Les viticulteurs lancent un SOS au gouvernement

le 08 décembre 2005 à 16h20 , mis à jour le 08 décembre 2005 à 18h47

Les viticulteurs du Languedoc qui se disent "en plein désarroi" face à la chute des prix des vins, ont, tout comme leurs collègues bordelais, appelé le gouvernement à l'aide pour obtenir, avant Noël, les aides et mesures qu'ils estiment nécessaires à leur survie.

viticulteur gironde © DR

Les viticulteurs de Gironde qui avaient muré les entrées des locaux du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB), afin de protester contre la chute du prix des vins, ont décidé de lever leur siège jeudi après-midi. Les négociants se sont engagés à "communiquer une intention d'achat du millésime 2005 à 1.000 euros le tonneau", selon Jean-Louis Nadau, secrétaire général adjoint de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA). 

Pour faire face à la crise de la viticulture française, le ministre de l'Agriculture Dominique Bussereau a estimé jeudi que "les bassins de production doivent s'organiser de manière à présenter une offre coordonnée pour les vins à appellation d'origine, les vins de pays et les vins de table".

Mercredi matin, des militants de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs (JA) avaient muré deux entrées du CIVB -- organisme qui regroupe négociants, courtiers et viticulteurs -- pour réclamer au négoce un prix plancher de 1.000 euros le tonneau de 900 litres de vin rouge en vrac (contre 700 euros actuellement) et exiger "un plan de reconquête des marchés à l'export". Mercredi, les viticulteurs gardois avaient également occupé la chambre d'agriculture à Nîmes avec les mêmes objectifs. 

Aides

Ils se disent victimes de la baisse de la consommation en France, de la surproduction après une très forte récolte en 2004, et de la concurrence à l'exportation des vins du nouveau monde (Australie, Chili, Argentine ou Nouvelle-Zélande). Ils ont multiplié les actions ces dernières semaines pour attirer l'attention du gouvernement. La crise "ne doit pas conduire à des surenchères", a rétorqué le ministre de l'Agriculture et de la Pêche Dominique Bussereau, qui a assuré que le gouvernement "avait bien entendu l'appel" des professionnels.

Plusieurs organisations professionnelles viticoles ainsi que le président de l'Onivins, Denis Verdier, ont réclamé fin novembre à Montpellier, l'application des solutions préconisées, dès 2004, par la profession : "allègement des charges sociales, prise en charge des intérêts d'emprunt, aide de 9.000 euros pour les cas les plus difficiles, report des échéances fiscales, l'aide à la distillation, l'arrachage temporaire et la fixation d'un prix minimum des vins".

le 08 décembre 2005 à 16:20
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