
Thierry Breton a convoqué ce lundi à 9 heures Lakshmi Mittal, le pdg du numéro un mondial de l'acier Mittal Steel. Ce dernier a lancé vendredi une OPA hostile sur le numéro 2 Arcelor. Invité dimanche soir du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, le ministre de l'Economie s'est dit "très choqué" de la façon de procéder du groupe Mittal, en soulignant que pour qu'une OPA réussisse, les parties devaient "discuter préalablement". "Je veux qu'il (M. Mittal) m'explique quel est son projet", a poursuivi Thierry Breton, indiquant qu'il avait reçu samedi "très longuement" le patron du groupe européen Arcelor, Guy Dollé. "Pour que les actionnaires apportent leurs actions, encore faut-il qu'il y ait projet, qu'il y ait création de valeur", a-t-il dit.
Pas les mêmes valeurs
Presque au même moment, après trois heures de réunion à Luxembourg (siège du groupe), le conseil d'administration d'Arcelor a rejeté "à l'unanimité" l'offre d'achat hostile lancée par son concurrent et a "recommandé aux actionnaires d'Arcelor de ne pas apporter leurs titres à l'offre proposée par Mittal, si elle se confirmait". Le CA d'Arcelor a "considéré qu'Arcelor et Mittal Steel ne partageaient ni la même vision stratégique, ni le même modèle de développement, ni les mêmes valeurs". Mittal Steel valorise le groupe européen à 18,6 milliards d'euros. Le chiffre d'affaires combiné des deux groupes a représenté 69 milliards de dollars en 2005.
Arcelor "prêt à résisiter"
Dans une interview parue dans Les Echos, lundi matin, Lakshmi Mittal estime que son offre de rachat est l'occasion unique de créer "un champion global européen solide, ce dont l'Europe a besoin pour protéger ses emplois", a-t-il déclaré. Selon lui, "il existe de multiples synergies entre les deux sociétés" comme par exemple "en matière d'achats, de marketing, de recherche et de développement (...)". Pour Lakshmi Mittal, "seul un groupe fort constitue une vraie garantie pour l'emploi pérenne." M. Mittal doit tenir une conférence de presse à Paris en fin de matinée lundi, suivie en début d'après-midi d'un point de presse d'Arcelor. Son pdg, Guy Dollé, a d'ores et déjà affirmé ce matin sur Europe 1 que le groupe était "prêt" à "résister" à l'offre de rachat hostile, assurant que le groupe européen allait "gagner la bataille engagée". Celle-ci devrait durer de nombreux mois. "Nous pensons que le futur d'Arcelor est bien meilleur pour ses actionnaires et ses employés en restant seul plutôt qu'en s'alliant avec Mittal", a-t-il ajouté.
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