des filières d'indemnisation des chômeurs est proposée, visant 474 millions d'euros d'économies d'ici fin 2008. Si la filière A, destinée aux chômeurs sortant de contrats courts ou précaires est inchangée, les conditions d'entrée dans la filière B (près de la moitié des chômeurs indemnisés) sont durcies. Actuellement, tout chômeur ayant cotisé 14 mois au cours des 24 derniers mois est indemnisé pendant 23 mois. Désormais, pour être indemnisé 23 mois, il faudra avoir travaillé 16 mois au cours des 26 derniers mois. Une filière intermédiaire est créée pour les chômeurs ayant cotisé 12 mois au cours de 20 derniers mois, qui seront indemnisés pendant 12 mois.
Seule la CGT a d'ores et déjà rejeté en bloc un "accord de dupes". Affirmant avoir été exclue d'une "négociation déloyale", elle a fustigé un texte "complètement inacceptable", où les économies se feront essentiellement "sur le dos des chômeurs et des salariés". CFDT, CFTC et CFE-CGC ont réservé leur réponse, tout en notant certaines avancées dans le texte.
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